Littérature jeunesse

Silence radio


Silence radio de Alice Oseman

411 pages, éditions Nathan, à 16,95€


Résumé : Je suis Frances, Frances la sérieuse, la solitaire, la discrète. Je passe mon temps à étudier. J’ai un seul objectif : entrer à Cambridge après le bac. Je suis Frances, la vraie Frances. Je suis fascinée par le mystérieux Silence Radio et sa chaîne Youtube Universe City. J’aime rire et j’aime dessiner.

Et puis je rencontre Aled. Avec lui, je peux enfin être moi. Avec lui, je vais enfin avoir le courage de trouver ce qui compte vraiment pour moi.


Extraits :  « OK, tu vas trouver ça débile, mais il y a un truc que ma mère dit toujours : quand on en a gros sur la patate, il faut prendre du recul. Faire un pas en arrière et réfléchir à ce qui compte vraiment en cet instant précis.« 

« Une chambre, c’est une fenêtre sur l’âme. »


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IMM

In my mailbox

imm

In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque.
Le regroupement des liens se fait sur le blog Lire ou Mourir

On commence ce IMM avec deux achats d’occasion, faits la semaine passée au Emmaüs près de chez moi. Il s’agit de deux auteurs français, dont j’ai déjà lu un livre. Le premier est un polar de Michel Bussi, intitulé Ne lâche pas ma main, auteur que j’avais A-DO-RÉ à travers son livre Nymphéas noirs que j’avais lu l’année dernière. J’ai hâte de voir ce qu’il me réserve avec ce livre-ci. Et deuxième achat, Les lois de la gravité de Jean Teulé, qui est lui aussi un polar. J’avais beaucoup aimé lire Le magasin des suicides, qui était une histoire pleine d’humour noire ; je suis donc curieuse de découvrir l’auteur dans un autre univers. En espérant ne pas être déçue.

Autrement cette semaine, j’ai reçu une nouveauté des éditions Préludes, Les gentilles filles vont au paradis, les autres là où elles veulent de Elie Grimes. Un titre accrocheur et intriguant, qui m’a immédiatement séduite. Ce roman recèle une histoire chick-lit, qui se prête totalement à la saison estivale dans laquelle nous sommes. Je suis impatiente de pouvoir le découvrir, paisiblement assise au bord de l’eau.

Dernier livre à rejoindre les rangs de ma bibliothèque cette semaine : le tome 2 de la saga Another story of Bad Boys de Mathilde Aloha. J’avoue (à ma plus grand honte), que je n’ai toujours pas lu le premier tome. Allez savoir pourquoi, je repousse toujours ma lecture à plus tard… pourtant le temps est propice à ce genre de lecture… mais promis, je vais accélérer le mouvement et lire rapidement le premier tome.

N’hésitez pas à me faire part de vos nouveautés par commentaire !

Littérature chilienne·Roman

Le vieux qui lisait des romans d’amour


Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepulveda

120 pages, éditions Points


Résumé : Antonio José Bolivar Proaño est le seul à pouvoir chasser le félin tueur d’hommes. Il connaît la forêt amazonienne, il respecte les animaux qui la peuplent, il a vécu avec les Indiens Shuars et il accepte le duel avec le fauve. Mais Antonio José Bolivar a découvert sur le tard l’antidote au redoutable venin de la vieillesse: il sait lire, et il a une passion pour les romans qui parlent d’amour, le vrai, celui qui fait souffrir.
Partagé entre la chasse et sa passion pour les romans, le vieux nous entraîne dans ce livre plein de charme dont le souvenir ne nous quitte plus.


Extraits :  « Une ocelote folle de douleur est plus dangereuse que vingt assassins réunis.« 

« Quand un passage lui plaisait particulièrement, il le répétait autant de fois qu’il l’estimait nécessaire pour découvrir combien le langage humain pouvait aussi être beau. »


Mon avis : Luis Sepulveda est un auteur chilien que j’ai eu le plaisir d’étudier il y a quelques années, lorsque j’étais au lycée. Nous avions analysé son oeuvre Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler, qui est un livre dédié aux enfants, mais qui peut très bien être lue par les adultes. J’y avais découvert une charmante histoire, avec des animaux qui parlent, qui était en fait une habile métaphore pour pointer du doigt le comportement des hommes en société – leur impact sur l’environnement, notamment, mais aussi la question de l’éducation et de l’identité. Dans Le vieux qui lisait des romans d’amour, on retrouve quasiment les mêmes thématiques, mais abordées d’une manière plus directe et violente.

Les habitants d’Idilio, une petite ville d’Amazonie, découvrent le cadavre d’un homme, échoué sur une pirogue. Alors que l’intégralité des hommes accusent les indiens Shuars de ce meurtre, José Bolivar, grand spécialiste de la nature, reconnaît l’oeuvre d’une féline. Il pense que l’homme a tué  les petits de cette féline, avant que celle-ci ne se venge en le tuant. Ils vont alors tous se lancer à la poursuite de cet animal, pour mettre fin à ses jours, avant qu’il ne mette fin aux leurs.

Luis Sepulveda dédia son oeuvre à son ami Chico Mendes, grand défenseur de la forêt amazonienne, qui fût assassiné par des hommes armés. Sans conteste, ce livre est une oeuvre écologique. C’est une véritable ode à la nature que l’on perçoit dans ce récit. Une ode à la bienséance, au respect, à la cohabitation des êtres vivants.

En mettant en scène l’homme dans un espace totalement naturel, l’auteur pointe du doigt les pratiques qu’ont ces hommes face à la nature. La sauvagerie dont ils font preuve, le manque de civisme et d’intelligence à l’égard des peuples primitifs, ou des animaux. Pour pousser plus loin dans la satire de la société occidentale, Luis Sepulveda va jusqu’à parodier les noms de villes qu’il donne à ses lieux : « El Dorado » et « Idilio », qui montrent bien le mépris de l’auteur face à de tels procédés.

Mais parmi cette jungle de barbares humains, se terre José Bolivar, un vieil homme qui a vécut presque toute sa vie dans la forêt. Il voit avec horreur les hommes s’emparer de ces espaces verts et les détruire allègrement. Alors, pour échapper à l’horreur qui l’entoure, il s’évade dans des romans d’amour. Une douce parenthèse, qui contrebalance avec justesse l’infamie humaine.


L’auteur mélange avec brio nature et littérature, pour nous servir un met gourmand, qui se déguste avec soin. En une centaine de pages, c’est une véritable forêt d’interprétations et d’histoires qu’ouvre Sepulveda. A lire et à relire… dépaysement assuré !

Ma note : 8/10
Roman policier et polar·Thriller

Dis-moi que tu mens


Dis-moi que tu mens de Sabine Durrant

407 pages, éditions Préludes, à 16,90€


Résumé : Tout commence par un mensonge. De ceux qu’on fait tous pour impressionner une vieille connaissance. L’histoire de votre vie, légèrement embellie, face à cet avocat brillant, époux et père comblé, que vous avez croisé par hasard.Puis, sans savoir comment, vous vous retrouvez à dîner chez lui, à accepter une invitation en vacances, propulsé dans une vie de rêves ? celle à laquelle vous avez toujours aspiré. Jusqu’à ce que cette vie ne semble plus si idyllique?Mais vous êtes déjà pris au piège, transpirant sous l’impitoyable soleil de Grèce, brûlant d’échapper à la tension ambiante. Alors vous comprenez que, si douloureuse la vérité soit-elle, ce sont vos mensonges qui ont causé le plus de tort? Et, à ce moment-là, il est déjà trop tard. L’auteur de Ce que tu veux revient avec un nouveau thriller remarquable, un huis clos où le héros court sans le savoir vers son destin? et son inéluctable chute. Dis-moi que tu mens ménage avec maestria une tension constante. L’auteur signe aussi là une satire incisive : elle cerne ce monde bourgeois dysfonctionnel avec une finesse désopilante.


Extrait :  « La vérité est une chose bien étrange, Paul. Toute vérité est subjective.« 


Mon avis : Paul Morris est un homme qui ne vit que sur des mensonges. Sa vie entière n’est qu’un mensonge : il n’a pas de travail, mais s’invente des contrats d’écrivains à la solde exorbitante ; il n’a pas de véritable habitat, puisqu’il vit dans un appartement qu’on lui prête contre des petits services, mais se vante que l’appartement lui appartient, etc. Quand on construit sa vie sur des mensonges, il est dur de s’en dépêtrer. Paul va croiser par hasard Andrew, un ancien ami de faculté, et Tina, une jolie jeune femme dont il va faire la connaissance. Ils vont rapidement se rapprocher, tant et si bien qu’ils finiront par sortir ensemble, et que Tina l’invitera à partir avec elle, ses enfants et la famille d’Andrew en vacances en Grèce, dans la maison familiale. Mais les vacances, rêvées idyllique et reposantes, vont rapidement virer au cauchemar.

L’auteure a réussie à me tenir en haleine de la première à la dernière page. A chaque fin de chapitre, j’étais désireuse d’en apprendre davantage, et donc de débuter la lecture d’un nouveau chapitre. Il faut dire qu’elle distille quelques indices de lecture à droite et à gauche, censés aider à mieux comprendre l’intrigue, mais sans jamais révéler en intégralité ce qu’il s’est passé. D’où le désir grandissant d’en savoir toujours plus et d’enfin comprendre tout ce qui jusqu’alors nous échappe.

Mais méfiez-vous, ce livre est un thriller psychologique. C’est-à-dire que les actions n’y seront pas très nombreuses. Ne vous attendez pas à des événements à tout va, il n’y en aura pas. En revanche, vous y retrouverez de longues descriptions, quelques analyses de personnalités, des pauses sur des menus détails… on aime ou on aime pas. Pour ma part, j’ai trouvé le temps long parfois ; j’avais cette impression que l’histoire n’avançait pas, ou trop doucement à mon goût. Ayant prêté ce livre à ma mère pour qu’elle puisse le découvrir, elle a également trouvé certains passages trop longs, et a abandonnée sa lecture en partie à cause de cela. Rassurez-vous, il y a quand même une intrigue principale, avec du suspens, une disparition inquiétante, et la recherche d’un coupable.

Tous les personnages semblent suspects et paraissent coupables. Leurs étranges comportements, les paroles qu’ils profèrent… on cherche à nous duper !  Alors au moment du dénouement, je ne vous cache pas ma surprise. Je m’attendais à tout, sauf à ça. Je vous laisse le plaisir de lire l’entièreté du livre et de vous faire surprendre vous aussi par cette fin inattendue. Seul indice que je pourrais vous donner : tel est pris qui croyait prendre ! Ouvrez grands vos yeux, et ne vous laissez pas berner.

Derrière toutes ces belles paroles – narratives et fictives -, cette jolie histoire nous enseigne quand même que le mensonge n’apporte jamais rien de bon. Enjoliver sa vie à travers de fausses paroles ne vous rendra pas plus sympathique ni plus aimé, et détruira en partie votre vraie vie.


Un thriller psychologique prenant et addictif, qui aurait quand même mérité plus de peps. Entre vérités, non-dits et faux-semblants, saurez-vous démêler le vrai du faux ? 

Ma note : 6/10
Développement personnel·Littérature canadienne

Le jour où je me suis aimé pour de vrai


Le jour où je me suis aimé pour de vrai de Serge Marquis

250 pages, éditions de la Martinière, à 14,90€


Résumé :  » Et vous, avez-vous commencé à vivre ?  » Charlot, 9 ans
Maryse est une éminente neuropédiatre, une femme belle et intelligente, affreusement narcissique et persuadée d’avoir toujours raison. Elle est aussi la mère de Charlot, fils singulier, qui l’émerveille et l’exaspère à la fois. C’est que Charlot, Petit Prince désarmant de vérité, la confronte à des questions philosophiques. Quel sens donner à sa vie lorsqu’on traverse des épreuves ? Où se cache l’amour lorsqu’on fait face à l’intimidation, la bêtise, la peur de l’autre ? Et surtout, qu’est-ce que l’ego, cette chose dont tout le monde semble souffrir ?
Animé d’un courage fou, d’une humanité à fleur de peau, Charlot va apprendre à sa mère, et à beaucoup d’autres, qu’en se dépouillant de ses certitudes, en cessant de se regarder le nombril, on peut enfin accéder à la vraie joie, celle du lâcher prise et de l’intelligence du cœur. Et surtout : apprendre à s’aimer pour de vrai.
Une extraordinaire leçon de vie, profonde et lumineuse, dont on sort bouleversé d’émotion.


Extraits :  « Il est très fréquent que les humains parlent sans savoir de quoi ils parlent, mon chéri… Je dirais même que c’est comme ça la plupart du temps. Et le pire, c’est qu’ils ne s’en rendent pas compte.« 

« Il parle de la consommation comme je parle du cancer… Deux voleurs d’enfance. »

« Il est là, le véritable harcèlement, Maryse. Quand les coups s’inscrivent dans le mental. Un simple regard du bourreau suffit à tout déclencher. Charlot a été kidnappé de l’intérieur. Il est maintenant l’otage de ses propres pensées. »


Mon avis : Pour être totalement franche avec vous, j’ai choisi de découvrir ce livre, non pas parce que le résumé m’intriguait, mais seulement pour lire un livre de développement personnel. J’ai fait le choix de prendre celui-ci, parce qu’il donnait l’opportunité d’aborder l’aspect développement personnel à travers une histoire fictive. Je n’ai donc pas été dépaysée outre mesure, en restant partiellement dans une zone de confort narrative.

Ce livre met en avant Maryse, grande neuropédiatre reconnue dans son milieu, qui soigne des enfants atteints du cancer. Seulement voilà, Maryse est une femme égocentrique et narcissique, qui ne fait preuve que de peu d’empathie, que ce soit envers ses patients, ou envers son propre fils, Charlot. Ce dernier, âgé d’une dizaine d’années, va montrer une grande maturité face au comportement de sa mère : patient et respectueux, il va lui apprendre progressivement à changer de comportement et à s’ouvrir aux autres.

Cette lecture donne à réfléchir, notamment sur la définition que l’on peut fixer au mot « ego ». Qu’est-ce que l’ego ? Comment se manifeste-t-il ? Comment s’en dépêtrer ? Ce que j’ai retenu de toutes ces informations sur l’ego, c’est que l’ego est une chose mauvaise, qui nous pourrit de l’intérieur, et qui nous empêche de vivre pleinement notre vie. A trop vouloir la célébrité, à trop vouloir la puissance ou l’argent, on en oublie les moments simples de la vie.

Je ne pensais pas écrire ceci après ma lecture, mais oui, ce livre et ses conseils m’ont servis. Maintenant, à chaque fois que mon esprit divague dans le passé ou qu’il se met à imaginer le futur, me reviennent ses quelques mots émit par Mary-Lou, mourante, à son copain Charlot : « N’oublie jamais de revenir ici, Charlot, à chaque instant. Dans tes mains, tes oreilles, tes lèvres. Dans chacun de tes pas, de tes gestes, dans chaque inspiration, expiration. Fais-le vraiment ! ».  J’applique alors ses conseils, et je reviens profiter de chaque instant présents que m’offre la vie. Une bonne manière de profiter plus intensément de chaque moments.

Finalement, la seule chose qui m’a déplût dans cette lecture, c’est l’aspect fictif. Pour propager ses conseils, il a décidé de mettre en scène une histoire fictionnelle, dans laquelle le lecteur pourrait s’insérer et ainsi mieux ressentir tous les sentiments des personnages. Via les sentiments et le vécu des personnages, l’auteur dispense ses recommandations et entame la partie développement personnelle. Mais hélas, j’ai trouvé la narration un peu trop grossière, avec des personnages caricaturés au maximum – Maryse, la méchante mère, repliée sur elle-même, qui ne ressent aucune émotion ; Charlot, le fils prodige, intelligent, attendrissant et sociable… Les écarts de comportements étaient un peu poussés à l’extrême ; sans doute pour nous faire faire prendre conscience des problèmes de chacun, et nous faire ressentir plus profondément les conseils dispensés pour réduire ses problèmes… Mais ce n’était pas, à mon sens, nécessaire.


Même si au jour d’aujourd’hui mon ego prend encore le pas sur l’instant présent, les bons conseils prodigués dans ce livre, mis en application, devraient permettre d’améliorer les choses. Un bon livre de développement personnel, qui incite à la réflexion et à la remise en question. Dommage que l’aspect fictionnel ait été moins bien travaillé.  

Ma note : 7/10
Littérature anglaise·Roman

Quelques jours de nos vies


Quelques jours de nos vies de Clare Swatman

351 pages, éditions Presses de la cité, à 20,50€


Résumé : Si vous pouviez revenir en arrière, que changeriez-vous ?

Zoe et Ed se sont rencontrés à l’université et sont mariés depuis plus de dix ans. Un matin, après une violente dispute, Ed, en route pour le travail, est victime d’un accident. Inconsolable, Zoe fait un malaise. Quand elle reprend connaissance, elle a dix-huit ans et se prépare à entrer à l’université. La vie vient de lui offrir un cadeau : tout recommencer.


Extraits :  « Le destin ? C’est une chose qu’on crée soi-même.« 

« Ed m’a quittée, mais il m’a laissé le plus beau des cadeaux. Une part de lui-même. »


Mon avis : Avant de vous divulguer mon avis sur ce roman, je souhaitais remercier le site Babelio, qui m’a proposé ce partenariat, ainsi que les éditions Presses de la cité, qui m’on fait parvenir ce livre. Lorsqu’ils m’ont envoyé cette demande de partenariat, j’ai immédiatement été charmée par la sublime couverture. J’ai également été intriguée par le résumé, qui en disait juste assez pour titiller la curiosité. Ni une ni deux, j’ai accepté et attendu fébrilement, chaque jour, la venue de mon facteur, jusqu’à recevoir ce roman tant désiré, et le débuter dans la foulée.

Le speech a de quoi séduire : Ed et Zoé, en couple et mariés depuis de nombreuses années, vivent un amour passionnel, qui connaît, comme tous les couples, des hauts et des bas. Sauf qu’un matin, à la suite d’une dispute, les deux jeunes gens se séparent pour une journée de travail, et ne se verront plus jamais. Et pour cause : un accident de la route, qui a fauché la vie de Ed. Zoé, bouleversée par la nouvelle, va se morfondre nuits et jours, pendant des mois. Jusqu’au moment où il lui est permis de revivre entièrement les grands moments de sa vie, pour tenter d’en modifier le cours et de changer le drame final.

Cette idée de créer une histoire réaliste avec un zeste de fantastique (qui permet de voyager dans le temps, de revenir dans le passé et de modifier le cours des choses), est bonne. Cela permet d’incorporer une dose de magie dans l’histoire ordinaire qui est racontée.

A travers un couple d’amoureux banal, Clare Swatman retrace l’évolution que connaît chaque histoire d’amour : la rencontre initiale, la façon de s’apprivoiser, l’amour passionnel, l’engagement, le désir d’enfant… Bien évidemment, cette rétrospective ne serait pas fidèle à la réalité si on n’y incorporait pas quelques mauvais moments, comme en connaissent chaque couple. Engueulades, opinions divergentes… s’immiscent aussi dans chaque histoire d’amour et aident parfois, au sortir des tempêtes, à resserrer davantage les liens amoureux.

Au-delà de l’histoire narrée, c’est une véritable leçon de vie que l’auteure souhaite nous faire passer. La mort soudaine de Ed nous fait prendre conscience qu’il faut profiter de chaque instant de notre vie, pour ne rien avoir à regretter par la suite. Une bonne manière de se remettre en question et de profiter davantage de chaque instants vécus.

Hélas, malgré que l’histoire ait été sympathique à découvrir, je n’ai pas tellement aimé ma lecture. Retourner dans le passé pour tenter de changer des choses, je trouve l’idée bonne, mais elle est mal mise en place ici. J’avais l’impression que les jours se suivaient, mais que rien changeait vraiment. J’ai eu l’impression que l’auteure nous déroulait seulement les grands moments de la vie passée des deux jeunes gens, mais sans rien modifier. C’est surtout que ce n’est pas évident de percevoir les modifications si nous n’avons pas l’histoire de base… J’ai donc ressenti une certaine gêne tout au long de ma lecture, qui ne s’est estompée qu’à la fin, lors du retour dans le « moment présent ».

De plus, j’ai gardé une certaine distance avec les personnages. Le fait qu’ils racontent leur histoire d’amour, singulière, certes, mais universelle dans les grandes lignes, m’a fait m’identifier à l’histoire narrée, et non aux personnages maîtres de cette histoire. Ainsi, je n’ai pas forcément adhéré à leurs sentiments, que j’ai trouvé trop peu développés, voire superficiels. Seul l’un des éléments central du récit : le désir d’enfant du couple, mais leur échec à chaque tentative, m’a fait ressentir quelques touches d’émotions à l’encontre des deux personnages. On voit leurs désirs d’enfant s’intensifier, leurs déceptions lorsqu’ils comprennent qu’ils ne pourront pas en avoir par voie normale, leurs espoirs en l’avancée médicale, puis leurs désillusions à chaque échecs. Tout cela les rend très touchants.


Un roman sympathique, qui fait réfléchir sur le temps qui passe, le deuil, sur son rapport à l’autre, sur l’amour que l’on donne et que l’on reçoit. Une jolie histoire, agréable à lire, mais qui manque quand même de vitalité et de profondeur.

Ma note : 5,5/10
Littérature française·Roman

La petite fille de Monsieur Linh


La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel

183 pages, éditions Le Livre de Poche, à 5,60€


Résumé : C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh.
Il est seul désormais à savoir qu’il s’appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s’éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l’enfant dort.
Le pays s’éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l’horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.


Extraits :  « Penser au village, même au passé, c’est un peu y être encore, alors qu’il sait qu’il n’en reste rien, que toutes les maisons ont été brûlées et détruites, que les animaux sont morts, chiens, cochons, canards, poules, ainsi que la plupart des hommes, et que ceux qui ont survécu sont partis aux quatre coins du monde, comme lui l’a fait.« 

« La mort lui a tout pris. Il n’a plus rien. Il est à des milliers de kilomètres d’un village qui n’existe plus, à des milliers de kilomètres de sépultures orphelines des corps morts à quelques pas d’elles. Il est à des milliers de kilomètres d’une vie qui fut jadis belle et délicieuse.« 


Mon avis : Je reste sans voix face à cette pépite. Un livre écrit d’une façon simple, mais qui délivre un message si fort et intense qu’on en perd ses mots…

Monsieur Linh est un vieux monsieur, qui a fuit son pays, où la guerre sévissait, pour se réfugier en sécurité en France. Séparé des siens et sans repères, il se sent perdu et seul dans cette grand ville, lui qui a vécu toute sa vie dans un petit village chaleureux et convivial, dans lequel chacun se connaissait. Son seul lien avec sa vie d’avant : Sang Diû, sa petite-fille de quelques semaines, qu’il a sauvé de la mort et à qui il veut offrir une nouvelle vie décente. Propulsé dans ce nouveau monde, Monsieur Linh va faire la connaissance de Monsieur Bark, un homme bon qui a perdu sa femme il y a peu, avec qui il va lier une amitié, qui va surpasser tous les obstacles langagiers. Une amitié authentique et émouvante, entre deux êtres peu épargnés par la vie.

Ce livre, c’est l’histoire d’un exil forcé. C’est le combat d’un homme seul, déraciné de son pays natal, de sa vie passée, qui va tenter de se reconstruire entièrement, dans un monde nouveau. C’est aussi l’histoire d’un deuil, celui de Monsieur Bark. La solitude l’empli chaque jour, alors qu’il se promène aux abords du parc dans lequel sa femme défunte travaillait. Ces deux destins meurtris vont se croiser et se lier. Ils vont partager des moments forts, et bâtir une amitié authentique, fondée sur le respect et l’humilité. Mutuellement, sans se connaître, sans se comprendre, insidieusement, sans même qu’ils le remarquent, ils vont s’entraider à surmonter les difficultés que la vie sème sur leur passage.

On peut aisément replacer cette histoire dans un contexte actuel, dans lequel on voit nombre de populations migrantes obligés de fuir leur vie passée, pour venir se réfugier dans un pays étranger, dans lequel tout est à apprendre (langue, coutumes…). Une bonne manière de se mettre à leur place et de mieux comprendre leur motivation et les sentiments qui les animent à leur arrivée en terre inconnue.

Ce que j’ai fortement apprécié avec l’écriture de Philippe Claudel, c’est qu’il parle de sujets graves, mais ne le fait pas de façon larmoyante. Je pense que l’auteur a voulu que son écriture soit la plus sobre et simplifiée possible pour faire ressortir toute l’intensité émotive des personnages qu’il met en scène. Et c’est réussi, puisqu’il arrive ainsi à tempérer les émotions de ses personnages, les rendant bien plus profonds que s’il les avait fait geindre à tout va. Tendresse et poésie font bon ménage dans ce récit.

Et pour démontrer sa puissance narrative et émotive, l’auteur nous a concocté un dénouement surprenant, qui vous laissera pantois. J’ose vous avouer qu’une fois le dénouement passé et la dernière page du livre tournée, je suis restée plusieurs minutes assise, les yeux dans le vague, à réfléchir sur ce que je venais de découvrir. Autant vous dire que l’intensité de cette lecture, cumulée à cette claque finale, c’est tellement percutant que ça pousse à la réflexion.


Une histoire forte, qui vante l’humain autant qu’il le condamne. Un roman empli de réflexions – sur la guerre, l’immigration, la solidarité… -, qui donne encore un mince espoir en l’humanité. C’est touchant, c’est profond, c’est poétique… on n’en ressort pas indemne. 


Ma note : 9/10