Passion et Patience

Passion et Patience de Rémi Courgeon
40 pages, éditions Milan, à 16,95€

 

Résumé : Gustave Eiffel se lie d’amitié et passe son enfance avec des soeurs jumelles, Passion et Patience. Elles deviendront ses muses et lui inspireront son oeuvre la plus célèbre.

Extraits :  « Imaginez deux petites filles rigoureusement identiques : mêmes yeux couleur réglisse, mêmes cheveux dansant au même rythme, même constellation de grains de beauté, même fossette côté gauche, mêmes dents de lait qui tombaient le même jour, à la même minute. Jumelles parfaites que personne ne confondait, tant leurs caractères étaient opposés. L’une s’appelait Passion, l’autre Patience. »

« Lorsque Passion demanda Gus en mariage (ce qui était impensable à l’époque, venant d’une jeune fille), Gus ne put accepter. C’était déchirant. Son coeur battait double. L’une n’allait pas sans l’autre. »

Mon avis :  Un grand merci au site Babelio, qui m’a permit de découvrir ce fabuleux album jeunesse.

Comme vous pouvez le deviner au vu de la couverture, Passion et Patience, ce sont deux soeurs jumelles, qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau, mais qui sont caractériellement différentes. Elles cultivent des centres d’intérêts différents, elles ne s’habillent pas de la même manière mais ne complètent à merveille. Le lien de la gémellité est ici plus que présent, avec un besoin viscéral d’être avec sa moitié. Depuis leur plus jeune âge, les deux filles sont amies avec Gus, un brave garçon qui va s’insérer dans leur couple durant un moment.

Gus, vous le connaissez sûrement. C’est un ingénieur hors pair, que vous connaissez sans doute sous le nom de Gustave Eiffel, père de la Tour Eiffel. Son enfance avec Passion et Patience va être l’instigatrice de ses plus belles réalisations.

Un grand bravo à Rémi Courgeon pour ce magnifique conte. Il est empli de douceur et pleins d’intelligence et de réflexion. De plus, les dessins sont sublimes. Je me suis noyée parmi les fins traits du dessinateur, qui a su insuffler un souffle de magie sur cette histoire déjà ensorcelante.

Une petite histoire enchanteresse, qui lie histoire fictionnelle et réflexions historiques. Je n’ai qu’un reproche à faire à cet album : c’est que ce fût bien trop court !

Ma note : 8,5/10
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Pinocchio

Pinocchio
de Carlo Collodi, illustré par Jérémie Almanza
215 pages, éditions Soleil, collection Métamorphose
Résumé : Un monument de la littérature italienne, illustré entre légèreté et noirceur par Jérémie Almanza.
Cette très belle édition inédite traduite par Nathalie Castagné propose une immersion dans un imaginaire où la dualité est mise à l’honneur par l’illustrateur, Jérémie Almanza : personnages cartoonesques et véritables monstres, décors enchanteurs et environnements délétères… Son souhait, faire se côtoyer légèreté et noirceur.
Au coeur de l’Italie, Geppetto – vieillard solitaire – fabrique accidentellement dans un morceau de bois un pantin extraordinaire capable de parler, et dont le nez s’allonge à chaque mensonge…
Il l’appelle Pinocchio.
Extraits :  « On reconnaît tout de suite les mensonges, mon enfant, parce qu’il y en a de deux sortes : il y a les mensonges qui ont les jambes courtes, et les mensonges qui ont le nez long ; les tiens, justement, sont de ceux qui ont le nez long. »
« Mais l’appétit, chez les enfants, a vite fait de s’emballer ; et en effet, en quelques minutes, cet appétit devint une faim, et la faim, en un clin d’oeil, se transforma en une faim de loup, une faim à couper au couteau.« 

Mon avis :  Le très célèbre conte de Pinocchio, que j’ai tant lu et relu dans mon enfance, est ici modernisé et remis au goût du jour grâce aux sublimes illustrations de Jérémie Almanza.

Tout le monde connaît la genèse de Pinocchio : un petit morceau de bois est remis au scultpeur Gepetto, qui va tâcher de réaliser un pantin, qu’il nommera Pinocchio. On connaît tous aussi la particularité de ce petit pantin : à chaque mensonge profané, son nez s’agrandit. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c’est les nombreuses aventures que va vivre ce petit pantin intrépide.

Les nombreuses aventures de ce petit enfant m’a fortement rappelé un livre que j’ai lu récemment : La vie de Lazarillo de Tormès. Ces deux livres ont en commun la jeunesse de leurs protagonistes, la ruse dont ils usent, le grand nombre de virées qu’ils entreprennent et la moralité finale des histoires.

En effet, Pinocchio a ce que l’on peut appeler la bougeotte. Comme tous les enfants, il refuse d’aller à l’école. Comme tous les enfants, il fait preuve d’une grande naïveté qui le desservira. Il va suivre des personnages malhonnêtes qui lui promettre maintes choses, pour finalement tomber dans la désillusion, la solitude et la tristesse.
Mais malgré tout, c’est avec philosophie et bonne humeur que ce petit bonhomme fait sa bonbonne de chemin. Sans jamais se laisser abattre, il fait preuve de courage et de ruse pour toujours se sortir des situations les plus dangereuses auxquelles il fait face.

Ce petit album jeunesse, fait tout aussi bien le plaisir des plus grands. On s’amuse beaucoup des situations extravagantes et loufoques que produit Carlo Collodi. Cet auteur italien arrive à créer toujours une suite inattendue à l’histoire, de sorte que le lecteur ne s’ennuie jamais.
Les magnifiques dessins de Jérémie Almanza participent aussi à l’émerveillement du lecteur. Le petit Pinocchio évolue vraiment sous nos yeux. Un petit en-tête au début de chaque chapitre contribue à résumer le chapitre qui va suivre. Une bonne idée de concept, que j’ai bien aimé – quoique parfois, ma lecture de cet en-tête me gâchée la surprise du chapitre.

Juste pour le magnifique objet-livre, je vous recommande d’acheter Pinocchio. Le travail sur cet ouvrage a dû être fou… la collection Métamorphose a vraiment fait du bon boulot. Puis, pour ceux qui conserveraient une âme d’enfant, ou les adultes ayant soif d’évasion, je vous conseille grandement de vous jeter dessus. Une pure merveille !

Ma note : 9/10