Platon la Gaffe – Survivre au travail avec les philosophes

Platon la Gaffe – Survivre au travail avec les philosophes de Jul et Charles Pépin
92 pages, éditions Dargaud

 

Résumé : Kevin Platon va faire son stage d’observation de 3è dans une entreprise de Communication : la COGITOP… La devise de la boîte c’est « Un service, des cerveaux »… et pour cause : tous les employés sont des philosophes célèbres !De Nietzsche le DRH à Foucault, responsable de la vidéosurveillance, de Thérèse d’Avila secrétaire de Direction à Montaigne en période d’Essais, notre stagiaire va découvrir le monde du travail version philo. Jul et Charles Pépin nous offrent un véritable manuel pratique de la vie de bureau. Avec cet album, vous n’irez plus jamais travailler de la même façon !

Extraits : « Sous couvert de briser le format du bureau traditionnel et de créer une atmosphère de convivialité, l’open space impose en entreprise une forme de totalitarisme. »
« Les tyrans sont grands parce que, agenouillés, nous les voyons comme grands. Si nous nous relevons, ils tombent. Si nous cessons de fantasmer leur grandeur, ils la perdent. »

Mon avis : Quel régal, quel plaisir… que dis-je, un vrai délice ! Combiner philosophie, temps reculés, références intelligibles et intelligentes pour un minimum de culture philosophique avec des moments réalistes du travail au XXIème siècle, et de l’humour, auriez-vous cru que tout cela puisse s’assembler un jour ? Eh bien, Jul, sacré dessinateur, à la pointe endiablé, accompagné de son fidèle Charles Pépin au style si particulier, l’ont fait : dans un album tirant sur la bande-dessinée humoristique, ils narrent les grands fondements du monde du travail en intérim, avec en prime, un choix singulier de personnages : des grands philosophes ayant marqués l’histoire.

Si insensé soit-il, cet amalgame de thèmes, aux paroxysmes les uns des autres, forme pourtant un cocktail détonnant, moderne et animé, pour un effet fulminant, explosif, à la limite de la perfection tant recherchée dans les albums.
Il faut dire que ce genre de livre n’est pas banal.

Usant d’ingéniosité, les deux compères Jul et Charles Pépin ont mis en pratique leurs facilités pour donner aux lecteurs une masse de données plus compréhensibles, à la portée de chacun, pour les goûts les plus ardus. Décryptant parfaitement les conditions de travail des employés modernes, Charles Pépin y ajoute une analyse toute personnelle, une critique intime agrémentée de références philosophiques camouflée, et d’une large dose d’humour. Pour couronner le tout, Jul donne vie aux philosophes, en les représentant dans des caricatures invraisemblables, à l’orée de la vulgarisation, avec toujours, une attache à la réalité.

Je puis dire que ce livre m’a surprise, il m’a étonnée autant qu’il m’a appris. Le plaisir que j’ai pris à la lire m’a totalement fait oublier la difficulté et l’ennuie avec lequel je suis confronté en cours de philosophie. Ces deux messieurs ont le don de rendre attrayant ce qui ne l’est pas de base, un bon point dans un monde qui vire à l’extrême fainéantise. Les bases acquises en cours ont pu être mise en pratique ; retrouvant Socrate, Héraclite, Platon, Montaigne et ses essais, et d’autres grands auteurs français du XVIIIième siècle, dépendant du siècle des Lumières et philosophes à leurs heures perdues tels Jean-Jacques Rousseau et ses Rêveries du promeneur solitaire, ou son Contrat social, bien accompagné par Voltaire et son Candide. Que de belles références qui mériteraient une attention particulière, beaucoup plus assidue et approfondie de notre part, nous, pauvres lecteurs noyés dans ce flot d’informations.

Inutile de dire qu’une deuxième lecture est fortement conseillée, voire obligatoire pour les amateurs, pour acérer les renseignements, et permettre de repérer les détails qui ont manqués lors de notre première lecture.

En plus d’être fortement intéressant, ce livre est désopilant, tout en sachant garder une part des pieds sur terre. Je suis profondément épatée par cet album, en admiration devant tant de travail, de recherche et d’idées, qui forment, je le répète, un formidable mélange qui détonne.

 

Ma note : 9/10
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Les enfants de la liberté

Les enfants de la liberté d’Alain Grand (et Marc Lévy)

162 pages, éditions Casterman, à 20€
Résumé : « Nous avions si vite perdu la guerre… De Londres un général lançait un appel à la résistance, tandis que Pétain signait la reddition de tous nos espoirs. Ce 21 mars 1943, j’ai dix-huit ans et j’ai enfin un tuyau pour entrer en contact avec la résistance. Il n’y a pas dix minutes, je m’appelais encore Raymond. À présent, je m’appelle Jeannot. Jeannot sans nom. »

Ils s’appelaient Raymond, Claude, Charles, Émile, Boris, Jan, Catherine, Damira, Sophie ou Osna. C’est l’histoire vraie de ces enfants de l’Occupation devenus trop vite adultes. C’est l’histoire de leur engagement dans la résistance toulousaine.

Extraits : « Je me souviens que le mot « étranger » est une des plus belles promesses du monde, une promesse en couleur ou la diversité des hommes est belle, belle comme la Liberté. »
« On n’oublie jamais le visage de quelqu’un sur qui on va tirer… même pour un salaud. »

Mon avis : Après avoir lu le roman original de Marc Lévy, Les enfants de la liberté, il y a quelques années, c’est avec un réel plaisir que je me replonge dans cette poignante histoire.
Je n’avais que très peu de souvenirs du récit décrit dans le roman, mais en débutant cette incroyable BD, je me suis immédiatement rappelé des événements bouleversants qui s’y passaient.

L’histoire se déroule dans les années 40, en pleine Guerre Mondiale, à la veille des déportations juives. On y découvre de jeunes adultes, des enfants encore pour certains, qui ont du se résoudre à s’engager dans la Résistance. Ils se sont regroupés au sein de la 35ème brigade, et ensemble, ils vont essayer de combattre les troupes nazis, pour enfin tenter de récupérer leur liberté.

Le livre, tout comme cette BD, se découpe en trois parties bien distinctes. La première concerne la brigade en elle-même ; on y découvre les différents personnages, et on les suit dans les actions de résistance qu’ils entreprennent. La seconde partie commence à se dégrader, quand on se rend compte que le réseau Résistant a été démantelé, et que la quasi-totalité de ses membres se retrouvent emprisonnés, ou pire, tués. Et pour couronner le tout, l’ultime partie, la plus horrible, concerne le transport des prisonniers juifs dans le « train fantôme » et les conditions dans lesquelles ils ont du survivre.

Ce dont vous n’avez pas connaissance, c’est que l’histoire racontée telle qu’elle, s’est réellement déroulée. Et le plus monstrueux, c’est que deux des personnages qui y sont décrits, ne sont autre que le père de l’auteur, ainsi que son oncle, qui, tous deux, étaient des juifs, qui ont intégrés la 35ème brigade puis ont été arrêtés pour finir par être déportés, comme nous l’explique si bien Marc Lévy.
De nos jours, il existe tellement de livres qui traitent de la Seconde Guerre Mondiale, que ça en devient lassant. Mais celui-ci, de part le fait qu’il soit écrit par le fils d’un des rescapés juifs, un écrivain mondialement connu de surcroît, rend ce roman beaucoup plus émouvant.

Dans cette BD, tout le roman de Marc Lévy y est parfaitement retranscrit, abrégé, si je puis dire. L’avantage, c’est que l’on peut enfin mettre un pseudo-visage sur ces vaillants personnages. Ils nous deviennent rapidement sympathiques et attachants, et c’est pour cette raison que leur cruelle destinée ne peut nous laisser indifférent.
Alain Grand a accordé les années du récit au style de ses planches. Il n’use pas d’innombrables couleurs, mais utilise plutôt des teintes neutres, pour bien marquer la différence de siècle et les atrocités qui s’y passaient.

On dit que les mots sont forts, mais les dessins le sont tout autant. A travers ses succulentes représentations, l’histoire ne peut que toucher davantage le lecteur. On se rend véritablement compte de la teneur des événements, des atrocités et des conséquences de cette épouvantable guerre.
Pour ajouter à la véracité de l’histoire contée, de nombreux documents datant des années noires se situent à la fin de cette BD. Entre témoignages, pièces ayant appartenu à des déportés juifs ou à des résistants, toutes ces archives ne sont plus que des survivances des victimes tragiques de la Seconde Guerre mondiale.

Ces deux grands hommes ont su retracer une triste réalité, qui date maintenant de plus de 70 ans. Ils perpétuent le souvenir des Résistants, qui ont combattus pour la France, pour la libération de la France, et pour leur propre liberté individuelle. Ils ont fait preuve d’un immense courage, et quantités de sacrifices.

Le roman de Marc Lévy ou la BD d’Alain Grand retrace la même histoire, aussi bouleversante l’une que l’autre. Seulement, la vision n’est pas la même, et les détails diffèrent. Dans tous les cas, je vous conseille ces deux ouvrages, qui traitent admirablement bien des conditions de Résistants des français durant l’Occupation.

Ma note : 9/10

Le chat passe à table

Le chat passe à table de Philippe Geluck
182 pages, éditions Casterman, à 17,95€
Résumé : -Le chat, le retour du chat, la vengeance du chat, le quatrième chat, le chat au congo, ma langue au chat, le chat à Malibu, le chat 1999,9999, l’avenir du chat, le chat est content, l’affaire le chat, et vous, cha va ? le chat a encore frappé, la marque du chat, et… euh une vie de chat, le chat acte XVI, le chat erectus, le chat sapiens, la bible selon le chat… et c’est tout.
-Tiens, tiens ! Alors, selon toi, c’est tout ? Tu n’oublierais pas les encyclopédies, ou les livres de texte ?
– Ah oui ! Le docteur G répond à vos questions, le docteur G fait le point, cher docteur G, oh toi le belge, ta gueule Geluck se lâche, Geluck enfonce le clou… Il y a peut-être encore autre chose, mais je…
-Un petit coup de code-barres va lui rafraîchir la mémoire !
– Pas de violence les gars ! Je propose qu’on aille vérifier tout ça sur http://www.geluck.com
Extraits : « Mon beau-frère n’a qu’un défaut. C’est de n’avoir aucune qualité. »
« L’optimiste voit le verre à moitié plein. Le pessimiste voit le verre à moitié vide. Et aucun de ces deux cons ne se demande pourquoi on ne leur sert que des demi-verres.« 

Mon avis : Sans grande surprise, Philippe Geluck m’a une nouvelle fois charmée. Son répertoire de blagues est renouvellé quotidiennement, pas de redondances dans ses sketchs, ni de lourdeurs au fil des pages, tout semble neuf à chaque fois, frais et paré pour nous faire nous exclaffez de rire une nouvelle fois.

Le dernier album humoristique de Philippe Geluck ciblait un thème en particulier, la religion, dans La Bible selon le Chat. Cette fois-ci, sans tabler de grand titre accrocheur, Le chat passe à table reste assez vague concernant l’idée première qu’il veut exploiter. Rien n’indique le sujet premier du live ; le titre pouvant être pris au premier degré comme au second, ou même sous forme de polysémie. Mais la seule vue du chat, si connu dans le milieu de l’humour, peut suffire à un lecteur pour acheter le coffret sans chercher plus loin.

Car oui, l’auteur revient en force avec un coffret contenant deux petits livres pour bien plus de blagues. En exclusivité, il offre également un journal du Chat, fait exceptionnel et novateur, qui en séduira plus d’un. Pour ma part, je pense que le prix est abordable compte tenu de l’ampleur du coffret, et de son contenu.

Comme d’habitude, j’ai ri à de nombreuses reprises, j’ai été surprise par certains blagues, décontenancée par d’autres… Bref, Philippe Geluck joue sur les émotions du lecteur tout en lui donnant à lire et à voir des choses distrayantes, qui lui feront oublier jusqu’à l’endroit où il se trouve.
Je parle souvent des blagues de l’auteur, mais j’en oublie d’énumérer son talent de dessinateur. Cet humour ne pourrait pas être ce qu’il est sans les splendides dessins qui illustrent pleinement le gag mis en scène. Les expressions faciales du chat, notamment son état stoïque face à certaines paroles, me font encore plus marrer : voir le protagoniste rester de marbre face à l’absurdité des faits et gestes, à l’idiotie de certaines bulles, ne peut que faire rire.

Le Chat passe à table est un tout, parfaitement organisé, bien dessiné, novateur, moderne et incroyablement amusant. A n’en point douter, cet auteur Belge est un incontournable du milieu de la bande dessinée humoristique, adoré par ses fans, qui en redemandent toujours plus. D’ailleurs, à quand le prochain volume ?

Ma note : 7,5/10

La bible selon le chat

La Bible selon le Chat de Philippe Geluck.
112 pages, éditions Casterman, à 14,95€

 

Résumé : Avec sa Bible, Le Chat tient sa promesse de nous faire tordre de rire tant il arrive à débusquer le grotesque jusque dans les moments les plus émouvants de nos origines communes.

La Bible selon Le Chat répond à toutes les questions que se posent les humains depuis la nuit des temps. Fini le doute, voici la lumière. Avec cet album, la communauté des hommes va enfin comprendre pourquoi il était vain de s’entre-massacrer depuis tant d’années.

La vérité sur tout cela, Le Chat nous la révèle dans son onzième commandement (le moins connu, sans doute le plus beau) : « Tu riras de tout, car, vu qu’on va tous crever un jour, seul l’humour te permettra d’avoir un peu de recul sur les vicissitudes de l’existence ».

Extraits : « Et le jour suivant, Dieu créa la femme et lui donna le nom d’Ève. / Dave ? / Non, Ève !  »
« Là-dessus, Dieu ne Bouddah pas son plaisir et s’en Allah car il n’y Yaveh plus rien à ajouter.« 

Mon avis : Notre très célèbre Philippe Geluck est de retour avec son Chat, pour nous faire de nouveau éclater de rire. Il s’attaque désormais à la Bible, en parodiant ses plus grands événements. Divisé en deux livres bien distincts ; le premier « dans lequel Dieu va créer des tas de choses épatantes » et le second « dans lequel Dieu va créer l’homme et la femme avec l’aide de son ami le mouton » ; n’a pas terminé de nous étonner, en positionnant son Chat dans des situations de plus en plus invraisemblables.

Le Chat se glisse subrepticement dans le rôle de Dieu, et va, comme dans la Bible originelle, façonner la création, les premiers hommes, les éléments, les animaux… Tout ça accompagné de son acolyte le mouton, bourré également de second degré, et de sa femme, la Mort, qui va faire de brèves apparitions dans les deux livres.

Bien sur, l’humour est présent dans chaque page. Philippe Geluck use de jeux de mots plus hilarants les uns que les autres, il crée des situations aussi grotesques qu’absurdes, et ironise grandement sur les événements, de façon à les amplifier. L’humour de cet auteur n’est pas pesant, bien au contraire, il est très léger, et se consomme tout seul.

Mais sous ses airs comiques, l’animal protagoniste cache des propos non dénués de sens. On voit que sous ses drôles de réparties, une profonde réflexion y est apposée, ce qui prouve que toute les paroles du Chat sont très étudiées.

Cet auteur belge de bande-dessinée n’a pas fini de faire vivre son Chat : après ce 18ème tome, j’espère découvrir de nouveau notre ami le Chat dans de nouvelles aventures, encore plus exaltantes.

Si vous cherchez un livre loufoque qui puisse égayer votre journée, c’est tout trouvé : Le Chat arrivera à vous amuser, et à vous redonner le sourire en une seule et même réplique ! N’attendez plus.

 

Ma note : 8/10

Moi Président : jusqu’ici tout va bien !

Moi Président : jusqu’ici tout va bien !
de Faro & Marie-Eve Malouines
56 pages, éditions Jungle, à 12,50€

 

Résumé : Une année s’est écoulée et François Hollande n’en finit pas de dévaler la pente de sa côte de popularité. Il ne sait plus à qui se fier. Son Premier ministre est contesté, ses ministres se jalousent… Ses confidents, les fantômes de François Mitterrand et Pierre Bérégovoy sont-ils de bons conseils ? Le président peut-il garder la tête froide et engager sereinement des opérations militaires quand une photo compromettante menace son image ? Jusqu’où Nicolas Sarkozy peut-il aller pour récupérer son fauteuil à l’Élysée ?

Extrait : « Mais… si la main tremble… l’épée manque sa cible. »

Mon avis : Grâce à la Masse Critique organisée par Babelio, j’ai été sélectionnée pour recevoir ce second tome de la série humoristique Moi Président, qui met en scène notre très cher président de la république, François Hollande. Le fait de commencer à lire le second opus sans passer par le premier n’altère en rien la lecture de celui-ci. Les événements sont indépendants ou souvent tirés de la réalité ; c’est pourquoi le lecteur peut aisément se repérer dans la chronologie du récit.

Les dessins sont exceptionnels. Les personnages politiques, très connus et médiatisés sont dessinés avec précisions, reconnaissables entre mille. Faro, comme d’habitude, a fait là un travail d’exception, réalisant des caricatures justes et semblables aux réels personnages. Je félicite ce dessinateur, qui sublime de ses dessins cette BD pauvre en contenu.

Mais cette bande dessinée, bien que sublimée par Faro, ne contient que très peu de choses. Je ne sais pas si Marie-Eve Malouines a voulue mettre en place des dialogues futiles et inutiles pour créer un parallèle avec la politique du protagoniste, mais si cette analyse s’avère véridique, le tour est bien joué. Autrement, les surprises n’en sont pas totalement, le déroulement de l’histoire fait un peu du surplace.

Un bon point pour cette BD reste l’intimité que le lecteur arrive à tisser avec les locaux du président. Plongés entre les murs de l’élysée, on en arrive à découvrir la face cachée de la vie d’Hollande, son quotidien mouvementé – ou pas -, ses (non) agissements… Certains traits de son caractère sont renforcés, d’autres sont mis en valeur ou parodiés avec excellence. L’image même du président reste la même que celle montrée dans les médias, l’authenticité est bien présente.

Quant à l’humour, je l’ai cherché. La tête de François Hollande m’a fait bien rire, certes, mais ça s’arrête là. Vraiment, le point fort de ce livre, c’est bel et bien ses dessins. Une simple image d’Hollande – en train de suer, de trembler, de rougir… -, peut à elle seule déclencher un fou rire chez le lecteur.

L’auteure s’engage dans les plus grands événements présidentiels qui se sont déroulés durant ces dernières années. Des événements souvent plus intimes, branchés potins et amourettes que politiquement corrects. De DSK à Barack Obama, en passant par Valérie Trierweiler ; tout le monde en prend pour son grade, chacun à droit à sa dose de caricature. Bien sûr, une infime connaissance de la vie politique et de ses grands hommes actuels est requise pour bien comprendre ce récit, bien qu’une petite mais très belle biographie de chaque personnage cité dans le texte soit écrite à la fin du livre.

Vous l’aurez compris : j’ai fondu pour les dessins de Faro. Les mises en scène de Marie-Eve Malouines ne sont pas très actives, souvent stables et peu convainquantes. J’ai néanmoins passée un très bon moment de lecture et ai pu m’enrichir de quelques nouvelles connaissances concernant certains hommes politiques.

Ma note : 5,5/10

Jungle fever

Jungle fever de Douglo
48 pages, éditions Dynamite, à 9€

 

Résumé : RESERVE A UN PUBLIC AVERTI

La comtesse est de retour ! Elle n′en a jamais assez, il lui en faut toujours plus ! Ce coup-ci, elle s′aventure dans la jungle africaine, pour s′abandonner toute entière à une partie de chasse à l′homme des plus orgasmiques… Ce n′est pas tout, ce recueil d′histoires courtes vous invite aussi à partager les gémissements d′une veuve nymphomane, la moralité douteuse d′une bonne soeur et le gros pétard d′une cowgirl. Merci Douglo !

Extrait : « Faites-moi sentir le massif gourdin de votre justice, monsieur l’agent ! »

Mon avis : Bande-dessinée pornographique à ne pas mettre entre toutes les mains. Assez violent, cru, Jungle fever peut choquer plus d’une personne.

Tout n’est que question de sexe. L’auteur met en scène des personnages à l’allure choquante – un nain, des religieuses -, et les dessine en plein rapport sexuel.

Dessins passablement bien faits, mais livre inintéressant, qui dégrade l’image de la femme et montre les hommes comme des êtres primitifs, dénués de tout sentiments.

Courte chronique qui se raccroche au peu de contenu que contient ce « bouquin ».

Ma note : 4/10

Pinocchio

Pinocchio
de Carlo Collodi, illustré par Jérémie Almanza
215 pages, éditions Soleil, collection Métamorphose
Résumé : Un monument de la littérature italienne, illustré entre légèreté et noirceur par Jérémie Almanza.
Cette très belle édition inédite traduite par Nathalie Castagné propose une immersion dans un imaginaire où la dualité est mise à l’honneur par l’illustrateur, Jérémie Almanza : personnages cartoonesques et véritables monstres, décors enchanteurs et environnements délétères… Son souhait, faire se côtoyer légèreté et noirceur.
Au coeur de l’Italie, Geppetto – vieillard solitaire – fabrique accidentellement dans un morceau de bois un pantin extraordinaire capable de parler, et dont le nez s’allonge à chaque mensonge…
Il l’appelle Pinocchio.
Extraits :  « On reconnaît tout de suite les mensonges, mon enfant, parce qu’il y en a de deux sortes : il y a les mensonges qui ont les jambes courtes, et les mensonges qui ont le nez long ; les tiens, justement, sont de ceux qui ont le nez long. »
« Mais l’appétit, chez les enfants, a vite fait de s’emballer ; et en effet, en quelques minutes, cet appétit devint une faim, et la faim, en un clin d’oeil, se transforma en une faim de loup, une faim à couper au couteau.« 

Mon avis :  Le très célèbre conte de Pinocchio, que j’ai tant lu et relu dans mon enfance, est ici modernisé et remis au goût du jour grâce aux sublimes illustrations de Jérémie Almanza.

Tout le monde connaît la genèse de Pinocchio : un petit morceau de bois est remis au scultpeur Gepetto, qui va tâcher de réaliser un pantin, qu’il nommera Pinocchio. On connaît tous aussi la particularité de ce petit pantin : à chaque mensonge profané, son nez s’agrandit. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c’est les nombreuses aventures que va vivre ce petit pantin intrépide.

Les nombreuses aventures de ce petit enfant m’a fortement rappelé un livre que j’ai lu récemment : La vie de Lazarillo de Tormès. Ces deux livres ont en commun la jeunesse de leurs protagonistes, la ruse dont ils usent, le grand nombre de virées qu’ils entreprennent et la moralité finale des histoires.

En effet, Pinocchio a ce que l’on peut appeler la bougeotte. Comme tous les enfants, il refuse d’aller à l’école. Comme tous les enfants, il fait preuve d’une grande naïveté qui le desservira. Il va suivre des personnages malhonnêtes qui lui promettre maintes choses, pour finalement tomber dans la désillusion, la solitude et la tristesse.
Mais malgré tout, c’est avec philosophie et bonne humeur que ce petit bonhomme fait sa bonbonne de chemin. Sans jamais se laisser abattre, il fait preuve de courage et de ruse pour toujours se sortir des situations les plus dangereuses auxquelles il fait face.

Ce petit album jeunesse, fait tout aussi bien le plaisir des plus grands. On s’amuse beaucoup des situations extravagantes et loufoques que produit Carlo Collodi. Cet auteur italien arrive à créer toujours une suite inattendue à l’histoire, de sorte que le lecteur ne s’ennuie jamais.
Les magnifiques dessins de Jérémie Almanza participent aussi à l’émerveillement du lecteur. Le petit Pinocchio évolue vraiment sous nos yeux. Un petit en-tête au début de chaque chapitre contribue à résumer le chapitre qui va suivre. Une bonne idée de concept, que j’ai bien aimé – quoique parfois, ma lecture de cet en-tête me gâchée la surprise du chapitre.

Juste pour le magnifique objet-livre, je vous recommande d’acheter Pinocchio. Le travail sur cet ouvrage a dû être fou… la collection Métamorphose a vraiment fait du bon boulot. Puis, pour ceux qui conserveraient une âme d’enfant, ou les adultes ayant soif d’évasion, je vous conseille grandement de vous jeter dessus. Une pure merveille !

Ma note : 9/10