Littérature jeunesse·Littérature néerlandaise

54 minutes

 


54 minutes de Marieke Nijkamp

289 pages, éditions Hachette romans, à 15,90€


Résumé : Dans une école d’Alabama, un élève enferme ses camarades dans une salle pendant 54 minutes. Parmi eux, quatre de ses proches. Le jeune garçon leur raconte son mal-être puis assassine 39 élèves, blesse volontairement sa soeur d’une balle et se donne la mort.


Extraits  « Mon prof de piano dit toujours qu’il n’y a pas de musiques plus vraies que l’instinct. »

« La terreur est notre plus grande force, parce que nous avons peur uniquement quand nous avons quelque chose à perdre – nos vies, nos amours… notre dignité.« 


 

Mon avis : 54 minutes peuvent suffire pour changer une vie à jamais. Les élèves de l’école d’Opportunity, en Alabama, en savent quelque chose. Ils ont retenus leur souffle pendant 54 minutes, et nous pendant 300 pages. Tout se déroule à la fois trop vite et trop doucement. Alors que la directrice de l’établissement scolaire était en plein discours de rentrée, un jeune homme fait irruption dans l’amphithéâtre où tous les élèves et enseignants sont enfermés, et tire sur la foule. Devant nos yeux de témoins impuissants, se déroule une véritable tuerie de masse. Anarchie, cris, larmes, désarrois, incompréhension, horreur, sang, peur… sont autant de mots qui résument à eux seul l’atmosphère qui règne alors dans l’amphithéâtre.

Dès le début, le lecteur est prit de court et se retrouve plongé au coeur de ce tourbillon infernal. On a le souffle coupé, tant l’horreur de la situation nous glace. Rajoutez à cela un rythme effréné, dû notamment à la fragmentation des points de vue de chaque protagoniste, qui explique la scène vue sous son angle, ce qui donne encore plus de dynamisme à l’histoire.

Tous les personnages sont touchants, dans leur manière d’être et de réagir face à la tuerie. Autumn, la soeur jumelle du tueur, totalement impuissante et désarçonnée par les actes de son frère, elle va tout tenter pour le raisonner. Sylvia, alias Sylv, la petite amie de Autumn et ennemie du tueur, veut protéger à tout prix Autumn de tout danger. Kevin, le frère de Autumn et ennemi public du tueur, est sans doute le personnage le plus chevaleresque du récit, puisqu’il n’hésite pas à entrer dans l’arène pour sauver le plus d’élèves possible. Claire, l’ex-petite amie du tueur, mais surtout Kevin, le frère de Claire, sont des êtres fragiles et attendrissants, qui m’ont beaucoup touchés. Tous sont liées ou ont été liées au tueur. Malgré cela, ils n’arrivent pas à comprendre son geste, et se retrouvent tous à sa merci. On ressent avec encore plus de densité l’insignifiance de la vie humaine.

Bien évidemment, on ne peut éviter de faire un lien entre cette fiction et l’actualité de ces dernières années. Les fusillades sont devenues des tragédies des temps modernes, qui hérissent les poils et terrifient. Sans nul doute, Marieke Nijkamp a sans doute voulue rebondir sur l’horrible actualité qui ponctue trop souvent nos journées. Mais elle cherchait aussi à nous questionner sur les raisons qui ont pu pousser ce genre de personne à en arriver à de telles extrêmes. L’isolement, l’inimitié, le rejet… peuvent-ils  justifier le pire ?


54 minutes, c’est une tragédie des temps modernes, qui surfe avec habilité sur l’actualité. Un roman dynamique et captivant, qui ne laisse pas indifférent. 

Ma note : 8/10

Littérature américaine·Littérature jeunesse·Roman

Tortues à l’infini


Tortues à l’infini de John Green

340 pages, éditions Gallimard jeunesse


Résumé : Aza Holmes, 16 ans, a tout pour être aimée et avoir un bel avenir, mais elle a grandi avec une pathologie psychique. Qui est-elle, où est-elle, lorsque la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles s’empare d’elle? Vous aimerez Aza, qui raconte sa propre histoire, vous aimerez sa meilleure amie Daisy la tornade, et vous aimerez Davis, fils d’un milliardaire mystérieusement disparu.
Un trio improbable qui va mener l’enquête, et trouver en chemin d’autres mystères et d’autres vérités…


Extraits  « J’aime être dehors la nuit. Ça me procure une drôle d’impression, comme le mal du pays mais sans être loin de chez soi. C’est plutôt agréable. »

« Lui : Et le truc, c’est que, quand on perd quelqu’un, on se rend compte qu’on finira par perdre tout le monde.
Moi : Très juste. Et une fois qu’on le sait, on ne peut jamais l’oublier. »


Mon avis : John Green nous a tous habitué à du grandiose, des torrents d’émotions, des personnages irremplaçables. Tant et si bien que dès qu’un nouveau John Green fait sa sortie dans les librairies, chacun l’achète les yeux fermés, sans vraiment lire le résumé. C’est un peu ce qu’il s’est passé pour moi : je n’ai jamais jeté un coup d’oeil sur la quatrième de couverture, je l’ai attaqué in extremis.

Ce roman raconte l’histoire de Aza, une jeune adolescente de 16 ans, qui souffre de pathologies psychiques, qui la font souffrir au quotidien. Persuadée qu’elle peut tomber malade à tout instant et mourir en quelques jours, Aza fait attention à tout et s’enferme dans un cercle vicieux où ses pensées obsessionnelles l’assaillent jour et nuit. Pour lui changer les idées, Daisy, sa meilleure amie, l’entraîne dans une enquête de disparition. Un milliardaire du coin vient de se volatiliser, et une importante récompense sera remise à la personne qui le retrouvera. Coup du hasard, Aza connaît Davis, le fils de ce milliardaire, qui a été un bon copain d’enfance. A trois, l’enquête va avancer plus vite et prendre des tournants inattendus.

J’avoue avoir été emballée dès le départ par cette idée d’enquête. Hélas, les chapitres avançant, force m’a été de constater que l’enquête commençait à passer en second plan, pour disparaître presque complètement au milieu du récit. La faute aux multiples angles par lesquels le récit est abordé, qui ont contribué à brouiller la ligne directrice de l’ouvrage et à la rendre moins intense que ce qu’il aurait fallu.

En parlant de ligne directrice, on peut percevoir le fil conducteur qui ressurgit dans chacun des ouvrages de John Green : une histoire d’amour exceptionnelle et particulière, qui arrive à émouvoir tous les lecteurs. Ici, Aza et Davis sont deux personnages qui ont été meurtris par la vie, et qui, grâce à çà arrivent à se comprendre, à s’apprécier et se compléter.

La véritable force de John Green, c’est qu’il arrive à toucher tous les lecteurs. Dans cet ouvrage, par exemple, il y dépeint des personnages avec des caractères et personnalités différentes, ayant chacun des problèmes différents, qui touchent différentes cibles. Davis, malgré sa richesse matérielle, souffre d’un manque de repère familial et principalement paternel dans sa vie, et se retrouve isolé et seul avec son jeune frère. Aza souffre de troubles psychologues qui la hantent et la suivent quotidiennement dans sa vie, la restreignant quotidiennement et l’empêchant de profiter au maximum de chaque instant. Quant à Daisy, elle cache son manque de moyens matériels, pour ne pas montrer aux autres ses conditions de vie. Autant de sujets graves et profonds, que l’auteur arrive à emmener avec douceur et légèreté pour toucher un maximum de personnes.

Bien que Tortues à l’infini soit un roman destiné aux adolescents, j’ai l’impression que l’histoire demande quand même une certaine réflexion. En effet, l’auteur nous pousse à nous interroger sur certaines choses, notamment à travers la pathologie de Aza. On se questionne sur l’immensité, sur l’infini, sur le microcosme… Aza est souvent plongée dans ses pensées, et c’est justement ces temps de réflexions qui nous permettent de nous interroger nous-mêmes. Hélas, je n’ai pas totalement adhéré à ces temps de questionnements, que j’ai trouvé trop abstraits et déconnectés de l’histoire.


Je suis  assez mitigée quant à cette histoire, puisqu’elle est admirablement écrite, mais ne contient pas de finalité. J’ai aimé la découvrir, mais n’ai pas compris où l’auteur voulait en venir.

Ma note : 6/10

PAL thématique·RDV

Ma PAL de Noël 2017


Noël approche à grands pas, et pour l’occasion, je vous propose de découvrir les livres que je souhaite lire pendant cette période de fêtes.



Je ne peux pas passer Noël sans avoir lui au préalable Y aura-t-il trop de neige à Noël ? un recueil de nouvelles drôles et romantiques édité chez Charleston. Cet ouvrage a été écrit par la Team RomCom, composée d’auteurs célèbres comme Isabelle Alexis, Tonie Behar, Adèle Bréau, Sophie Henrionnet, Marianne Levy et Marie Vareille… Je me le réserve pour la semaine avant Noël !


Deuxième livre de Noël que je souhaite lire pendant les fêtes : Les Contes de Grimm, édité chez Folio. Cet ouvrage attend depuis tellement longtemps dans ma PAL que je me suis dis que c’était l’occasion ou jamais de l’en sortir et de le lire. Quoi de mieux que de lire les contes magiques des frères Grimm durant Noël ?


Deuxième ouvrage qui attend depuis un bout de temps dans ma PAL : Esprit d’hiver de Laura Kasischke édité chez Le Livre de Poche. Le titre et la couverture prédestinait ce livre a être lu à Noël. C’est donc avec curiosité que je vais découvrir ce thriller psychologie, dont l’histoire se déroule durant la période des fêtes, qui a été primé par le grand prix des lectrices ELLE 2014.


Dernier ouvrage que je souhaite lire durant les fêtes : De feu et de neige de Anne-Marie Pol édité chez Nathan (l’ouvrage sur la photo présentée ci-dessus est en version non corrigées, la couverture n’est donc pas celle qui se trouve sur l’ouvrage vendu actuellement). Même si cette histoire n’a rien à voir avec la période des fêtes, j’ai quand même bien envie de lire cet ouvrage jeunesse, qui se passe dans les années 1800 à Moscou, en Russie. Entre tous ces récits de Noël, j’avais envie de m’évader avec un roman d’aventures, comme celui-ci.


J’espère que cette petite sélection de livres de Noël vous a plût.
N’hésitez pas à me faire part en commentaires des ouvrages que vous comptez lire durant les fêtes !

 

Album

Tout autour de Rodin


Tout autour de Rodin de Marie Sellier et Hélène Pinet

60 pages, éditions Réunion des musées nationaux – Grand Palais, à 16,90€


Résumé : Un livre où sculptures, jeux et stickers font bon ménage. Pour découvrir Auguste Rodin en s’amusant.


Extraits  « Avant même d’avoir appris, il sait. Il sera sculpteur. »

« Bibi est une sorte de clochard qui vit dans le quartier en vendant ses services pour quelques sous. Au début, Auguste le trouve tellement laid qu’il hésite à faire son portrait. Puis, peu à peu, en travaillant, il découvre qu’il s’est trompé : Bibi est beau. Pas de cette beauté propre, lisse et régulière des dieux grecs, mais d’une beauté sauvage qui se loge dans les sillons profonds de son visage. Bibi a la beauté de ceux qui ont vécu et souffert.« 


Mon avis : Avant toute chose, je tenais à remercier Babelio de m’avoir choisi lors de leur opération mensuel Masse critique pour recevoir cet album. Parmi une sélection de livres jeunesse, mon choix s’est porté sur Tout autour de Rodin, un sculpteur que j’aime beaucoup, écrit par une auteure que j’ai déjà rencontré dans de précédentes lectures, Marie Sellier, à l’origine notamment de Coeur de pierre, un livre jeunesse qui retrace l’histoire d’amour entre Rodin et Camille Claudel.

Tout autour de Rodin, raconte la vie d’artiste du sculpteur. Les deux auteures retracent avec simplicité les grandes lignes de l’évolution de sa vie professionnelle : de ses débuts, inconnu, jusqu’au summum de sa carrière. Ses rencontres, parfois mauvaises, souvent très bonnes, ses expériences professionnelles, amoureuses aussi, sont dépeintes avec modestie. J’ai prit un grand plaisir à (re)découvrir plus en détails les grandes étapes de la vie de Rodin.

Pour plaire aux plus jeunes, souvent peu intéressé par la culture artistique, Marie Sellier et Hélène Pinet ont eu l’idée de les faire participer à la confection du livre. En effet, on peut trouver à la fin, quatre pages d’autocollants, que l’on peut coller sur des pages spécifiques. Cela permet d’une part de détendre les jeunes et de leur laisser le temps d’ingérer toutes les informations qu’ils ont pu recevoir précédemment, d’autre part cela favorise aussi la culture et l’instruction à travers le jeu. Un concept original et ludique, qui plaira, j’en suis sûre, autant aux parents qu’aux enfants.

 

 

Pour coller avec l’image de ce grand sculpteur qu’est Rodin, les deux auteures se sont amusées à mettre en page de manière originale les illustrations de leurs textes. J’ai beaucoup apprécié la démarche, que je trouve novatrice tout en restant ludique et attirant pour les enfants.

 


Tout autour de Rodin est un album jeunesse interactif et ludique, qui permet de s’instruire tout en s’amusant. A glisser entre les mains des enfants dès 8 ans.

Ma note : 7/10

Littérature française·Roman policier et polar

Les enlisés


Les enlisés de André Lay

200 pages, éditions French Pulp, à 9,50€


Résumé : Quand l’amour est un poison, au sens propre comme au figuré !

Regagner l’amour de sa femme ? Rien de plus facile : il suffit de l’empoisonner. Et ensuite, de s’occuper tendrement de sa convalescence, en bon mari aimant. Mais à trop vouloir s’attacher à sa compagne, Claude n’avait pas prévu qu’il susciterait chez elle des sentiments fanatiques… qui se révéleront bien plus tragiques qu’un divorce !


Extrait  « – Je suis complètement déboussolée, je n’ose plus rien avaler, je crains même le tabac !
– T’en passer ne peut que te faire du bien.
– Évidemment, mais c’est un signe.
– Tiens donc, lequel ?
– Un signe de vieillissement.
– Un signe de sagesse plutôt.
– C’est ce que je disais. On commence à renoncer au tabac, aux boissons alcoolisées pour se ménager, puis un jour, sans même s’en rendre compte, on fait du ski pour la dernière fois, on cesse de monter en haut du plongeoir de la piscine, les mois passent et il arrive un moment où l’on s’aperçoit qu’on a abandonné bien des choses, bien des gens, ou…
– Ou ?
– Qu’ils ne nous intéressent plus. »


Mon avis : André Lay est un auteur qui a fait ses preuves dans les années 1960, en publiant pas moins de 140 polars jusque dans les années 1980. Autant dire que le monsieur en a sous le pied !

Les enlisés, c’est l’histoire d’un homme très riche, persuadé que sa femme, sa cadette, le trompe avec un autre homme, plus jeune que lui. Éperdument amoureux de sa femme, il va tout faire pour éloigner son amant Richard d’elle. Et pour ça, Claude est prêt à tout.

C’est un polar très intéressant et particulièrement original. Ce sentiment est sans doute dû au fait que ce livre a été écrit et publié en 1973 et que la mentalité et la façon d’écrire diffèrent largement de ce qu’il se fait aujourd’hui. L’écriture de André Lay est mature, affirmée, sans fausse note.

L’intrigue est bien ficelée : entre amour, jalousie, désir et passion, les sentiments se mélangent. Nous n’arrivons pas vraiment à démêler tout ça. D’autant que l’auteur joue avec la psychologie de ses personnages et par extension avec celle de ses lecteurs. Claude, persuadé que Maud, sa compagne, le trompe, fonde ses certitudes sur des socles vacillants. Il devient comme obsédé par les déplacements de sa femme, par ses agissements et ses rencontres, au point où cela en devient maladif. L’atmosphère devient pesante, les agissements de Claude devenant de plus en plus incertains, cela entrave le calme du récit, et devient stressant pour nous.

Ce polar nous questionne : jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour ? Que peut-on endurer par amour ? Pendant combien de temps ? A vous d’y réfléchir et d’y répondre !


Un polar intéressant, qui se lit facilement en une ou deux petites heures. Même si l’histoire n’est pas extraordinaire, vous passerez un agréable moment de lecture. 

Ma note : 6/10

Bilans

Bilan du mois

NOVEMBRE 2017

→ Trois personnes en forme de poire de Suzanne Azmayesh (219 pages)
→ L’opposum rose de Federico Axat (507 pages)
→ Comment je suis devenu Malcolm X de Ilyasah Shabazz et Kekla Magoon (507 pages)
→ Aux Livres Exquis de Fanny Vandermeersch (177 pages)
→ 28 jours de David Safier (412 pages)
→ Everything everything de Nicola Moon (362 pages)


livres lus, soit 2184 pages


 

Mon coup de coeur du mois :

Ma déception du mois :

Littérature américaine·Littérature jeunesse

Everything everything


Everything everything de Nicola Yoon

362 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.


Extraits  « La différence entre le savoir et le voir, c’est un peu la même qu’entre rêver qu’on vole et voler. »

« La vie est dure, trésor. Chacun fait ce qu’il peut. »


Mon avis : Après en avoir entendu parler pendant des mois et des mois, je l’ai enfin fait : j’ai lu Everything everything ! Les nombreux avis élogieux que j’avais lu sur ce livre me laissaient présager une histoire belle, émouvante et intense. Elle le fût, certes, mais pas autant que ce que j’avais espéré.

Madeline, 18 ans, souffre d’une maladie très rare qui la contraint à rester enfermé chez elle, sans jamais avoir de contact avec quoique ce soit qui vienne de l’extérieur. Quand des nouveaux voisins emménagent en face de chez elle, Madeline fait la rencontre de Olly, un garçon de son âge, avec qui elle communique par emails. Mais la tentation de se voir « en vrai » et de se toucher et plus fort que tout. Au dépend de sa vie, Madeline invite Olly chez elle.

L’arrivée de Olly dans sa vie va illuminer ses journées et lui faire voir le monde différemment. Leur histoire d’amour, bien que prévisible, est adorable à regarder naître, croître et s’intensifier. Ils vont passer outre la maladie et vont vivre leur histoire comme si demain n’existait pas.

Dans cette histoire, tout n’est que fragilité et douceur. Les personnages, leurs sentiments, leurs histoires, tout et tous nous émeut. Ce roman est d’autant plus intense que Nicola Yoon se sert de ses talents d’auteure pour nous faire ressentir pléthore d’émotions. En effet, elle arrive par exemple à nous introduire facilement dans la bulle protectrice de Madeline, à tel point que l’on ressent la fragilité de sa vie, l’inertie de ses journées et la solitude dont elle souffre quotidiennement. Puis la bulle éclate pour laisser de la place à Olly, qui vient rythmer ses jours et redonner des couleurs à sa vie.

Bien que l’ensemble de l’histoire m’ait plût, je m’attendais quand même à quelque chose de plus fort et de plus dense. Selon moi, les personnages manquaient un peu de consistance et d’épaisseur, un développement plus approfondi de leur psychologie aurait fait d’eux des héros encore plus attachants. L’histoire aussi manquait un peu de densité, avec des fragments d’intrigue ouverts, sans suite derrière – je pense notamment à la mort du père et du frère de Madeline, à la violence conjugale subie par la mère de Olly…, qui sont abordés brièvement ici et là sans jamais être prolongé.

Le dénouement, loin d’être tragique, change complètement des histoires dans le même style. Je m’attendais à une fin dramatique comme Nos étoiles contraires (dont la thématique est presque similaire à celle de Everything everything), alors qu’il n’en ait rien. Je vous laisse savourer l’ampleur de la surprise que vous a réservé l’auteure. Seule objection à cette jolie fin : sa longueur. La coupure finale s’est faite trop brutalement, me laissant seule, frustrée de ne pas en voir plus.


Ce fût une lecture légère et douce, avec des personnages attendrissants. Néanmoins le tapage médiatique qu’il y a eut autour de cette romance n’est, selon moi, pas justifié, puisque l’histoire est bien, mais ne comporte rien d’exceptionnel. Sympathique à lire, mais pas fou non plus !

Ma note : 6/10