Plus drôle que toi !


Plus drôle que toi ! de Rebecca Elliott
390 pages, éditions Gallimard jeunesse, à 17,90€


Résumé : Mon truc, c’est de faire rire les gens. Je ne connais rien de plus satisfaisant -à part peut-être manger du chocolat. Ce que je vais vous raconter ici, c’est comment ma vie, cette accumulation de petits désastres et de grosses bourdes, a pris un tour inattendu le jour du spectacle du lycée, quand j’ai découvert que cette bombe atomique de Leo Jackson partage ma passion pour le stand-up. Enfin, on la partagerait si on était amis.


Extraits« Nous n’avons jamais des céréales de marque, seulement les marques des supermarchés, mais maman jure qu’elles proviennent exactement des mêmes usines, sauf que les premières sont conditionnées dans de jolies boîtes pour les gens riches et bêtes et les autres, dans de moins jolies boîtes pour les gens pauvres et intelligents.« 

« Car lorsqu’on trouve quelque chose de drôle dans ce monde si sérieux et plein de malheur et de méchanceté, c’est comme découvrir un diamant dans une grotte remplie de détritus : c’est précieux. Peut-être plus précieux que n’importe quoi d’autre. »


Mon avis : Haylah, que tout le monde surnomme Truie à cause de son surpoids, est une jeune lycéenne qui rêve de devenir humoriste. Elle ne vit que pour le stand-up, mais redoute de se produire sur scène devant un public, par peur de subir une trop grande humiliation si personne ne riait à ses blagues. Quand elle apprend que Léo, le beau gosse du lycée, est lui aussi passionné de stand-up mais ose monter sur les planches, Haylah est immédiatement fascinée par le jeune homme. Elle tente de s’en rapprocher discrètement, en glissant notamment quelques-unes de ses propres blagues dans le casier de Léo, en espérant qu’il les apprécie et les utilise dans son prochain spectacle. Mais les deux meilleures copines de la jeune lycéenne, Chloé et Kas, tempèrent ses ardeurs : Léo est un garçon inaccessible, populaire, incroyablement beau, qui ne s’intéresserait jamais à elle. Haylah, blessée, décide de faire fi de ces recommandations et continue de se rapprocher dangereusement de Léo.

Ce roman jeunesse aborde des thématiques variées, totalement ancrées dans l’ère du temps. Il y a d’abord tout ce pan des stéréotypes, des préjugés, du culte de l’apparence et de la normalité. Haylah, de part ses formes généreuses, se détache du reste des autres femmes, certainement plus minces qu’elle. Au début touchée par les remarques mal placées, la jeune fille a dressé un bouclier protecteur autour de son coeur et va même au-devant des critiques, autorisant et incitant ses camarades à la surnommer « Truie ». Un surnom péjoratif, totalement dévalorisant, qui m’a passablement agacé durant l’ensemble de ma lecture. Je pense que c’était l’effet escompté par l’auteure : chercher à choquer son public pour le faire réagir. Truie/Haylah a une estime d’elle-même très faible, qu’elle arrive à contrebalancer habilement avec une autodérision poussée. Car il faut se l’avouer, au collège comme au lycée, les élèves sont souvent méchants les uns envers les autres, jugeant trop rapidement ceux qui ont tendance à sortir du moule. Il est impératif de se blinder contre les attaques, au risque de sombrer dans un cas de dépression profonde.

Malgré les avis contraires, les obstacles et les personnes qui se dressent sur son chemin, Haylah ne se laisse pas démonter et poursuit coûte que coûte son rêve ultime : devenir humoriste. Elle compile quotidiennement des blagues dans un carnet, qu’elle emprunte souvent à son petit frère Noah, un garçon plein d’énergie, souriant et bon vivant, qui inspire souvent la jeune fille. Certaines blagues sont très amusantes, contrairement à d’autres ; mais lire des histoires drôles n’est pas pareil que de les voir interprétées en vrai, avec l’intonation et la gestuelle adaptée. À l’image de sa protagoniste, Rebecca Elliott a eu l’audace d’oser, quitte à subir une humiliation publique. J’admire cette prise de risque !

Bien que les sujets traités dans Plus drôle que toi ! soient d’actualité et forcément enrichissants pour l’ensemble des jeunes lecteurs, qui peuvent prendre conscience de certaines choses importantes sur notre société ; je me suis passablement ennuyée durant ma lecture. Il me manquait peut-être un peu plus d’émotions de la part des personnages, un rythme plus soutenu, pourquoi pas des blagues plus récurrentes. La première partie était longue à se mettre en place, tandis que la seconde rattrape le niveau, avec des blagues plus fréquentes et un rythme plus élevé. J’aurais aimé ne pas percevoir ce déséquilibre dans la narration, garder une fréquence rythmique continue, qui m’aurait tenue en haleine jusqu’au dénouement final.


Un roman jeunesse intéressant, qui donne à réfléchir sur des thématiques sociétales actuelles : les diktats de l’apparence, les stéréotypes, les critiques sur la beauté… le tout couplé avec beaucoup d’humour et de légèreté. J’ai bien aimé !

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-07-513341-8
Traduction : Faustina Fiore

Le courage d’une soeur


Le courage d’une soeur de Kitty Neale
384 pages, éditions l’Archipel, à 21€


Résumé : 1948. Sarah vit avec sa mère alcoolique qui se prostitue dans un quartier pauvre de Londres. Quand celle-ci accouche d’un petit garçon, elle demande à sa fille de 13 ans de se débarrasser du nourrisson. Mais Sarah ne peut s’y résoudre et décide d’élever son petit frère, qu’elle a elle-même prénommé Tommy.

Cinq ans ont passé. Sarah et Tommy n’ont d’autre choix que de fuir pour échapper aux violences de leur mère. Par chance, ils font la rencontre de George, un jeune homme de 21 ans, qui vend des fripes sur les marchés et se sent touché par la détresse de Sarah.

Il tombe aussitôt amoureux d’elle et lui trouve du travail. Mais, si Sarah éprouve de l’amitié pour lui, elle n’a d’yeux que pour Roger, l’ami de George. Lorsqu’un drame survient, seul l’un d’eux saura l’aider. Celui à qui elle ouvrira son cœur…


Extraits : « Je suis désolé, ma grande. On ne peut rien y faire. La mort fait partie de la vie et elle n’épargne aucun de nous. »

« – Ma soeur, elle est comme une glace, dit le garçon.
– C’est-à-dire ?
– Eh ben, comme ça, elle a l’air froide, mais en vrai elle est toute douce, et moi j’adore les glaces. »


Mon avis : Je ne m’attendais pas à apprécier autant ce livre. Et pourtant, j’en ressors totalement conquise, comblée, mais surtout très émue. Car le sujet est difficile. L’histoire se passe en 1948, à l’orée de la guerre, dans un quartier pauvre de Londres. Sarah vit avec sa mère, prostituée et alcoolique, dans un vieux taudis. Cette dernière vient de donner naissance à un petit garçon, prénommé Tommy, que Sarah prend immédiatement sous son aile. Assaillis par la violence de leur mère, ils sont chassés de leur propre maison et se retrouve à la rue. Sarah élève donc seule Tommy, elle se saigne pour lui prodiguer tous les soins dont il a besoin, le nourrit et l’éduque comme son propre fils… Heureusement, un beau jour, la chance lui sourit : elle fait la connaissance de Georges, un jeune homme, vendeur de fripes sur les marchés, mutilé de guerre, qui tombe immédiatement amoureux d’elle. Malheureusement, Sarah n’éprouve que de l’amitié pour lui et s’éprend plutôt de son collègue, le beau Roger. Georges va quand même être d’un grand secours auprès de Sarah, en la soutenant et l’aidant quotidiennement, afin de lui rendre la vie meilleure.

Je suis particulièrement admirative du courage de Sarah, une adolescente dans la fleur de l’âge, qui a du grandir bien plus vite que ce qu’exigeait son jeune âge. Elle a fait preuve d’un courage exemplaire, d’une maturité exceptionnelle, d’une force d’esprit et de décisions tout à fait honorable. Le lien qui unit Sarah et son petit frère Tommy est remarquable. Bien que frère et soeur, il en ressort une forme d’amour maternel entre eux deux, Tommy n’hésitant pas à appeler Sarah « maman ».

Quant au personnage de Georges, il m’a profondément ému. C’est un jeune homme qui n’a pas eu de chance dans la vie, puisqu’il a été défiguré suite à un incendie. Malgré ça, il continue à vivre sa vie normalement, se montrant serviable, attentionné, doté d’une gentillesse à toute épreuve, que ce soit avec ses proches, ou avec d’autres personnes qu’il ne connaît ni d’Ève ni d’Adam. Il voue un amour pur et sincère envers Sarah, qui, malheureusement, ne partage pas ses sentiments. J’ai été désolée de cet amour à sens unique, peinée pour Georges, mais admirative de voir le jeune homme continue d’épauler la jeune femme, malgré ses nombreux rejets. La maman de Georges, Lena, sera également d’une grande aide à Sarah, l’aimant comme sa propre fille, la protégeant et lui offrant un emploi, pour pourvoir à ses besoins et à ceux de son petit frère. Il n’y a pas à dire : cette famille a le coeur sur la main !

Kitty Neale aborde tout un pan de sujets divers : la prostitution, l’alcoolisme, l’abandon, l’éducation, la famille, l’amour (maternel et sentimental), l’amitié, le deuil… de façon légère et détachée. L’histoire est aérienne, l’atmosphère n’est pas pesante, bien au contraire, on ressent une certaine  douceur dans l’écriture, une tendresse, qui n’enlève en rien le sentiment de force qui se dégage des personnalités de nos héros. Les traits de ces derniers sont parfaitement développés ; ils sont dotés d’une profondeur qui les rend particulièrement attachants et uniques. L’auteure a fait un très bon travail de fond, soignant ses personnages aussi bien que son histoire : j’applaudis !


Une histoire touchante, d’amour, d’amitié, de courage, de ténacité, qui m’a profondément émue. Malgré la tristesse et les désillusions, l’espoir renaît toujours : la vie de Sarah en est un bel exemple.

Ma note : 8,5/10

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ISBN : 978-2-8098-4119-0
Traduction : Martine Desoille

Un mur entre nous


Un mur entre nous de Caroline Corcoran
430 pages, éditions Hauteville suspense, à 8,20€


Résumé : « Ils ignorent de quoi je suis capable, tous autant qu’ils sont. Ils ignorent jusqu’à mon véritable nom. Ils ignorent qui est la personne qu’ils ont devant eux. Ils ignorent ce que je cache tout au fond de moi et ce que j’ai fait, il y a presque trois ans, quand ils ne me connaissaient pas encore. » Lexie et Tom vivent à Londres dans un charmant appartement dans lequel ils espèrent accueillir un enfant. Mais récemment, il semblerait que quelqu’un s’introduise en leur absence dans leur petit nid d’amour. Un livre déplacé, une armoire ouverte, le double des clés qui disparaît… Tom est convaincu que sa compagne se fait des idées. Ces derniers temps, elle est à cran. Mais Lexie n’a pas le moindre doute : quelqu’un surveille ses moindres faits et gestes. Quelqu’un lui veut du mal. Est-il encore temps d’éviter le pire ?


Extraits : « – Je suis célibataire.
Oh, ça oui, je suis on ne peut plus célibataire… Célibataire et malheureuse de l’être. Je ne m’aime pas. Je n’apprécie pas ma propre compagnie. Seule, je me sens décalée, inadaptée, incapable de prendre la bonne décision. Il me faudrait un alter ego pour atténuer mon être à cinquante pour cent. J’ai besoin qu’on me dilue, comme un sirop. »

« En tout cas, même si je n’ai pas à me plaindre, j’ai tendance à regarder ce qu’ont les autres et à le vouloir aussi. Ça, c’est tout moi. Mais peut-être qu’au fond tout le monde fonctionne ainsi. »


Mon avis : Dans un immeuble tranquille du centre de Londres, vivent Lexie et son compagnon Tom, des trentenaires à la vie posée, qui tentent désespérément d’avoir un enfant. Lexie est à cran, le moral plombé, elle en veut à la terre entière et particulièrement à Harriet, sa voisine, à qui tout semble sourire. Harriet habite de l’autre côté du mur ; un mur si fin que chaque son est amplifiée. C’est une jeune trentenaire célibataire, à la vie rythmée, trépidante… mais illusoire. Car Harriet, bien qu’heureuse en surface, est en fait en proie à une dépression post-rupture qui la ronge depuis de nombreuses années. Tout comme sa voisine, elle idéalise la vie rêvée de Lexie à travers le mur de son appartement. Chacune souhaite vivre la vie de l’autre, sans savoir qu’elles vivent chacune, à leur façon, un enfer personnel.

C’est un thriller psychologique glaçant que nous livre Caroline Corcoran. On se retrouve face à deux protagonistes que tout oppose, qui vont donner leur point de vue à tour de rôle via une alternance de chapitres. Le scénario est original, il nous fait tressaillir, tant il est empreint de réalisme : cela peut aisément nous arriver à nous aussi.

On découvre au fil des pages la psychologie des deux femmes. L’une, Harriet, est celle qui frappe le plus. Jeune femme machiavélique, ouvertement dérangée, souffrant de multiples troubles et traumatismes, qu’elle ne souhaite pas voir guérir. Elle est rusée, prête à tout pour arriver à ses fins, jalouse maladive, obsessionnelle paranoïaque, dépressive, inquiétante. Nous découvrons son histoire au gré du récit et comprenons avec évidence les raisons qui l’ont amenées à devenir la femme qu’elle est aujourd’hui : sa relation passée avec un pervers narcissique et toxique.

Quant à Lexie, c’est un personnage plus effacé, doux, calme, qui se montre quand même convaincante et sûre d’elle. À travers elle, Caroline Corcoran aborde une thématique sensible : le désir maternel ardent. Âgée de plus de 30 ans, elle essaie désespérément de concevoir un enfant avec son compagnon, sans jamais y parvenir. Cette idée la suit, la hante devrais-je dire, durant toutes les secondes de son existence. Une difficulté qui rejaillit invariablement sur son couple, avec des sautes d’humeur constantes, des disputes fréquentes, une routine sexuelle dénuée de désirs. C’est à partir de cette brèche de leur existence que Harriet va tenter de se faufiler pour leur détruire la vie. Le personnage de Lexie se place à l’opposé de la personnalité d’Harriet, puisqu’elle est plus pragmatique, rationnelle et lucide. Néanmoins, malgré leurs caractères disjoints, elles ont quand même de nombreux points communs : un manque de confiance en elles flagrant, une solitude étouffante, des pensées obsessionnelles, une paranoïa évidente. En définitive, le mur de leurs appartements sépare deux femmes différentes, mais semblables. 

Néanmoins, que ce soit aussi bien que l’autre, aucune des deux ne m’a particulièrement parue attachantes. Il restait un grand fossé entre elles et moi, qui n’a pas réussi à être traversé durant ces 430 pages. En sus, bien que ce soit un polar psychologique, dont une histoire focalisée essentiellement sur les personnalités des protagonistes, sur leurs différentes façons de réagir et d’interagir entre eux, il me manquait la dose de suspense minimum que l’on attribue à chaque polar. Aussi, c’est la raison pour laquelle j’ai ressenti une certaine lassitude arrivé à la moitié de l’histoire, qui ne m’a pas quitté jusqu’au rebondissement final ; inattendu et glaçant d’effroi.


Un roman psychologique original et addictif, dont il manque la dose de suspense essentielle à tout bon polar. 

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-38122-187-8
Traduction : Barbara Versini

Qui le sait ?


Qui le sait ? de Lesley Kara
377 pages, éditions Les Escales, à 21,90€


Résumé : Elle pensait pouvoir oublier ses secrets les plus noirs. Elle avait tort. Astrid, ancienne alcoolique, n’a pas touché un verre depuis 192 jours, 7 heures et 15 minutes. Pour fuir son passé douloureux, Astrid a quitté Londres. Elle vit chez sa mère dans une petite station balnéaire et essaie de se reconstruire. Pourtant, malgré les réunions des Alcooliques Anonymes et sa volonté de commencer une nouvelle vie, certains souvenirs continuent de la hanter. Car quelqu’un sait exactement ce que fuit Astrid. Et il n’arrêtera pas de la harceler jusqu’à ce qu’elle apprenne que certaines fautes ne peuvent pas être pardonnées. Pour celles-ci, il faut rendre des comptes… …


Extraits : « Ce n’est pas parce que vous vous imaginez en train de faire quelque chose et que ça vous procure un sentiment de satisfaction que vous avez réellement envie de le faire. Cela ne veut pas dire que vous allez tout mettre en oeuvre pour que le rêve devienne réalité. Loin de là. Pourtant, il arrive aussi que l’inverse se produise, et que vous fassiez quelque chose d’impensable, changeant le cours de votre vie pour toujours. »

« Nos secrets sont le véritable reflet de notre âme. »


Mon avis : Astrid est une jeune trentenaire qui a fuit Londres et ses problèmes passés. Elle s’est réfugiée aux côtés de sa mère, à la campagne et tente progressivement de se reconstruire. Ancienne alcoolique, elle se rend chaque semaine aux réunions des Alcooliques Anonymes, où elle tente de purger ses peines, d’obtenir rédemption et conseils pour ne pas sombrer de nouveau. Là-bas, elle fait la connaissance d’Helen, une femme plus âgée qu’elle, avec qui elle sympathise rapidement. Ensemble, elles se soutiennent dans leur combat contre l’alcool et s’ouvrent librement l’une à l’autre sur leurs histoires passées.

Qui le sait ? est un thriller psychologique qui place Astrid, notre protagoniste sur le devant de la scène. Elle se débat avec ses démons intérieurs, notamment avec son souvenir de Simon, son ex-petit ami. Nous ne savons pas avec certitude ce qui est arrivé à Simon ; seulement, c’est un drame assez intense pour qu’Astrid en subisse encore des séquelles plusieurs années après. La jeune femme se retrouve même poursuivie et harcelée presque quotidiennement par un mystérieux corbeau, qui vient jusque chez elle lui proférer des menaces. On ressent clairement qu’elle est en danger ; en ce sens, l’auteure nous maintient en haleine durant l’ensemble de l’histoire, avec un suspense grandissant qui entoure à la fois Astrid, jeune femme mystérieuse, sombre, déracinée et complexe à décortiquer, mais aussi autour du personnage de Simon, que nous ne faisons qu’apercevoir de temps à autre. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi avoir mis fin à leur histoire ?

Le sujet principal : l’addiction à l’alcool. En abordant cette thématique, Lesley Kara sensibilise à la dépendance, aux conséquences qui en découlent, mais aussi aux solutions qui existent pour s’en sortir. Le chemin est souvent long, semé d’embûches, mais il est nécessaire pour aller mieux, pour soi d’abord, mais aussi pour ses proches. Astrid en est pleinement consciente et multiplie les efforts pour mener à la rédemption. Le tout est d’être soutenu par son entourage et d’avoir la volonté et le mental de vouloir réellement s’en sortir.

Bien qu’haletant, j’ai trouvé le récit assez creux, avec un manque profond de substance à se mettre sous la dent. C’est clairement un thriller psychologique, qui nous fait pénétrer dans les cas de conscience d’Astrid, d’où le manque d’actions significatifs. Seul le dénouement apporte son lot de rebondissements, avec un rythme qui s’accélère, pour une fin en apothéose. Je pense que personne n’aurait pu prédire cette fin, tant elle est alambiquée, inattendue et sans doute un peu trop incohérente avec l’histoire globale. Un peu trop tirée par les cheveux, dirais-je, invraisemblable, on y croit pas forcément, mais elle n’en reste pas moins agréable à lire.


Un thriller psychologique bien mené, qui s’appuie sur l’expérience personnelle intérieure d’Astrid, la protagoniste, pour sensibiliser au sujet difficile de l’alcoolisme. Malgré une fin invraisemblable, j’ai apprécié découvrir ce livre.

Ma note : 6/10

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ISBN : 978-2-36569-533-6
Traduction : Clara Gourgon

Christmas pudding


Christmas pudding de Agatha Christie
249 pages, éditions Le Livre de Poche, à 5,20€


Résumé : Christmas Pudding, Le Souffre-douleur, Le Policeman vous dit l’heure : trois nouvelles parmi d’autres, trois facettes de l’ingéniosité et du talent d’Agatha Christie. Où dissimuler, un soir de Noël, un rubis – gros comme un bouchon de carafe – dérobé à un prince oriental ? Quelle foi ajouter à l’intuition de cette lady qui prétend savoir, contre toute vraisemblance, qui est l’assassin de son mari ? Comment mettre un crime dans un jardin, alors qu’on vous a enfermé à double tour dans votre chambre ? Hercule Poirot et Miss Marple ont réponse à tout…


Extraits : « – Je ne réussis pas toujours.
Ce n’était que fausse modestie. Il était clair, au ton de voix de Poirot, que pour lui, entreprendre une mission était presque synonyme de ma réussir. »

« Ah ! les femmes, marmonna Poirot en se réadossant à son fauteuil. Elles se plaisent à penser que l’intuition est une arme spéciale dont le bon Dieu les a dotées et qui leur fait découvrir à tout coup la vérité, mais hélas, neuf fois sur dix, elle les fait tomber à côté. »


Mon avis : Je termine Christmas pudding le jour de Noël. C’est un recueil de six nouvelles qui, je le pensais, traitaient exclusivement de la période festive qui entoure Noël. Malheureusement, à part la première, dont le titre est éloquent « Christmas pudding », les autres, « Le Mystère du bahut espagnol », « Le Souffre-douleur » ou encore « Le mort avait les dents blanches », n’ont aucun lien avec Noël. Passée cette première déception, j’ai quand même pris énormément de plaisir à retrouver Hercule Poirot et Miss Marple dans six nouvelles policières intrigantes, parfois amusantes, mais toujours finement menées. 

Dans Christmas pudding, nous sommes en plein coeur d’un réveillon de Noël, en pleine campagne anglaise, où Hercule Poirot devra percer une énigme à plusieurs millions d’euros. Une histoire bien menée, mais un dénouement prévisible. Dans la deuxième nouvelle, Le Mystère du bahut espagnol, l’une des plus longues du recueil et certainement l’une de mes préférées également, un homme est retrouvé mort dans un bahut (sorte de grande caisse de voyage). Hercule Poirot va faire preuve d’ingéniosité pour éclaircir cette énigme bien sombre. Troisième nouvelle : Le souffre-douleur, dans lequel une femme fait appelle à Hercule Poirot pour tirer au clair la mort de son mari. Une nouvelle assez quelconque au final, qui ne m’a pas laissée d’images particulières. Dans La mort avait les dents blanches, un homme, habitué d’un restaurant, meurt subitement en changeant ses habitudes culinaires. Une nouvelle qui avait du potentiel, mais que j’ai trouvé trop vite expédiée par rapport aux autres : nous n’avons pas le temps de savourer l’histoire qu’elle se termine déjà. L’avant-dernière nouvelle, la dernière dans laquelle apparaît Hercule Poirot, intitulée Le Rêve, met en scène un homme, qui rêve chaque jour qu’il se suicide en plein coeur de la nuit… jusqu’à ce que la scène ait véritablement lieu. Concise et originale, mais trop courte à mon goût ! Enfin, la dernière nouvelle du recueil est menée par Miss Marple : dans Le policeman vous dit l’heure, elle est confrontée à un meurtre devant deux témoins impuissants. L’histoire paraît simple, mais la chute est surprenante ! 

Comme à son habitude, Agatha Christie nous réserve des dénouements époustouflants, à milles lieux de tout ce que l’on aurait pu s’imaginer. Les nouvelles sont agréables à lire, mais très courtes… voire trop courtes en ce qui me concerne ! J’ai eu comme l’impression que l’auteure voulait vite expédier ses histoires, en nous livrant quelques lignes du récit initial et en embrayant presque immédiatement sur la chute tant attendue. Car, véritablement, c’est bien là tout l’attrait de ses polars : un dénouement qui déjoue tous les codes, qui surprend, qui nous fait douter de tout. Hormis la chute, les nouvelles manquent de saveur et de consistance. Elles sont rapidement lues et tout aussi vite oubliées ! 


Suivez Hercule Poirot et Miss Marple dans de nouvelles enquêtes psychologiques surprenantes. Un recueil de nouvelles agréables, qui se lit rapidement, mais qui s’oublie tout aussi vite.  

Ma note : 5,5/10

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ISBN : 978-2-253-04305-8
Traduction : J. M. Alamagny