L’École des femmes

L’Ecole des femmes de Molière.
223 pages, éditions Hatier, à 3 €

Résumé : Arnolphe, un vieux barbon, a élevé dans l’ignorance Agnès, sa pupille, en vue d’en faire une épouse dévouée. Mais l’amour du jeune Horace va favoriser la métamorphose de l’ingénue.

Extraits : « Il le faut avouer, l’amour est un grand maître : Ce qu’on ne fut jamais il nous enseigne à l’être. »
« La femme est en effet le potage de l’homme ; Et quand un homme voit d’autres hommes parfois qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts, il en montre aussitôt une colère extrême.« 

Mon avis : J’enchaîne avec les pièces de théâtre et les lectures obligatoires pour le lycée, mais comme ça, ce sera fait, j’aurais découvert des classiques que je n’aurais jamais eu l’idée, toute seule, d’aller ouvrir.

L’Ecole des femmes est bourré de quiproquos (la spécialité de Molière), avec des passages hilarants (surtout ceux du protagoniste et de ses deux valets qui sont un peu benêts sur les bords), d’autres plus choquants, voire perturbateurs. C’est une pièce de théâtre idéale pour les réflexions sur la gente féminine.

Molière nous met dans le bain du livre dès le début. Il use de dialogues magnifiquement écrits, avec des rimes à chaque vers, toutes plus fantastiques les unes que les autres. C’est très agréable de lire du Molière, surtout à voix haute, ça sonne comme une douce chanson… j’ai adoré !

Certes, le style d’écriture est assez complexe à lire, mais c’est ce qui fait tout le charme du livre.

 

Ma note : 5/10
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Le Jeu de l’amour et du hasard

Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux.
192 pages, éditions Hatier, à 3,05 €

 

Résumé : Sylvia, une jeune fille noble, s’inquiète d’épouser Dorante sans le connaître. Elle use d’un stratagème pour l’observer secrètement mais le jeune homme a la même idée.
Marivaux fait naître le comique de situations complexes où règnent quiproquos, malentendus et double langage.

Extraits : « Je n’ai fait qu’une faute, c’est de n’être pas parti dès que je t’ai vue. »
« On n’a pas un coeur qui va et qui vient comme une girouette : il faut être fille pour ça.« 

Mon avis : Je ne suis pas particulièrement fan de pièces de théâtre, mais ce livre de Marivaux fait parti des livres à lire obligatoirement pour le bac de français en fin d’année… juste d’y penser, ça commence à me faire peur. Bref, passons.

Le jeu de l’amour et du hasard est une pièce de théâtre mêlant des situations complexes, plutôt extraordinaires, et souvent drôles.

Les personnages sont certes amusants, mais ils touchent également le lecteur. Sous leurs aires plutôt complexes, se cache un véritable caractère propre à eux-mêmes.

La pièce est très courte, ce qui permet d’apprécier encore plus le style d’écriture de Marivaux, malgré les quelques mots et passages qui exigent une attention plus profonde, tant la finesse des mots est ardue.

 

Ma note : 5/10

Rhinocéros

Rhinocéros d’Eugène Ionesco.
246 pages, éditions Folio

 

Résumé : « Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat. » Tout langage stéréotypé devient aberrant. C’est ce que Ionesco démontre dans Rhinocéros, pièce qui a tout d’abord vu le jour sous la forme d’une nouvelle. Partisan d’un théâtre total, il porte l’absurde à son paroxysme en l’incarnant matériellement.
Allégorie des idéologies de masse, le rhinocéros, cruel et dévastateur, ne se déplace qu’en groupe et gagne du terrain à une vitesse vertigineuse. Seul et sans trop savoir pourquoi, Bérenger résiste à la mutation. Il résiste pour notre plus grande délectation, car sa lutte désespérée donne lieu à des caricatures savoureuses, à des variations de tons et de genres audacieuses et anticonformistes. La sclérose intellectuelle, l’incommunicabilité et la perversion du langage engendrent des situations tellement tragiques qu’elles en deviennent comiques, tellement grotesques qu’elles ne peuvent être que dramatiques.

Extraits :  « Ne jugez pas les autres, si vous ne voulez pas être jugé. Et puis si on se faisait des soucis pour tout ce qui se passe, on ne pourrait plus vivre. »
« La vie est une lutte, c’est lâche de ne pas combattre ! »

Mon avis : Quelle modernité, et quel style…, j’en suis bluffée !

Cette pièce de théâtre classique, qui s’inscrit dans le courant littéraire de l’absurde, est fluide et extrêmement facile à lire. Rhinocéros se divise en trois actes, ayant chacun des décors différents, et comporte pas mal de personnages, qui sont très faciles à mémoriser.

Tout débute lorsque, sur la place du village, un barrissement et deux rhinocéros déboulent et passent simultanément devant le regards des villageois, ébahis. D’où viennent-ils ? où vont-ils ? qui sont-ils ? Des questions qui font polémiques, et qui vont déclencher un énorme débat. Eugène Ionesco va prendre pour cible Hitler et sa façon de gouverner, pour en faire l’allégorie des rhinocéros.

Les personnages sont très variés, et horriblement attachants. Sur les questions énoncées précédemment, chacun avaient sa propre façon de penser et son avis. Ils ne se laissaient pas influencer, avaient un bon sens critique, mais étaient très butés.

Rhinocéros est également une pièce comique, où l’humour est au centre de toutes les discussions. Les dialogues semblent tellement paradoxales, distants, et étranges que ça en devient comique. De plus, les situations dans lesquelles les personnages se retrouvent ne peuvent qu’amplifier cette comédie.

Mais Eugène Ionesco sait faire la part des choses, et c’est avec une grande maîtrise qu’il arrive à combiner la comédie et le registre didactique.

Les rhinocéros n’ont pas été choisis par hasard. L’auteur a choisi des animaux fort, féroces et se déplaçant en troupe… une parfois allégorie des troupes nazis. Cette épidémie de rhinocérite qui augmente est en fait la dictature Hitlérienne grandissante. Un fort message est camouflé derrière ce style comique.

Loufoque, décalé mais néanmoins bien pensé et intelligemment écrit, j’ai pris un grand plaisir à lire Rhinocéros.

 

Ma note : 7,5/10

Amphitryon 38

Amphitryon 38 de Jean Giraudouxy.
158 pages, éditions Le livre de Poche, à 3 €

 

Résumé : Jupiter, dit la légende, pour séduire les mortelles, se métamorphosait en pluie d’or, en cygne, en taureau.
Pour Alcmène, il devint son mari, Amphitryon, et Mercure prit l’apparence de Sosie, son serviteur. Plaute en fit une comédie dont beaucoup s’inspirèrent, comme Molière. Giraudoux imagina en s’amusant une nouvelle version du mythe, la trente-huitième ! La fidèle Alcmène résiste à Jupiter et refuse l’immortalité. Pourquoi ? au nom des « féeries de la vie humaine » : l’amour conjugal, la fraîcheur sensuelle, l’amitié.

Extraits :  « Je ne crains pas la mort. C’est l’enjeu de la vie. »
« C’est l’imagination qui illumine pour notre jeu le cerveau des hommes. »

Mon avis : Pour continuer avec les lecteurs obligatoires pour les cours, j’ai donc lu Amphitryon 38, mais très doucement (quelques pages chaque jours). Après avoir lu l’Amphitryon de Molière, je me suis donc attaqué à celui-ci, qui est, comme son titre l’indique, la 38ème oeuvre réecrite du mythe d’Amphitryon.

A travers des scènes drôles, humoristiques, et des situations de quiproquos, Jean Giraudoux retrace la légende d’Alcème, séduite par Zeus, qui avait prit l’apparence de son mari.

L’histoire ne me passionnait pas, mais les personnages étaient attachants. On ne s’ennuie pas un seul instant, ils ont une grand répartie, ils ont un côté touchant, notamment Alcème et son mari, (le vrai).

Jean Giraudoux utilise une écriture facile à lire pour retracer cette histoire. On peut noter qu’il essaie de nous faire réfléchir sur la relativisation de la puissance des Dieux, sur la création du monde et sur l’immortalité et la condition humaine.

Un livre intéressant, que je n’aurais certainement pas lu de mon propre chef.

 

Ma note : 5/10

Le prénom

Le Prénom de Matthieu Delaporte
et Alexandre de la Patellière

103 pages, éditions L’avant-scène théâtre, collection Quatre-vents, à 11€

Résumé : Une sympathique réunion de famille tourne au règlement de comptes à propos du choix du prénom d’un enfant à naître, prétexte à d’autres révélations. La pièce a été adaptée pour le cinéma avec, comme au théâtre, Patrick Bruel dans le rôle titre.

Extraits :  « Ça suffit maintenant, arrête de jouer au con. Vouloir appeler son fils Adolphe, au mieux c’est de l’inconscience, au pire une horrible provocation. »
« Elle a tellement peur de déranger que ça en devient dérangeant.« 

Mon avis :  Si vous cherchez un petit livre sympathique à lire et à mourir de rire, choissisez Le prénom ! Originalité, simplicité et humour assuré !

Le Prénom est l’histoire d’une joute oratoire entre amis. C’est une pièce de théâtre qui se passe à huis-clos, dans l’appartenant parisien de Elisabeth (alias Babou) et Pierre. Ils organisent une petite soirée, dans laquelle ils invitent Claude, le meilleure ami d’Elisabeth, Vincent, le frère d’Elisabeth, et la femme de Vincent, Anna. Alors que cette réunion de famille avait bien commencé, elle tourne rapidement au règlement de compte. Avec notamment Vincent, qui essaie de faire deviner le prénom choisit pour son enfant… jusqu’à leur avouer vouloir l’appeler Adolphe. Dans un surprenant effet de cascade, les reproches s’enchaînent et fusent des quatre coins de la pièce, les secrets se dévoilent et les personnages se mettent à nu.

Cette pièce est franchement drôle. Les blagues se succèdent à une vitesse fulgurante, notamment sortant de la bouche de Vincent. On assiste à des scènes comiques très subtiles, notamment à cause de la différence de classe sociale qu’il y a entre Vincent et Claude. Vincent est le bobo parisien par excellence, le dandy sûr de lui qui affiche fièrement sa richesse. Tandis que Claude est le personnage tout penaud, réservé, petit musicien dans un orchestre, toujours célibataire.

Malgré toutes les disputes, le lien familial est quand même fort. On a un ancrage très fort dans la famille, avec déjà en scène des membres à part entière d’une famille. La paternité et la maternité sont mis en scène (interprété par Vincent et Anna). Les taquineries des personnages sont bon enfant. L’ambiance reste quand même chaleureuse. On perçoit très bien des liens très forts qui unissent les différents personnages : Babou est très attachée à Claude, à tel point qu’on les perçoit comme un petit vieux couple.

Après avoir lu le livre, je vous conseille vivement de regarder l’adaptation cinématographique franco-belge, qui a connu un succès international. Avec comme têtes d’affiches Patrick Bruel (Vincent) ou Valérie Benguigui (Elisabeth), c’est un détour obligatoire pour ceux qui ont appréciés la pièce. Les répliques comiques sont beaucoup plus drôles (et il n’est pas rare d’apercevoir quelques blagues ajoutées).

En clair, même si ce livre est avant tout une pièce de théâtre qui montre une discorde familiale, les répliques humoristiques surpassent le dramatique et désamorçent la gravité de la situation. J’ai bien aimé, ça change des livres que j’ai l’habitude de lire !

Ma note : 8,5/10

Le Cid

Le Cid de Pierre Corneille
234 pages, éditions Folio classique, à 3€

 

Résumé : Don Rodrigue a « du coeur » et nul n’en peut douter. Noble, vaillant, sans égal, sans rival, il possède toutes les qualités du héros classique. Mais il en a aussi tous les tourments. Don Diègue, son père, a été humilié par celui de Chimène, sa bien-aimée, et c’est à lui de laver cet outrage. Faut-il « mourir sans offenser Chimène » ou se venger et la perdre ? Doit-il préférer le devoir à la passion ? Cruel dilemme, auquel Chimène sera, à son tour, confrontée. La grandeur d’âme des personnages fait la beauté et la force du Cid, cette pièce hésitant entre deux genres, que l’on a appelée « tragi-comédie ».

Extraits :  « L’INFANTE : Ma plus douce espérance est de perdre l’espoir. »
« CHIMENE : Il est juste, grand Roi, qu’un meurtrier périsse.
LE ROI : Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs.
CHIMENE : M’ordonner du repos, c’est croître mes malheurs.
« 

Mon avis :  Le Cid du très grand Pierre Corneille, est une pièce de théâtre très connu, souvent étudiée dans le milieu scolaire. Le couple Chimère/Rodrigue est l’un des couples phares de la littérature française, avec notamment la réplique culte du livre, « Va, je ne te hais point », point d’orgue de la litote (figure de style qui consiste à en dire moins pour en suggérer plus).

La première version du Cid est mise en scène en 1637, années où domine le genre de la tragicomédie. Ce genre littéaire qui pernd comme cadre la pastorale, a un lien très fort avec le romanesque (les sujets ne sont pas historiques). La tragicomédie se caractérise pas sa fin heureuse, sa complexité et sa revendication de liberté par rapport aux règles classiques. On y voit génaralement des personnages d’humanité moyenne, qui ne sont pas de la noblesse (contrairement à la majeure partie des pièces de l’époque).

Dans Le Cid, domine le dilemne amour/honneur. En effet, le père de Chimène a offensé le père de Rodrigue. Don Diegue, le père de Rodrigue, va enjoindre son fils de sauver son honneur en tuant le père de Chimène. C’est ce que celui-ci va faire. Mais en tuant le père de Chimène, Rodrigue va compromettre son histoire d’amour avec Chimène. En effet, l’honneur de Chimène est désormais bafoué par ce dernier. Entre honneur et amour, la pièce vacille ; Chimène, va-t-elle tuer Rodrigue pour récupérer son honneur, ou préferera-t-elle garder son amour en étant souillée ?

J’ai adoré le personnage de Chimène. Une jeune femme qui parle bien d’amour ; elle ne s’épanche pas, mais reste dans la pudeur et dans l’économie de mots. C’est une jeune femme courageuse, guerrière et audacieuse. Loin d’être passive, elle fait entendre sa voix : c’est pas femme du non, qui n’hésite pas à s’opposer à ses interlocuteurs (notamment au roi, qu’elle auquel elle va se plaindre de l’impasse dans laquelle elle est). Chimène est forte, capable de dureté et de violence ; tout comme Rodrigue. En tuant le père de Chimène, il donne un certain honneur à Chimène. En effet, cette dernière aurait aimé un peureux s’il ne l’avait pas tué. L’acte III de la pièce est au centre même de l’intrigue : elle permet une confrontation directe entre Chimène et Rodrigue. Ce dernier veut que Chimène le tue pour rétablir son honneur. Mais Chimène reste en prise avec la passion et les sentiments amoureux et se refuse à passer à l’acte.

J’ai eu le plaisir de visionner une mise en scène du Cid faite par Luis de la Carrasca. C’est une mise en scène toute particulière qui se base sur le flamenco, pour rappeler les origines Espagnols du texte. Une danse bien appropriée au texte, car elle combine parfaitement la passion et la rigueur soutenue (ce qui rappelle l’amour et l’honneur de l’intrigue, qui se mélangent). Le décor de la pièce rappelle une arène, et la mort du père est présentée comme une exécution de corrida. Mais, dans ce contexte sérieux, le réalisateur incorpore des éléments comiques (comme la présence du roi : aller voir son jeu, c’est hilarant) qui rappellent la tragicomédie.

Le Cid est la première pièce de Pierre Corneille que j’ai le plaisir de lire. Et quelle pièce… Mettez-vous dans la peau des personnages, et essayez de faire un choix entre l’honneur que l’on accorde à sa famille et l’engagement de l’amour envers une personne qui a détruit notre honneur. Un choix très difficile, que Rodrigue et Chimène vont devoir faire. Un pur régal !

 

Ma note : 8,5/10

En attendant Godot

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En attendant Godot de Samuel Beckett
124 pages, éditions de Minuit, à 6,90€
Résumé : L’attente comprend deux phases, l’ennui et l’angoisse. La pièce comprend donc deux actes, l’un grotesque, l’autre grave. Préoccupé de peu de choses hormis ses chaussures, la perspective de se pendre au seul arbre qui rompt la monotonie du paysage et Vladimir, son compagnon d’infortune, Estragon attend. Il attend Godot comme un sauveur. Mais pas plus que Vladimir, il ne connaît Godot. Aucun ne sait au juste de quoi ce mystérieux personnage doit les sauver, si ce n’est peut-être, justement, de l’horrible attente. Liés par un étrange rapport de force et de tendresse, ils se haranguent l’un et l’autre et s’affublent de surnoms ridicules. Outre que ces diminutifs suggèrent que Godot pourrait bien être une synthèse qui ne se réalisera qu’au prix d’un anéantissement, Didi et Gogo portent en leur sein la répétition, tout comme le discours de Lucky, disque rayé qui figure le piétinement incessant auquel se réduit toute tentative de production de sens.
Extraits : « ESTRAGON : Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent. »
« VLADIMIR : Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
ESTRAGON : On attend.
VLADIMIR : Oui, mais en attendant ?
« 

Mon avis : Dernière pièce de théâtre de Samuel Beckett que je vais chroniquer avant pas mal de temps. En attendant Godot est l’oeuvre de l’auteur la plus connue au sens littéraire, et la plus représentée sur scène parmi toutes ses oeuvres. Bien qu’elle ait été très originale (une habitude chez Samuel Beckett), ce n’est pas celle que j’ai le plus apprécié.

Tout comme dans Oh les beaux jours et/ou Fin de Partie, on retrouve l’inimitable thématique du temps qui passe, insoutenable, régulier, sans issu. Les deux comparses, Estragon et Vladimir, attendent chaque jour inlassablement l’arrivée de monsieur Godot… en vain. Un jeune enfant vient, comme de coutume, les prévenir qu’il ne viendra pas, mais qu’ils peuvent repasser le lendemain. Le temps semble infini, les personnages sont englués dans des habitudes massacrantes, qui les oblige à reproduire les mêmes gestes, à répéter les mêmes, continuellement.
Comme dans Oh les beaux jours avec Winnie qui monologue sans discontinuer pour ne pas sombrer dans le gouffre de la mort, Vladimir et Estragon tentent de combler l’attente interminable en parlant de tout et de rien.

L’unique échappatoire, qui donne lieu des scènes loufoques et surprenantes, c’est lors de l’arrivée du mystérieux Pozzo, avec ce qui semble être son serviteur, Lucky. On retrouve alors les conditions de survivances et la relation sadomasochiste déjà présente dans Fin de Partie avec Hamm entièrement dépendant de son serviteur Clov. Encore en parallèle avec cette même pièce, dans laquelle les parents de Hamm étaient enfermés dans une poubelle, on peut discerner dans En attendant Godot une déshumanisation des personnages, notamment de Lucky, abaissé à un rang d’être sauvage et primitif.

Dans cette pièce, pourtant représentée en extérieur, à en croire l’arbre présent sur scène – l’un des seuls éléments du décor -, le lecteur se sent comme enfermé dans un huis-clos étouffant.

En attendant Godot est assez complet, dans le sens où il reprend les grandes thématiques des ouvrages précédents de Samuel Beckett. Toujours aussi original, l’histoire, si l’on peut la qualifier ainsi, offre des analyses modernes et inédites concernant les comportements humains et l’esprit de société. Un livre aisé à lire, où il faut faire néanmoins preuve d’imagination pour accéder aux pensées qu’a voulu formuler l’auteur.

Ma note : 7/10