Le Petit Nicolas fait la fête

 

Le Petit Nicolas fait la fête de Goscinny et Sempé

101 pages, éditions Imav éditions, à 19,90€


Résumé : Publié à l’occasion du 60e anniversaire du Petit Nicolas dont la première aventure est parue le 29 mars 1959, cet album collector réunit dix histoires sur le thème de la fête : Les cow-boys, Marie-Edwige, Le cirque, Le repas de famille, L’anniversaire de Clotaire, L’anniversaire de papa, Maixent le magicien, La distribution des prix, Le mariage de Martine et La fête foraine.


Extrait « C’est ça qui est embêtant, quand on joue tout seul, on ne s’amuse pas et quand on n’est pas tout seul, les autres font des tas de disputes. »

Mon avis : À l’occasion des 60 ans du Petit Nicolas, plusieurs maisons d’éditions ont réédité ou imaginé de nouvelles histoires de Goscinny, illustré par les magnifiques dessins de Sempé. Après avoir découvert le mois dernier Le Petit Nicolas : Cahier de dessins, qui est un album animé interactif pour les enfants, me voici lancé dans la lecture de ce nouveau livre, Le Petit Nicolas fait la fête, qui regroupe des histoires inédites de notre héros d’époque favoris.

La thématique centrale de cet album : la fête, pour marquer l’anniversaire soixantenaire des aventures du Petit Nicolas. Toujours accompagné de ses fidèles copains, Nicolas va nous faire rire aux éclats, puisque les situations du quotidien, qui normalement devraient être banales, dérapent toujours pour notre héros. Elles deviennent alors loufoques, détournées, et complètement déjantées. On retrouve les mêmes impressions que lorsqu’on lisait ces aventures enfants, et c’est vraiment très agréable.

Comme d’habitude, les histoires de Nicolas et de sa bande sont magnifiquement illustrées par Sempé, dans des dessins simples mais équivoques.


Ces nouvelles aventures du Petit Nicolas feront le plaisir des petits, mais surtout des grands. Naïveté et fantaisie sont les mots d’ordre de ce récit, qui constitue une plongée agréable dans nos souvenirs d’enfance.

Ma note : 7,5/10

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Le Petit Nicolas : Cahier de dessin animé


Le Petit Nicolas : Cahier de dessin animé
de Goscinny et Sempé

32 pages, éditions Animées à 22€


Résumé : Le livre de coloriages qui se transforme en dessin animé. 2 histoires de Goscinny à lire. 15 dessins de Sempé à colorier. 2 dessins animés à réaliser !

 


Extrait « Le surveillant, on l’appelle le Bouillon, quand il n’est pas là, bien sûr. On l’appelle comme ça, parce qu’il dit tout le temps : « Regardez-moi dans les yeux », et dans le bouillon il y a des yeux. Moi non plus je n’avais pas compris tout de suite, c’est des grands qui me l’ont expliqué. »

Mon avis : À l’occasion des 60 ans du Petit Nicolas, les Éditions Animées ont crée un cahier de dessin animé autour de deux histoires intemporelles de Goscinny. Les deux histoires de Goscinny sont accompagnées de dessins de Sempé en grand format, que les enfants peuvent s’amuser à colorier à leur guise.

Le plus surprenant, c’est qu’une fois les dessins coloriés, ils peuvent réellement s’animer grâce à l’application BlinkBook, qui transforme les coloriages des enfants en vrai dessins animés. Un concept original et totalement innovant, qui devrait plaire à la fois aux parents, mais surtout aux enfants !

Pour ma part, j’ai beaucoup aimé replonger, le temps de deux histoires – le Bouillon et le Football -, dans le monde fabuleux du Petit Nicolas. Remettre en avant ces histoires qui ont bercés bon nombre d’enfances est une excellente idée, et m’a ravivé bien des souvenirs.


Un album animé qui reprend les histoires intemporelles du Petit Nicolas : un concept innovant et moderne qui devrait plaire aux enfants !

Ma note : 8,5/10

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Pourquoi les filles ont mal au ventre ?


Pourquoi les filles ont mal au ventre ?
de Lucile de Pesloüan et Geneviève Darling

47 pages, éditions Hachette romans, à 10€


Résumé : Pourquoi les filles ont mal au ventre ? est un manifeste féministe qui dénonce les malaises que ressentent les femmes, de l’enfance à l’âge adulte, dans une société qui ne les ménage pas. Lucile de Peslouan a écrit ce texte sous forme de fanzine en 2014. Plusieurs centaines d’exemplaires vendus plus tard, l’ouvrage est édité en livre illustré avec un texte enrichi, appuyé par des illustrations réalistes et percutantes de Geneviève Darling.

Pourquoi les filles ont mal au ventre ? invite les adolescents à se questionner sur les situations de sexisme que les filles vivent au quotidien. Le livre sensibilise aux inégalités que subissent les femmes dans le monde, ici ou ailleurs avec des illustrations sans tabou, qui racontent une réalité complexe et hétérogène.


Extraits « Les filles ont mal au ventre parce que le sexisme affecte tout le monde, tous les jours, de façon évidente, subtile, simple ou complexe. »
« Les filles ont mal au ventre quand elles entendent des parents dire à leurs petits garçons : « Ne pleure pas, tu n’est pas une fille. »« 

Mon avis : Pourquoi les filles ont mal au ventre ? est un excellent album sociétal qui reflète parfaitement les inégalités que subissent les filles au quotidien. Chaque page débute par la phrase « Les filles ont mal au ventre » et est suivie par une série d’inégalités, de clichés et stéréotypes que nous subissons quotidiennement, consciemment ou inconsciemment. Ces courtes phrases sont accompagnées d’illustrations, réalisées entièrement dans des couleurs violettes et blanches, qui viennent appuyer le propos délivré par l’auteure.

 

Bien que très court, j’espère que cet album pourra faire échos en vous, et pourquoi pas permettre de changer certains comportements. Tout comme les hommes, les femmes ont des droits, qui leur permettent d’être libres de disposer de leurs corps. Ce livre incite à la réflexion et à l’action, pour tenter de faire évoluer les mentalités sur la condition féminine au XXIème siècle.


Un album engagé sur les clichés et inégalités que subissent les femmes dans notre société. Court mais percutant !

Ma note : 8/10

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Inventer les couleurs


Inventer les couleurs de Gilles Paris, illustré par Aline Zalko

48 pages, éditions Gallimard jeunesse Giboulées, à 11,90€


Résumé : Hyppolite vit avec son papa à Longjumeau. La vie pourrait être grise, avec un papa qui s’échine entre les quatre murs d’une usine, et l’école où Hyppolite fait l’apprentissage d’une vie avec ses copains Gégé et Fatou. Seulement voilà Hyppolite dessine et les couleurs transfigurent tous ceux qui l’approchent. Et si un enfant pouvait faire grandir les adultes autour de lui ?


Extraits  « Je me demande pourquoi on dit gros mot pour « connard » ou « poufiasse ». Ces mots n’ont rien de gros. Ils sortent de la bouche comme une envie de faire pipi. Une urgence. »

« Les mots sont la vie. Quoi qu’il puisse t’arriver, tu aurais écrit, même dans ta tête. Écrire, c’est tricoter avec les laines des pensées : formes, couleurs, fils, sensations, idées abstraites. Les agencer, puis les couvrir d’une couette douillette. Ou au contraire, les trancher avec un sabre. »


Mon avis : Gilles Paris est vraiment surprenant !

Après nous avoir conté plusieurs longues histoires sur le développement familial de l’enfant, il revient sur le devant de la scène littéraire avec une histoire haute en couleurs (c’est le cas de le dire), avec un premier album jeunesse illustré par la talentueuse Aline Zalko. Inventer les couleurs, c’est le récit d’un petit garçon nommé Hippolyte, qui vit une existence ordinaire et un peu terne, qu’il colorie à sa guise pour la changer en arc-en-ciels. Son papa travaille à l’usine, et ce n’est pas toujours facile pour lui. C’est pour ça que pour lui redonner le sourire et rendre son monde plus beau, Hippolyte colorie sa vie.

C’est beau, c’est poétique et délicat, à l’image des autres histoires de l’auteur. C’est écrit avec finesse, il faut réussir à déchiffrer les phrases, à analyser les dessins et alors, on ne peut qu’être touché par tant de sensibilité. Il y a une part d’abstrait dans ce livre, qui donne le pouvoir aux lecteurs d’imaginer lui-même les choses plutôt que de les lire bêtement.

Je pense que ce livre s’adresse principalement aux jeunes enfants, mais pas que. Les adultes aussi peuvent être touchés et envoûtés par la qualité de la plume et des illustrations. Celles-ci sont d’ailleurs tout simplement magnifiques. Je crois que c’est ce que j’ai préféré dans cet album : la magnifique palette de couleurs et les dessins, presque enfantins, mais chargés de vie.

Je regrette seulement que l’album ne soit pas plus long, plus complet, avec encore plus d’illustrations !


Un album illustré plein de vie, de délicatesse et de sensibilité. C’est sûr, grâce à Hippolyte, vous ne verrez plus le monde de la même manière !

Ma note : 6/10

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Capitaine Rosalie


Capitaine Rosalie de Timothée de Fombelle,
illustré par Isabelle Arsenault

61 pages, éditions Gallimard jeunesse, à 12,90€


Résumé : Alors que son père est à la guerre, Rosalie se lance dans une mission secrète.
Hiver 1917. Rosalie a cinq ans et demi. Son père est au front et sa mère travaille à l’usine. Alors, même si elle n’a pas encore l’âge, Rosalie passe ses journées à l’école, dans la classe des grands.
On croit qu’elle rêve et dessine en attendant le soir. Mais Rosalie s’est fabriqué une mission, comme celles des véritables soldats. Elle est capitaine et elle a un plan.


Extraits  « Ma chérie, je pense à vous. Je sais que Rosalie est sage. Et que le maître d’école est content de l’avoir. Et toi, je sais que ton travail est fatigant. Tu aimerais passer plus de temps avec ta petite fille. Mais quand je mets un obus dans le canon, je me dis toujours que c’est peut-être toi qui l’as fabriqué à l’usine. Comme si tu étais à mes côtés dans la bataille. Oui, les dames nous aident en travaillant si dur dans ces usines, et les enfants nous soutiennent en prêtant leurs mamans et en les attendant sagement. »

« Quand la classe s’assied enfin, je fais semblant d’être ailleurs, dans mes pensées, alors que je suis parfaitement concentrée. Je suis le Capitaine Rosalie, infiltrée dans ce peloton, un matin d’automne 1917. Je sais ce que j’ai à faire. Un jour, on me donnera une médaille pour cela. Elle brille déjà au fond de moi. »


Mon avis : Un grand merci aux éditions Gallimard jeunesse grâce à qui j’ai pu découvrir ce magnifique album jeunesse.

Écrit par Timothée de Fombelle et magnifiquement illustré par Isabelle Arsenault, il raconte l’histoire de la jeune Rosalie. Rosalie est une enfant de la guerre, dont le père est parti au front et la mère réquisitionné dans une usine à munitions. Rosalie se retrouve seule toute la journée et contrainte d’attendre sa mère au fond d’une classe d’un petit village.

Capitaine Rosalie, comme elle se nomme elle-même, est une petite fille très clairvoyante, qui, malgré son jeune âge, comprend parfaitement ce qui est en train de se passer dans le monde entier. C’est une jeune fille très courageuse, dotée d’un caractère bien trempé, mais elle reste quand même une petite fille, idéaliste et rêveuse.

Les planches sont tout simplement sublimes, et je pense que c’est le gros point fort de ce livre. Dessinées dans des couleurs sombres, avec une touche d’orangée, elles nous plongent parfaitement dans un contexte de grande guerre. Seule la couleur orangée donne une lueur d’espoir dans un monde bien trop noir.

 

Évidemment, au vu de la thématique abordée, à savoir la Première guerre mondiale, l’atmosphère générale du livre est pesante. Pesante dans le sens où la guerre est dans toutes les têtes, elle est présente dans le quotidien de chacun, personne ne peut l’ignorer, même pas les jeunes enfants. On ne peut rester insensible face à une telle histoire. La force et le talent de Timothée de Fombelle, réside dans le fait de créer des émotions, un contexte, une atmosphère particulière, un personnage attachant, une histoire multi-cibles, accessibles à la fois aux enfants et aux adultes… le tout en une soixantaine de pages seulement. C’est admirable, je ne peux qu’applaudir cet exploit, et celui d’Isabelle Arsenault, bien évidemment. Ensemble, ils ont réussi à créer un petit livre remarquable, touchant et impactant : bravo !


Un magnifique album, pleins d’émotions et d’humanité,  qui ne vous laissera pas indifférent. Préparez vos mouchoirs et lisez-le !

Ma note : 10/10

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Habiter la France


Habiter la France de

Raymond Depardon

206 pages, éditions Points, à 10,90€


Résumé : Raymond Depardon a photographié la France, en guettant les traces de l’homme sur le territoire, un peu à la manière dont Walker Evans a photographié les Etats-Unis au début du XXe siècle. Le photographe et réalisateur mondialement connu a visité presque toutes les régions de France, dans un fourgon aménagé. Pour la première fois en poche, cet ouvrage regroupe deux cents photographies, sélectionnées parmi celles qui ont le plus marqué : toutes donnent à voir ce qu’habiter la France veut dire.


Extrait  « Tout lieu qui nous importe vraiment possède cette part d’indicible et peut-être, ceci expliquant cela, un « je-ne-sais-quoi et un presque-rien » qui nous renvoie à l’enfance. »


Mon avisUn grand merci à Babelio, ainsi qu’aux éditions Points, de m’avoir permis de recevoir cet album photographique. Je ne vous cache pas que j’étais très excitée à l’idée de le recevoir, puisque je n’avais encore jamais eu l’occasion de découvrir un tel ouvrage. De surcroît un ouvrage signé Raymond Depardon, grand photographe et réalisateur français, maître des films documentaires, auteurs d’une cinquantaine d’ouvrages et d’autant de films. Comment ne pas être impatient ?

Un jour d’automne 2004, Raymond Depardon est parti en camping-car visité la France. De ce long voyage est naît Habiter la France, un album composée de plus de 200 photographies, qui représentent la quasi-totalement des régions de France, ses villages et ses richesses quotidiennes.

Raymond Depardon fait appelle à notre sensibilité d’enfant pour ressentir toutes ces photographies. Instantanément, dès la première photographie (ci-dessous), j’ai ressenti une nostalgie puissante, qui fait échos à mon enfance. Cette maison familiale, avec ces balançoires, toute cette verdure, ce petit animal… me rappellent des souvenirs d’enfance. Énormément de photographies font appellent à cette sensibilité enfantine, et font remonter à la surface des sensations perdues, oubliées, qui renaissent à travers ces photos et ces lieux.

Ces lieux font échos à notre quotidien. Raymond Depardon ne montre rien de grandiose, pas de lieux m’as-tu-vu ou touristique, seulement la vraie vie, celle oubliée des médias, la réalité du quotidien que la majorité des Français connaissent.


Un magnifique album de photographies, qui met en lumière des espaces et des lieux français passés sous silence par les médias. Un album empli de nostalgie qui représente la vraie France, rurale et urbaine, jamais visitée, mais toujours reconnue. 

Ma note : 7,5/10

Tout autour de Rodin


Tout autour de Rodin de Marie Sellier et Hélène Pinet

60 pages, éditions Réunion des musées nationaux – Grand Palais, à 16,90€


Résumé : Un livre où sculptures, jeux et stickers font bon ménage. Pour découvrir Auguste Rodin en s’amusant.


Extraits  « Avant même d’avoir appris, il sait. Il sera sculpteur. »

« Bibi est une sorte de clochard qui vit dans le quartier en vendant ses services pour quelques sous. Au début, Auguste le trouve tellement laid qu’il hésite à faire son portrait. Puis, peu à peu, en travaillant, il découvre qu’il s’est trompé : Bibi est beau. Pas de cette beauté propre, lisse et régulière des dieux grecs, mais d’une beauté sauvage qui se loge dans les sillons profonds de son visage. Bibi a la beauté de ceux qui ont vécu et souffert.« 


Mon avis : Avant toute chose, je tenais à remercier Babelio de m’avoir choisi lors de leur opération mensuel Masse critique pour recevoir cet album. Parmi une sélection de livres jeunesse, mon choix s’est porté sur Tout autour de Rodin, un sculpteur que j’aime beaucoup, écrit par une auteure que j’ai déjà rencontré dans de précédentes lectures, Marie Sellier, à l’origine notamment de Coeur de pierre, un livre jeunesse qui retrace l’histoire d’amour entre Rodin et Camille Claudel.

Tout autour de Rodin, raconte la vie d’artiste du sculpteur. Les deux auteures retracent avec simplicité les grandes lignes de l’évolution de sa vie professionnelle : de ses débuts, inconnu, jusqu’au summum de sa carrière. Ses rencontres, parfois mauvaises, souvent très bonnes, ses expériences professionnelles, amoureuses aussi, sont dépeintes avec modestie. J’ai prit un grand plaisir à (re)découvrir plus en détails les grandes étapes de la vie de Rodin.

Pour plaire aux plus jeunes, souvent peu intéressé par la culture artistique, Marie Sellier et Hélène Pinet ont eu l’idée de les faire participer à la confection du livre. En effet, on peut trouver à la fin, quatre pages d’autocollants, que l’on peut coller sur des pages spécifiques. Cela permet d’une part de détendre les jeunes et de leur laisser le temps d’ingérer toutes les informations qu’ils ont pu recevoir précédemment, d’autre part cela favorise aussi la culture et l’instruction à travers le jeu. Un concept original et ludique, qui plaira, j’en suis sûre, autant aux parents qu’aux enfants.

 

 

Pour coller avec l’image de ce grand sculpteur qu’est Rodin, les deux auteures se sont amusées à mettre en page de manière originale les illustrations de leurs textes. J’ai beaucoup apprécié la démarche, que je trouve novatrice tout en restant ludique et attirant pour les enfants.

 


Tout autour de Rodin est un album jeunesse interactif et ludique, qui permet de s’instruire tout en s’amusant. A glisser entre les mains des enfants dès 8 ans.

Ma note : 7/10