Les abysses du mal


Les abysses du mal de Marc Charuel

406 pages, éditions Albin Michel, à 21,50€


RésuméMon boulot : filmer le supplice des victimes avant de faire disparaître leur corps. Mon but : être le tueur le plus inventif. Parce que la mort est un spectacle, certains sont prêts à payer très cher pour y assister. Voyeurs protégés par un écran, tortionnaires par procuration… C’est la face cachée du Net. Un monde parallèle qui happe ses proies au hasard et fournit des frissons à prix d’or. Des réseaux sociaux incontrôlables aux mafias spécialisées dans le marché de la mort en direct, le nouveau thriller de l’auteur du Jour où tu dois mourir dévoile les forces insoupçonnées de la perversion humaine.


Extraits  « Huit personnes sur dix sont assassinées parce qu’elles étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Juste pour ça. Des vies plates et ordinaires qui basculent alors que rien ne les y prédisposait. »

« Elle est comme ça, Natacha. Trop gentille, trop consciencieuse. Elle ne consacre jamais moins d’une demi-heure à chaque personne. Un jour où, prenant son courage à deux mains, il lui en a fait la remarque, elle a répondu le plus sérieusement du monde que patient et patienter, ça avait la même étymologie. Puis elle s’est ouvertement marrée de son bon mot. Et il a ri avec elle.« 


Mon avis : Quand on voit l’effrayante couverture choisie par les éditions Albin Michel, il n’y a plus aucun doute possible quant à la thématique du récit : ce sera un angoissant thriller.

Des jeunes femmes disparaissent mystérieusement, avant d’être retrouvées mortes, dans des états inimaginables. Pour le policier Derolle il n’y a aucun doute : elles ont été les héroïnes de snuff movies, ces vidéos clandestines qui mettent en scène la torture et le meurtre d’une personne. Encore faut-il le prouver… Derolle pénètre le darknet à la recherche de preuves. Mais le temps est compté et l’auteur de ces vidéos pourrait bien faire de nouvelles victimes.

Avant de lire ce roman, je ne connaissais pas du tout l’existence des « snuff movies ». Il m’est encore aujourd’hui difficile d’imaginer que de telles pratiques ne sont pas le fruit de l’imagination de l’auteur, mais ont réellement eu lieu et ont encore lieu aujourd’hui. Il y a encore quelques années, les médias ont largement relayés des vidéos d’exécution réalisés par des extrémistes : ces vidéos sont apparentés à des snuff movies. Dans Les abysses du mal, l’auteur nous plonge donc au coeur de ce commerce illégal et destructeur, qui arrive à conquérir un public de psychopathes. Il nous emmène au coeur du darknet, cet écosystème de réseaux, parallèle aux réseaux publics, qui est aussi fascinant qu’il est effrayant.

Marc Charuel met en scène la perversion et la cruauté animale dont peuvent faire preuve les êtres humains. Certaines scènes sont assez trashs et peuvent choquer les publics les plus sensibles.

Il n’y a pas spécialement de suspens dans ce récit, puisque l’auteur des meurtres est identifié dès le début de l’histoire. Marc Charuel préfère se centrer sur la peur à insuffler aux lecteurs. Pour la petite anecdote : je me suis dépêché de finir ce livre un dimanche soir, alors que j’étais chez mes parents, pour ne pas avoir à le terminer seule chez moi. Vous vous imaginez à quel point il fait peur ?

Quant au rythme, il est intense et soutenu tout au long du récit : on ne s’ennuie pas une seule seconde. Tous les ingrédients pour faire un bon thriller sont réunis, avec en prime des personnages hors du commun : un inspecteur chevronné, un ancien militaire protecteur envers les siens, une mystérieuse lesbienne droguée, et pleins de belles jeunes filles, bien trop naïves. J’ai passé un « bon » moment de lecture, si tant est que je puisse employer ce terme dans ce cas de figure-là. Même si l’histoire n’était pas si extraordinaire que ça, j’ai su apprécier la narration et les personnages.


Plongez au coeur du darknet et découvrez ce que vous n’auriez jamais jamais dû découvrir. Un récit glaçant, à ne pas mettre entre les mains de tous.

Ma note : 7,5/10

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Esprit d’hiver


Esprit d’hiver de Laura Kasischke

302 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,10€


Résumé : Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…


Extraits  « Holly avait pris sa fille contre elle et, avant de la voir ou de la sentir ou de l’entendre, elle l’avait aimée – comme s’il existait un organe et une partie de son cerveau qui auraient été l’oeil ou le nez ou l’oreille de l’amour. Le premier sens. »

« Eric était fermement convaincu que le boulot des médecins était de trouver des maladies là où il n’en existait pas, et d’aggraver la maladie là où ils en trouvaient une.« 


Mon avis : Après des années à patienter sagement dans ma PAL, j’ai décidé d’y sortir Esprit d’hiver et de le lire à l’occasion des fêtes de fin d’année.

L’histoire se déroule le soir de Noël, dans une maison familiale. Holly, son mari et leur fille adoptive Tatiana, s’apprêtent à recevoir toute leur famille pour le réveillon. Son mari part récupérer ses parents à l’aéroport, laissant seules Holly et Tatiana, ramenée de Sibérie 15 ans plus tôt. Mais le temps se gâte et les invités se décommandent les uns après les autres, laissant les deux femmes seules chez elles. Holly commence à angoisser de la situation, d’autant qu’elle remarque que Tatiana a un comportement différent que d’habitude.

C’est un huis-clos effrayant et angoissant que nous livre Laura Kasischke. Le lecteur se retrouve enfermé dans la maison, aux côtés de Holly et Tatiana. Des événements quasiment paranormaux se déroulent à l’intérieur de la maison, rendant l’atmosphère encore plus étrange et terrifiante. Ajoutez à cela deux personnages sombres, presque fantomatiques : une mère angoissée, pas très sereine, qui ressasse constamment la phrase suivante « Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux« , la Russie faisant référence au lieu de l’adoption de Tatiana. Une fille au comportement suspect et bizarre, comme si elle n’était plus elle-même, mais que quelqu’un avait prit possession de son corps, de son esprit et de son âme. Il n’y a pas à dire : ça ne donne pas envie de passer réveillon chez eux !

Le récit se structure avec des épisodes se déroulant dans le présent et des sauts dans le passé. Ses retours en arrière nous permettent de comprendre le passé des personnages, leur histoire et les causes de leur comportement actuel. Ce qu’on reproche souvent aux huis-clos, c’est l’immobilisme des personnages, le manque de dynamisme et d’attractivité du récit. Dans Esprit d’hiver, grâce à cette alternance des temps, le récit est plus vivant et plus concret aux yeux des lecteurs. Malgré quelques petites longueurs  souvent trop descriptives, j’ai apprécié sortir, le temps de quelques instants, de cet espace confiné qu’est la maison de Holly.

Quant au dénouement, je dois reconnaître qu’il est assez inattendu et qu’il m’a surprise. Une fois le mystère résolu, tout s’éclaire : les comportements suspects, l’humeur maussade, les événements paranormaux… Je ne vous en dirais pas plus, vous laissant le soin de découvrir par vous-mêmes, si vous en avez le courage, le fin mot de cette histoire.


 Ce récit est un huis-clôt étouffant, angoissant mais surtout très mystérieux. Le suspens est à son comble et nous pousse à lire davantage, toujours plus vite, pour assembler les différentes pièces du puzzle.  Un bon thriller psychologique, qui aurait quand même mérité plus de peps. 

Ma note : 6/10

L’opossum rose


L’opossum rose de Federico Axat

507 pages, éditions Le Livre de Poche, à 8,30€


Résumé : Désespéré, Ted McKay est sur le point de se tirer une balle dans le crâne lorsque le destin s’en mêle et qu’un inconnu sonne à sa porte. Et insiste. Jusqu’à lui glisser un mot sur le palier.
Un mot écrit de la propre main de Ted, et on ne peut plus explicite : Ouvre la porte. C’est ta dernière chance.
Ted ne se souvient absolument pas avoir écrit ce mot. Intrigué, il ouvre à l’inconnu, un certain Justin Lynch. Et se voit proposer un marché séduisant qui permettrait d’épargner un peu sa femme et ses filles : on lui offre de maquiller son suicide en meurtre.


Extrait  « Un conseil : si tu veux t’ôter la vie, fais disparaître toutes les photos de tes proches. Il est plus simple de passer à l’acte sans être observé par ses êtres chers. »


Mon avisQuelle histoire ! Quelle claque ! C’est une histoire de fou (et c’est bien le cas de le dire) ! Les amoureux de thrillers psychologiques vont adorer L’oposum rose. Pour ma part, j’ai maudis plus d’une fois Federico Axat de me faire autant tourner en rond, mais j’ai, dans le fond, adoré me faire prendre au piège.

L’histoire peut paraître simple, mais elle est en réalité extrêmement compliquée. Ted McKay est sur le point de se suicider, lorsqu’on sonne à la porte. En allant ouvrir, il découvre un certain Justin Lynch, qui semble très au courant de ce qu’il s’apprêtait à commettre et qui lui propose de se tuer d’une manière particulière : en tuant un assassin puis en assassinant un autre suicidaire pour faire croire à un meurtre et non à un suicide. Ted accepte et fait ce qu’il a à faire. Et si toute cette histoire n’était que mensonges ? Et si tout cela n’était pas réel ?

Les personnes qui désirent se lancer dans la lecture de L’oposum rose doivent être patientes. D’une part parce que ce roman est une petite brique de 500 pages, mais surtout parce que l’histoire semble tourner en rond. Elle ne tourne pas véritablement en rond, mais c’est l’impression que l’auteur souhaite en donner aux lecteurs. On a la sensation d’une histoire qui n’avance pas, qui recule même, avec un mystère qui ne désépaissit pas, une intrigue qui reste floue, des personnages que l’on arrive pas à percer. Et c’est ce qui est génial ! L’auteur révolutionne le genre en proposant une trame narrative tout à fait novatrice, présentée comme un casse-tête gigantesque. Certains peuvent adorer, comme d’autres peuvent détester. Personnellement, j’ai adoré l’audace avec laquelle il réussit à nous prendre, nous manipuler pour nous emmener à croire tout et n’importe quoi, pour nous faire douter de tout et sans cesse remettre en cause nos certitudes.

L’histoire est bien montée, les énigmes sont bonnes, l’intrigue est additive et très prenante. On se laisse facilement prendre au jeu et on est manipulés comme des bleus. Le seul bémol qui me chagrine un peu, c’est le dénouement trop brutal du récit. Après plus de 450 pages à tourner en bourrique et à imaginer mille et une hypothèses à l’intrigue, je trouve dommage que Federico Axat termine son récit aussi rapidement. La fin aurait méritée plus de développement, pour être parfaitement dans la continuité du reste du récit.


Les amateurs de thrillers psychologiques vont être servis puisque L’oposum rose révolutionne un peu le genre. C’est une histoire bien montée, additive mais surtout très surprenante. Toutes vos certitudes vont voler en éclats. Mais n’ayez crainte et poussez la porte : Ted est-il encore en vie ? C’est un polar qui vaut le détour !

Ma note : 8/10

Dis-moi que tu mens


Dis-moi que tu mens de Sabine Durrant

407 pages, éditions Préludes, à 16,90€


Résumé : Tout commence par un mensonge. De ceux qu’on fait tous pour impressionner une vieille connaissance. L’histoire de votre vie, légèrement embellie, face à cet avocat brillant, époux et père comblé, que vous avez croisé par hasard.Puis, sans savoir comment, vous vous retrouvez à dîner chez lui, à accepter une invitation en vacances, propulsé dans une vie de rêves ? celle à laquelle vous avez toujours aspiré. Jusqu’à ce que cette vie ne semble plus si idyllique?Mais vous êtes déjà pris au piège, transpirant sous l’impitoyable soleil de Grèce, brûlant d’échapper à la tension ambiante. Alors vous comprenez que, si douloureuse la vérité soit-elle, ce sont vos mensonges qui ont causé le plus de tort? Et, à ce moment-là, il est déjà trop tard. L’auteur de Ce que tu veux revient avec un nouveau thriller remarquable, un huis clos où le héros court sans le savoir vers son destin? et son inéluctable chute. Dis-moi que tu mens ménage avec maestria une tension constante. L’auteur signe aussi là une satire incisive : elle cerne ce monde bourgeois dysfonctionnel avec une finesse désopilante.


Extrait :  « La vérité est une chose bien étrange, Paul. Toute vérité est subjective.« 


Mon avis : Paul Morris est un homme qui ne vit que sur des mensonges. Sa vie entière n’est qu’un mensonge : il n’a pas de travail, mais s’invente des contrats d’écrivains à la solde exorbitante ; il n’a pas de véritable habitat, puisqu’il vit dans un appartement qu’on lui prête contre des petits services, mais se vante que l’appartement lui appartient, etc. Quand on construit sa vie sur des mensonges, il est dur de s’en dépêtrer. Paul va croiser par hasard Andrew, un ancien ami de faculté, et Tina, une jolie jeune femme dont il va faire la connaissance. Ils vont rapidement se rapprocher, tant et si bien qu’ils finiront par sortir ensemble, et que Tina l’invitera à partir avec elle, ses enfants et la famille d’Andrew en vacances en Grèce, dans la maison familiale. Mais les vacances, rêvées idyllique et reposantes, vont rapidement virer au cauchemar.

L’auteure a réussie à me tenir en haleine de la première à la dernière page. A chaque fin de chapitre, j’étais désireuse d’en apprendre davantage, et donc de débuter la lecture d’un nouveau chapitre. Il faut dire qu’elle distille quelques indices de lecture à droite et à gauche, censés aider à mieux comprendre l’intrigue, mais sans jamais révéler en intégralité ce qu’il s’est passé. D’où le désir grandissant d’en savoir toujours plus et d’enfin comprendre tout ce qui jusqu’alors nous échappe.

Mais méfiez-vous, ce livre est un thriller psychologique. C’est-à-dire que les actions n’y seront pas très nombreuses. Ne vous attendez pas à des événements à tout va, il n’y en aura pas. En revanche, vous y retrouverez de longues descriptions, quelques analyses de personnalités, des pauses sur des menus détails… on aime ou on aime pas. Pour ma part, j’ai trouvé le temps long parfois ; j’avais cette impression que l’histoire n’avançait pas, ou trop doucement à mon goût. Ayant prêté ce livre à ma mère pour qu’elle puisse le découvrir, elle a également trouvé certains passages trop longs, et a abandonnée sa lecture en partie à cause de cela. Rassurez-vous, il y a quand même une intrigue principale, avec du suspens, une disparition inquiétante, et la recherche d’un coupable.

Tous les personnages semblent suspects et paraissent coupables. Leurs étranges comportements, les paroles qu’ils profèrent… on cherche à nous duper !  Alors au moment du dénouement, je ne vous cache pas ma surprise. Je m’attendais à tout, sauf à ça. Je vous laisse le plaisir de lire l’entièreté du livre et de vous faire surprendre vous aussi par cette fin inattendue. Seul indice que je pourrais vous donner : tel est pris qui croyait prendre ! Ouvrez grands vos yeux, et ne vous laissez pas berner.

Derrière toutes ces belles paroles – narratives et fictives -, cette jolie histoire nous enseigne quand même que le mensonge n’apporte jamais rien de bon. Enjoliver sa vie à travers de fausses paroles ne vous rendra pas plus sympathique ni plus aimé, et détruira en partie votre vraie vie.


Un thriller psychologique prenant et addictif, qui aurait quand même mérité plus de peps. Entre vérités, non-dits et faux-semblants, saurez-vous démêler le vrai du faux ? 

Ma note : 6/10

La Cave


La Cave de Natasha Preston

396 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : Imaginez une maison comme n’importe quelle autre. Dedans, une pièce. Dans cette pièce, une armoire. Derrière cette armoire, une porte. Au-delà de cette porte, des escaliers. Et en bas, une cave. Une cave où sont séquestrées trois filles, Rose, Iris et Violette, soumises à la folie maniaque et meurtrière d’un homme : Trèfle.
Dans une autre maison, dans une ville où il ne se passe jamais rien, Summer mène une vie parfaitement banale. Elle a des parents, un frère, des copines, un petit ami. Mais un soir, sa route croise celle de Trèfle, et Summer ne rentre pas chez elle. Elle se retrouve enfermée dans une cave en compagnie des autres filles et rebaptisée Lilas. Mais contrairement aux autres filles, elle n’est pas prête à accepter son sort jusqu’à faner et dépérir…


Extraits :  « La solitude est pire qu’une maladie mortelle. Chaque jour qui passe, on s’efface un peu plus. »

« Quand quelqu’un meurt, on peut lui faire les derniers adieux et accepter son départ. Ce n’était pas le cas : nous ne savions ni où elle était ni ce qui lui était arrivé. Nous n’avions aucune réponse, rien ne pouvait avoir de fin.« 


Mon avis : Généralement, quand ça fait longtemps qu’on a pas lu de thriller, on a toujours cette hâte d’en rouvrir un, couplé à la peur que nos attentes ne soient déçues. Toute excitée, j’ai foncé tête baissée dans ce roman… et j’en ressors ravie. Terrifiée, mais ravie.

Un homme, surnommé Trèfle, enlève et séquestre des filles, généralement prostituées et sans attaches, dans la cave de sa maison. Il s’amuse à les renommer avec des noms de fleurs (Iris, Violette, Rose et Lilas), et les considère comme sa famille. Un psychopathe dérangé, sur qui Summer, rebaptisée Lilas, est malencontreusement tombée. Traînée jusqu’à la cave, elle va faire la rencontre des trois autres filles prisonnières, qui vont lui expliquer leur calvaire et leur quotidien. Une chose est sûre : Summer n’est pas prête à se laisser faire et est bien décidé à tout faire pour se sortir de là.

L’histoire tourne autour de trois narrateurs différents : Lilas d’abord, qui raconte son quotidien comme prisonnière de la cave ; Lewis ensuite, le petit ami de Lilas, qui s’active pleinement pour tenter de retrouver sa copine ; Trèfle enfin, que l’on voit dans le présent, mais également dans sa vie passé. Trois narrateurs différents qui dynamisent l’histoire et tendent à ajouter une tension narrative au récit déjà électrique.

Car l’ambiance est angoissante et ne cesse de croître. La dynamique stylistique de l’auteure est telle que le lecteur, inconsciemment, se met à la place des filles captives. Comme elles, on se sent kidnappé, enfermé. Et on tourne en rond dans notre tête comme elles tournent en rond dans la cave : en attendant le dénouement final.

Hélas ! L’histoire est tellement exaltante est prenante, que je m’attendais à une apothéose finale, qui bouclerait en beauté cette intrigue épouvantable. Malheureusement, et c’est là mon seul regret, Natasha Preston va à la facilité, et nous livre une fin classique, très peu surprenante et peu travaillée. Je la trouve en deçà de l’entièreté de l’histoire. Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé cette histoire et les puissantes émotions qu’elle nous transmet ; c’est pour cela que sans cette fin bâclée, ce thriller aurait été un véritable coup de coeur.

Plongez au coeur de ce roman psychologique oppressant, qui vous terrifiera autant qu’ils vous énervera. Un premier roman signé Natasha Preston, qui augure une jolie carrière future.

Ma note : 7,5/10

The cruelty


The cruelty de Scott Bergstrom

425 pages, éditions Hachette romans, à 18€


Résumé : Gwendolyn Bloom a à peine sept ans lorsque sa mère est assassinée sous ses yeux, et dix-sept lorsque son père disparaît brutalement, à la même date. Cette nouvelle épreuve s’accompagne d’une découverte accablante : son père n’est pas un diplomate, comme elle l’a toujours cru, mais un espion travaillant pour le FBI, dont les alliés semblent s’être retournés contre lui, après l’avoir accusé d’être passé à l’ennemi. Désespérée, Gwendolyn décide de partir seule à la recherche de son père qui, elle en est sûre, a été enlevé et reste vivant… Commence alors pour elle une longue traque dans les recoins les plus sombres et les plus dangereux d’Europe. Suivant les indices que son père lui a laissés, à Paris, Berlin puis Prague, Gwendolyn croise les pires spécimens de l’espèce humaine. Et surtout elle comprend très vite que, pour survivre à la cruauté de son un ennemi, il faut devenir plus cruel que lui.

Extraits « Ça peut paraître bizarre mais j’aime ça, la douleur, le souffle précipité, le petit goût métallique. Ça me rappelle que j’ai un corps, que je suis un corps. Que je suis bien réelle et ne me limite pas aux pensées dans ma tête.« 

« Terrance est riche, je crois… Il l’est forcément pour habiter dans un endroit pareil. Et alors ? La façon dont il m’a serré contre lui alors qu’on se protégeait de la pluie n’a pas de prix, elle.« 

Mon avis : The Cruelty, c’est un thriller dynamique, premier tome d’une saga jeunesse, riche en actions et très prometteur.

Gwendolyn Bloom est une jeune Américaine ordinaire de dix-sept ans, qui vit seule avec son père adoptif, après le décès brutal de sa mère, il y a quelques années en arrière. Son père adoptif étant un haut diplomate, souvent envoyé en missions, Gwendolyn est amené à le suivre partout dans le monde  ; d’où sa large panoplie linguistique. Mais un beau jour, alors que son père est en mission à Paris, des hommes viennent annoncer à Gwendolyn sa disparition. Effondrée devant cette annonce soudaine et désorientée par l’inutilité des recherches entremises, la jeune fille décide de se lancer à la recherche de son père. Des recherches qui vont la mener dans des endroits malfamés. Drogues, violences, prostitution… rythmeront ses journées.

J’ai adoré le personnage de Gwen. Une fille jeune fille courageuse, déterminée et très malicieuse. Elle ne se laisse pas abattre par les événements qui l’assaillent, au contraire, elle se bat pour inverser la donne. Une persévérance a saluer, d’autant que les milieux malfamés dans lesquels elle échoue auraient pu être motif à l’abandon. Mais l’amour qu’elle éprouve pour son père et plus fort que tout et mérite qu’elle se sacrifie pour lui. C’est admirable !

Quant à l’intrigue en elle-même, bien que peu vraisemblable, elle est bien ficelée. L’auteur nous invite à plonger dans un univers à l’image négative, mal connu et sombre. Ne vous étonnez pas de découvrir énormément de brutalité entre ces pages. D’y voir des choses affreuses, voire inqualifiables (comme la marchandisation de corps humains ; pratique qui malheureusement, existe bel et bien dans notre monde contemporain). Les femmes sont rabaissées, elles se prostituent et vendent leur corps aux hommes, elles sont traitées comme des moins que rien et vendues comme des bêtes à des milliardaires. Personne ne peut rester stoïque face à ces pratiques : c’est pour cela qu’une certaine tension s’installe tout au long du récit. Le lecteur ne peut s’empêcher de tourner les pages, dans l’expectative, impatient de voir si l’histoire se terminera sur une note positive.

Un roman très dynamique, qui m’a facilement transporté dans les milieux pègres les plus noirs. L’écriture est rythmée et les actions, bien dosés, s’enchaînent avec aisance. Je suis impatiente de découvrir la suite de cette histoire.

Ma note : 7,5/10

Level 26, tome 2 : Dark Prophecy

Level 26, tome 2 : Dark Prophecy d’Anthony E. Zuiker
363 pages, éditions Michel Lafon, à 19,50€
Résumé : Steve Dark devrait être au fond du gouffre: la femme qu’il aimait est morte par sa faute, massacrée par le même psychopathe qui a tué ses parents adoptifs. Mais Dark n’est pas un homme ordinaire. C’est un chasseur, capable de se glisser dans la peau des tueurs les plus aguerris et d’infiltrer leurs pensées meurtrières pour mieux les traquer. II se sent désormais investi d’une mission qui n’est pas limitée par les règles de la police et qu’il ne soumet à aucune autorité, qu’elle soit gouvernementale ou morale. Une mission qui, il l’espère, lui permettra enfin de restaurer la justice.
Extraits : « Je pense que les tueurs en série sont comme le cancer. Quand on les dépiste suffisamment tôt, on peut sauver des vies. »
« Il n’y avait qu’un truc pire que d’avoir été cambriolé, pensa Green. C’était de rentrer chez soi au beau milieu d’un cambriolage.« 

Mon avis : ENFIN : je retrouve l’auteur qui m’a tant fait frémir dans le premier tome de Level 26. Autant vous dire que je me suis goulûment jetée sur ce second livre, et que je l’aie dévoré en un rien de temps…

Fidèle à lui-même, Anthony E. Zuiker bourre ses thrillers de tensions narratives et d’actions en continus. C’est le cas pour Dark Prophecy, avec beaucoup d’actions, crée grâce aux meurtres qui s’enchaînent sans discontinuer. Ce coup-ci, l’intrigue se base sur les cartes du jeu du tarot : en effet, l’assassin reproduit les dessins des cartes à l’identique lorsqu’il assassine ses victimes. Des victimes qui semblent prises au hasard, éparpillées dans tous les états Américains, qui se font tuer à un rythme frénétique. Notre célèbre inspecteur Dark, après avoir abandonné ses fonctions au FBI suite à la première affaire présentée dans le premier tome, est intrigué par cette affaire. Il va donc tenter de la résoudre en parallèle de la législation, avec l’aide d’une mystérieuse femme surnommée Graysmith.

Le lecteur retrouve avec plaisir le personnage de Dark, le James Bond moderne d’Anthony E. Zuiker ; toujours aussi attachant, il est à la fois professionnel, affectueux, réaliste et médiculeux. Toutes les qualités lui sont promues. Les autres personnages n’ont pas d’intérêt particulier, ils ne sortent pas autant du lot que Dark.
Un prénom bien symbolique, qui colle parfaitement avec l’atmosphère sombre, confinée et angoissante du roman.

En effet, l’auteur a écrit des chapitres concis, qui s’enchaînent donc rapidement, qui donnent envie de prolonger notre lecture, mais qui fait également monter le récit en tension. Un choix brillant, qui m’a angoissé et effrayé durant toute l’histoire.

Mais contrairement au premier tome, j’ai trouvé l’intrigue de celui-ci un petit peu plus brinquebalante. L’enquête menée par les policiers n’était pas très bien expliquée, le lecteur se perdait un peu dans les méandres de meurtres. De plus, le dénouement ne contenait pas de contours nets – ne lisez pas la suite si vous ne souhaitez pas être au courant de certains détails du final de ce livre -, je n’ai pas compris le mobile des assassins, ni leurs intentions, leurs idées… Ils m’ont juste fait penser à des fous furieux, qui tuaient pour le plaisir de tuer.
Je trouve quand même dommage que l’auteur ait plus concentré son récit autour de l’action, des nombreux meurtres et du mystère des cartes de tarot, sans pour autant pondre une fin assez satisfaisante et cohérente.

Hormis quelques petits désagréments au niveau du dénouement, j’ai beaucoup aimé frissonner, courir en adéquation avec les policiers, tenter de rechercher des mobiles pour ces meurtres… Un bon moment de lecture. Je lirai certainement le troisième et dernier tome prochainement.

Bien sûr, tout comme le premier tome, l’histoire reste interactive : le lecteur a la possibilité de visionner des séquences vidéos tournées par l’auteur lui-même, qui met en scène sa propre histoire.

Ma note : 7/10