Littérature jeunesse·Young adult

Story of a girl


Story of a girl de Sara Zarr

269 pages, éditions Hachette romans, à 13,90€


Résumé : J’avais treize ans quand mon père m’a surprise avec Tommy Webber. Tommy avait dix-sept ans. Je ne l’aimais pas. L’histoire remonte à presque trois ans. Depuis, mon père ne m’a plus jamais regardée dans les yeux. Deanna voudrait se débarrasser de cette réputation de fille facile qui lui colle à la peau. Elle l’a décidé  : cet été sera celui de la seconde chance. En trouvant un petit boulot dans la pizzeria du coin, elle compte mettre de l’argent de côté. Suffisamment pour partir loin de cette ville, loin des préjugés, loin de cette image qui ne lui ressemble pas.Elle n’imaginait pas que le prix à payer pour se racheter une vie serait si élevé  : devoir affronter chaque jour la présence de Tommy, qui travaille avec elle ?


Extraits :  « C’est comme ça qu’on sait pouvoir se fier vraiment à quelqu’un, je crois ; quand on n’a pas à parler tout le temps pour s’assurer que la personne a encore de l’affection pour vous ou prouver qu’on a des choses intéressantes à dire.« 

« C’est à la fois triste et drôle à quel point les souvenirs de deux personnes à propos de la même chose peuvent être différents.  »


Mon avisDeux semaines après avoir terminé ma lecture, me voici à devoir écrire mon ressenti sur cette histoire. Problème : je ne me souviens que de la moitié de ce qui s’est passé. J’ai pourtant lu avec assiduité et minutie ; mais il faut se rendre à l’évidence : c’est un livre qui se lit vite et qui s’oublie encore plus vite.

Je vais quand même vous raconter en quelques lignes ce dont je me souviens. Deana est une jeune adolescente dont la réputation a été ruinée alors qu’elle n’avait que treize ans. En effet, alors qu’elle sortait et couchait avec Tommy, plus âgé qu’elle, son père les a surpris tous les deux. En plus d’être baissé dans l’estime de son père, Tommy est allé colporter des ragots mensongers à toute la ville. Résultat : des années plus tard, Deana est encore considérée comme une fille facile aux yeux de tous. Alors qu’elle tente de se débarrasser de cette étiquette qui lui colle à la peau, elle va devoir affronter son passé de plein fouet.

Le récit est simple, compréhensible par tous et assez bien écrit. L’histoire est réaliste et s’ancre dans la mentalité de notre société actuelle. Hélas, je vous avoue que je n’ai pas totalement adhéré à ma lecture. D’une part parce que je ne me suis pas attaché à la protagoniste, puisque je ne me suis absolument pas reconnu dans ses agissements, dans sa manière d’être, de parler, d’agir… Il ne fait aucun doute que Sara Zarr a voulu créer un personnage auprès duquel les jeunes adolescentes pourraient s’identifier et apprendre les rudiments de la vie. Je me pose donc la question : suis-je déjà trop vieille pour m’identifier à Deana ? D’autre part, je n’ai pas accroché à l’histoire elle-même, que j’ai trouvé finalement assez banale, trop simple peut-être. Pour preuve : après avoir fini ma lecture depuis quinze jours, je ne me souviens déjà presque plus de l’histoire, tant le récit manquait de piquant.


Un roman adolescent qui devrait plaire à la tranche d’âge ciblée, puisque l’auteure aborde des sujets de société courus par les jeunes (le sexe, l’amour, le pardon, la réputation…). Pour ma part, je n’ai pas accroché à la protagoniste et ai trouvé que l’histoire manquait d’intensité et de profondeur. 

Ma note : 4/10

 

Littérature italienne·Romance

La petite herboristerie de Montmartre


La petite herboristerie de Montmartre de Donatella Rizzati

412 pages, éditions Charleston, à 22,50€


Résumé : Paris, novembre 2004.

Viola Consalvi passe pour la première fois la porte d’une herboristerie tout près de la rue Lepic, à Montmartre. Pour cette passionnée de naturopathie, la découverte de ce lieu hors du temps est un véritable coup de foudre. Au contact de cet endroit magique et de sa propriétaire, Gisèle, la jeune étudiante est confortée dans son choix d’étudier la médecine alternative, choix que n’a hélas pas accepté sa famille. Son diplôme en poche, Viola retourne à Rome et rencontre l’amour en la personne de Michel. S’ensuivent six ans de bonheur, qui volent en éclat quand Michel décède brutalement d’un arrêt cardiaque. Bouleversée, anéantie, Viola se sent basculer. Au plus fort de la tourmente, une idée lui traverse soudain l’esprit : et si elle retournait à Paris, là où tout a commencé ?


Extraits :  « Ma petite, une vie entière ne suffit pas pour tout apprendre. Mais ceux qui arrêtent de chercher se condamnent à mourir.« 

« Manger, ce n’est pas juste un besoin humain. C’est beaucoup plus, ça appartient au monde des émotions, la cuisine reflète une précision, une envie de bien faire. Dans certains cas, c’est même une déclaration d’amour qui se passe de mots. »


Mon avis : La petite herboristerie de Montmartre, c’est une bouffée d’air frais que j’ai lu dans climat étouffant d’été. Une histoire paisible et relaxante, qui m’a apporté plaisir et détente.

Après le décès subit de son mari, Viola, une jeune trentenaire italienne, perd goût à la vie. Pour changer d’air et se ressourcer, elle décide de retourner à Paris, ville où elle a réalisée ses études de naturopathe, et où elle a rencontré Gisèle, gérante d’une boutique d’herboristerie, devenue une très grande amie. Elle replonge avec extase dans ce lieu magique de la boutique de l’herboristerie, et réapprend peu à peu, à vivre, à prendre soin d’elle, à aimer.

C’est une histoire poétique qui met en avant une jeune femme, abattue par le deuil, qui va aller de l’avant pour tenter de se reconstruire. Mais rassurez-vous, point d’atermoiements dans ce roman, seulement des touches d’espoir et une légèreté qui donne du baume au coeur. De belles leçons de vie vous y attendent.

Pour les plus téméraires, des petites recettes à base d’herbes sont disséminées ici et là dans le roman. Ainsi, au fil de votre lecture, vous pourrez découvrir différents remèdes, notamment pour rétablir l’équilibre du cinquième chakra, pour préparer un bain relaxant parfumé au miel et au citron, ou encore pour apprendre à confectionner des huiles essentiels au lavande. Des recettes qui vous feront vous sentir mieux, en accord avec vous-même et avec la vie.  En tout cas, j’en ai repéré quelques-unes, que je vais sans doute tester prochainement…
Donatella Rizzati met en avant un concept de médecine traditionnelle, qui vise à améliorer l’organisme par des moyens naturels et biologiques. J’ai apprécié découvrir ce monde à part que je ne connaissais pas. J’ai beaucoup aimé découvrir la boutique atypique de Gisèle, une herboristerie traditionnelle, comme il n’en existe que trop peu dans le monde. C’est un lieu convivial, où il y fait bon vivre. En tout cas, j’aurais adoré trouver ce genre de boutique dans les villes où je me rends, flâner entre les rayonnages, respirer les nombreux parfums et embruns qui se dégageaient des fioles…

Une histoire légère et paisible, à lire idéalement l’été. Vous n’y retrouverez pas de prise de tête, seulement de bons moments de lecture, qui vous apporteront une paix intérieure et un calme relatif. Une romance vite lue… mais vite oubliée aussi.  

Ma note : 6/10

 

IMM

In my mailbox

imm

In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque.
Le regroupement des liens se fait sur le blog Lire ou Mourir

 

 

 


Pour bien débuter ce mois d’août, je suis allé faire un petit tour chez Emmaüs. Et j’en suis ressortie avec quatre jolis livres de poche. J’ai donc choisi de prendre Fugitives, le roman de Alice Munro qui a reçu le prix nobel de littérature. Un résumé attrayant, une jolie couverture, un livre en parfait état : il n’en fallait pas plus pour que je craque !

Résumé : Elles partent. Fuguent. S’enfuient. S’en vont voir ailleurs. Elles : des femmes comme les autres. Par usure ou par hasard, un beau matin, elles quittent le domicile familial (ou conjugal), sans se retourner. En huit nouvelles, Alice Munro met en scène ces vies bouleversées. Avec légèreté, avec férocité, elle traque les marques laissées sur les visages par le temps, les occasions perdues, les petits arrangements que l’on croyait provisoires.

 

Deuxième achat : Esprit d’hiver de Laura Kasischke. Un livre que je me réserve pour l’hiver prochain.

Résumé : Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant.


Continuons la découverte de mes achats avec deux livres très connus, dont chacun doit avoir entendu parler. Le premier, sans doute le plus connu des quatre livres achetés est le roman de S. J. Watson, Avant d’aller dormir. Après en avoir entendu parler pendant des années et des années, je me suis finalement laissé tenter.

Résumé : Chaque matin, c’est le même effroi. La même surprise. En se découvrant dans la glace, Christine a vieilli de vingt ans. Elle ne connaît ni cette maison, ni l’homme qui partage son lit. Et chaque matin, Ben lui raconte. L’accident. L’amnésie… Ensuite, Christine lit son journal, son seul secret. Et découvre les incohérences, les questions, tout ce qu’on lui cache chaque matin, posément. Peut-être pour son bien… Peut-être pas.

 

Et pour terminer mes achats livresques de chez Emmaüs, j’ai choisi de prendre un Mary Higgins Clark, Où es-tu maintenant ? C’est une auteure « à valeur sûre » : on sait que chacun de ses livres renferme un trésor.

Résumé : Cela fait dix ans que Mack a disparu. Dix ans qu’il téléphone à sa famille, chaque année, à l’occasion de la fête des mères. Sans rien dire de lui. Même la mort de son père dans la tragédie du 11 septembre ne l’a pas fait revenir. Poussée par le besoin de tirer un trait sur les drames qui ont frappé sa famille, sa sœur Carolyn décide de le retrouver coûte que coûte. Malgré l’avertissement glissé à leur oncle prêtre dans la corbeille de la quête à l’église  » Dites à Carolyn qu’il ne faut pas qu’elle me cherche.  » Menace ou supplique ? Son enquête va conduire la jeune femme au cœur d’une affaire plus trouble qu’il n’y paraît, sur les traces de plusieurs jeunes filles assassinées dans le quartier où vivait Mack à New York. Est-il le serial killer recherché par la police ou la victime d’une horrible machination ?


Et vous, quels livres rejoignent vos bibliothèques cet été ?

 

Littérature jeunesse·Saga

20, allée de la Danse : Petit rat, malgré tout


20, allée de la Danse : Petit rat, malgré tout de Élizabeth Barféty

154 pages, éditions Nathan, à 9,95€


Résumé : Rien ne destinait Bilal à la danse. Et pourtant le voici élève de la prestigieuse école de l’Opéra. Mais tout le monde ne voit pas cela d’un très bon oeil. Bilal est tourmenté par ses anciens copains : d’après eux, la danse, c’est « pour les filles » ! Seulement, Bilal n’ose pas en parler. Ni à ses nouveaux ami, ni à son père qui ne le comprend pas… Le jeune danseur parviendra-t-il à combattre les préjugés ?


Extrait :  « C’est ce mélange de concentration de calme et d’effort qui lui a immédiatement plu dans la danse classique. Il aime la sensation de contrôler son corps et d’être si absorbé qu’il n’y a plus de place pour rien d’autre. Les muscles le tiraillent, son cerveau est entièrement occupé par l’exercice et par la musique.« 


Mon avisJe continue ma découverte de cette saga jeunesse qui met en lumière, dans chacun de ses tomes, un élève de l’école de danse de l’opéra de Paris. Dans Petit rat, malgré tout, nous faisons la découverte d’un garçon, Bilal, qui passe ses journées à l’école de danse, et qui rentre le soir chez lui, dans une triste banlieue, bien loin de la majesté qu’offre le quartier de l’opéra. Et pour cause : Bilal vient d’une famille assez pauvre, qui s’est longuement questionnée sur ce qui avait attiré Bilal dans ce milieu de la danse, très éloigné de tout ce qu’ils connaissent. Si peu à peu, sa famille accepte sa décision, ses anciens copains d’école, eux, se moquent encore fréquemment de son choix. Mais bien sûr, tout ce qui se passe en dehors de l’école reste en dehors de l’école ; ainsi, la bande de copains de l’opéra ne savent pas que Bilal souffre des nombreux obstacles qui se dressent entre lui et la danse.

Bilal est un personnage qui casse tous les stéréotypes qui tournent autour de la danse : ce n’est pas une discipline dédiée spécialement aux filles, ce n’est pas réservé à une classe sociale supérieure, c’est une activité accessible à tous et pour tous. Une belle figure de héros, comme on en trouve que trop peu. Bilal m’a touché ; par sa volonté et son courage, par sa façon de ne pas suivre les chemins préétablis par la vie, mais de se créer ses propres chemins. Peu auraient osés !

Dans ce tome-ci, contrairement aux autres, l’auteure se désaxe un peu de la danse pour se tourner vers les valeurs humaines. Elle nous offre donc un roman sur fond de danse, mais empli en premier plan de magnifiques valeurs : l’amitié, l’amour, l’entre-aide, la solidarité, la différence. Autant de leçons de vie qui donnent à réfléchir (aux plus petits comme aux plus grands). En tout cas, il m’a tant fait réfléchir que je me demande bien si ce n’est mon tome préféré de la saga… A méditer !


 Enfilez vos ballerines, et laissez-vous glisser sur scène : émotions, rires et larmes sont au rendez-vous. Une belle histoire d’amitié, d’amour et d’entre-aide vous y attend. 

Ma note : 7,5/10

 

Classique·Littérature autrichienne·Nouvelles·Roman

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme


Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig

139 pages, éditions Stock, à 7,50€


Résumé : Scandale dans une pension de famille « comme il faut, » sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un de ses clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée…
Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimé chez la fugitive.
Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d' »Amok » et du « Joueur d’échecs » est une de ses plus incontestables réussites.


Extraits :  « Le jeu révèle l’homme, c’est un mot banal, je le sais : mais je dis, moi : sa propre main, pendant le jeu , le révèle plus nettement encore.« 

« Malgré moi, je pensais chaque fois à un champ de courses, où, au moment du départ, les chevaux excités sont contenus avec peine, pour qu’ils ne s’élancent pas avant l’heure fixée : c’est exactement de la même manière que les mains des joueurs frémissent, se soulèvent, et sa cabrent. Elles révèlent, par leur façon d’attendre, de saisir et de s’arrêter, l’individualité du joueur : griffues, elles dénoncent l’homme cupide ; lâches, le prodigue ; calmes, le calculateur et, tremblantes, l’homme désespéré. Cent caractères se trahissent ainsi, avec la rapidité de l’éclair, dans le geste que l’on fait pour prendre l’argent, soit que l’un le froisse, soit que l’autre nerveusement l’éparpille, soit qu’épuisé un joueur, fermant sa main lasse, le laisse rouler librement sur le tapis.« 


Mon avis : Zweig a la réputation de faire parti de cette caste très privée des auteurs incontournables, de ceux que l’on peut lire aveuglément, sans jamais être déçu. Curieuse de découvrir cet auteur dont on fait tant de louanges, je m’étais plongée dans Lettre d’une inconnu, suivi de La ruelle au clair de lune, deux courtes nouvelles originales et très bien écrites, mais qui n’avaient pas été à la hauteur des hautes espérances que je me faisais des récits de Zweig. Sans jamais m’avouer vaincue, me voici replongeant tête la première dans une autre nouvelle de l’auteur, l’une de ses plus connues : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme.

Madame Henriette, épouse et mère comblée, s’enfuie un beau jour avec un bel inconnu rencontré la veille, laissant derrière elle mari et enfants. Une nouvelle qui scandalise et provoque mille et une réactions. Seul un jeune homme prend la défense de la pauvre dame. Poussée par la réaction positive de ce bel étalon, une vieille dame va le prendre pour confident : s’ensuit alors une longue conversation sur le mal qui la ronge depuis des années. Passionnément amoureuse d’un homme qu’elle avait rencontré le jour même, elle va se sacrifier corps et âme à lui. Malheureusement, animé par sa folie du jeu, cet homme ne remarquera même pas cette femme, qui s’est donnée entièrement à lui.

Il n’y a pas à dire, la prose de Zweig est spectaculaire. Les phrases doivent être travaillées au mot près, reformulées maintes et maintes fois, mais elles nous arrivent avec fluidité et légèreté. L’histoire s’écoule toute seule, paisiblement et magnifiquement.

En seulement vingt-quatre heures, on peut ressentir intensément une large palette d’émotions qui caractérisent la vie et l’amour (la passion, la joie, l’obsession, la désillusion…). La confession de cette femme bien-pensante du milieu bourgeois a de quoi surprendre : elle s’est laissée tenter par la folie amoureuse, au risque d’attirer sur elle les regards critiques de son entourage. Une confession qui met en avant la femme comme sujet à l’amour, à l’autonomie et aux sentiments, choses qui étaient très mal venues de la part d’une femme dans les années 1930 (date approximative de publication de la nouvelle). J’apprécie ce côté là de l’histoire ; en revanche, j’abhorre la façon dont Zweig a développé ce personnage féminin : sentiments exacerbés, naïveté extrême, manque de répartie… il n’y a pas à dire, le portrait dressé de cette femme n’est pas très élogieux et aurait mérité plus de caractère.

De plus, les émotions sont nombreuses, certes, mais le fait que la nouvelle soit courte et intense ne me permet pas d’en ressentir toute la profondeur. Je suis quelqu’un qui aime bien prendre le temps d’assimiler les choses, de les découvrir, de les ressentir passionnément. Et là, tout arrive par vagues consécutives, nous frappant de plein fouet, sans qu’on y soit préparé. Il y a de quoi être déstabilisé, vous ne croyez pas ? Le fait est donc que je n’ai pas ressenti autant d’émotions que ce à quoi je m’attendais.


 Une nouvelle superbement narrée, mais qui ne m’a pas totalement convaincue. Les émotions trop froides m’ont empêchées d’entrer plus profondément dans la psychologie des personnages. A lire quand même, pour découvrir comment vingt-quatre petites heures peuvent changer la vie d’une femme. 

Ma note : 6,5/10

 

Bilans

Bilan du mois

JUILLET 2017

→ Cette étoile ne s’éteindra pas de Esther Earl, Lori et Wayne Earl (443 pages)
→ Les gentilles filles vont au paradis, les autres là où elles veulent de Elie Grimes (439 pages)
→ Jules César de Rachel Firth (62 pages)
→ Another story of Bad Boys de Mathilde Aloha (597 pages)
→ La famille trop d’filles : Elisa et les danseurs américains de Susie Morgenstern et Clotka (42 pages)
→ Les morsures de l’ombre de Karine Giebel (299 pages)
→ L’amour à pleines dents ! de Cali Keys (315 pages)
→ De Gaulle, le résistant de Hélène Montardre (61 pages)
→ The november criminals de Sam Munson (285 pages)
→ 169 jours pour le faire de Lindsey Rosin (345 pages)
→  Body de Harry Crews (305 pages)
→ Les chemins de l’école : Jackson – Kenya (68 pages)
→ La vengeance du pardon de Eric-Emmanuel Schmitt (325 pages)
→ Le silence des sirènes de Sarah Ockler (456 pages)


14 livres lus, soit 4042 pages


 

Mon coup de coeur du mois :

 

Ma déception du mois :

Littérature jeunesse

Le silence des sirènes


Le silence des sirènes de Sarah Ockler

456 pages, éditions Nathan, à 16,95€


Résumé : Elyse, promise à une belle carrière de chanteuse, doit partir en tournée avec sa sœur jumelle. Mais elle devient muette suite à un accident en mer. Du jour au lendemain, Elyse perd ses repères, ses rêves, sa joie de vivre… Elle se réfugie alors chez sa tante, à Atargatis Cove, petite ville portuaire portant le nom d’une sirène légendaire. Là-bas, elle s’isole, passant ses journées à écrire des poèmes sur le flanc d’un bateau échoué. Heureusement, elle rencontre bientôt Christian, séduisant bad-boy, et son jeune frère, Sebastian, qui rêve d’être une sirène. Avec eux, elle va décider de sauver la ville, menacée par un projet touristique, et surtout… retrouver le goût de la vie.


Extraits :  « Le coeur des femmes est infini. Il y a assez de place pour les deux – la douleur et le bonheur.« 

« Le silence est un filet qui attrape les secrets et les fait remonter à la surface.« 


Mon avis : Sarah Ockler est une auteure jeunesse que j’ai déjà croisé à plusieurs reprises. Sans être de la grande littérature, ses précédents romans m’avaient fait passer un bon moment de détente. Avec Le silence des sirènes, l’auteure revient au devant de la scène en proposant une lecture estivale, propice à la saison.

Alors qu’Elyse, accompagnée de sa soeur jumelle, sont promises à un grand avenir dans le monde de la chanson, Elyse perd subitement l’usage de sa voix. Démunie, anéantie, elle décide de s’éloigner de son ancienne vie, et trouve refuge à Atargatis Cove, une ville en bord de mère, où habite sa tante. Là-bas, escortée de sa cousine, elle va faire de très belles rencontres : Vanessa, une jeune femme sympathique et délurée, Christian, un beau gosse ténébreux et mystérieux, ainsi que Sébastien, le petit frère du bad boy. Pour retrouver goût à la vie, Elyse va se lancer dans une aventure qui n’est pas de tout repos : restaurer le vieux voilier de Christian, pour ensuite prendre la mer avec lui et gagner ensemble la compétition des pirates.

L’histoire est agréable à lire, et devrait ravir les jeunes lecteurs. Néanmoins, pour des lecteurs plus aguerris, comme moi, certaines choses, dans le comportement des personnages, par exemple, ont gênés l’avancée de ma lecture. Car il est vrai que Sarah Ockler baigne dans le cliché. Le bad boy et la petite fille timide et muette qui tombent mystérieusement et subitement amoureux, on le sentait tous venir à mille kilomètres. Ce n’est pas très novateur comme approche ; à force de voir le même schéma archétypale se présenter à chaque lecture jeunesse, on en arrive à saturation. Même les jeunes lecteurs doivent en avoir marre qu’on les infantilise encore plus qu’ils ne le sont déjà. Un peu plus de maturité dans les histoires jeunesses narrées, notamment dans les histoires d’amour, ça apporterait quelque chose de plus solide au récit.

En outre, je suis passé totalement à côté de ce que l’auteure voulait transmettre à travers son histoire de sirène. Je n’ai absolument pas compris le rôle des sirènes dans l’histoire, ni l’intérêt d’accorder cet aspect de l’histoire au reste. Certains chroniqueurs postulent à dire que Le silence des sirènes est une réécriture de La Petite sirène. Certes, les connivences sont nombreuses, l’inspiration est clairement tirée du conte d’Andersen, mais la modernisation et l’ancrage réaliste de l’histoire ne m’ont pas convaincues ; bien trop brouillonne, et peu utile au déroulement du récit.

De plus, il y avait une sorte de fil conducteur tissé autour de la perte de parole d’Elyse, qui nous poussait à en savoir toujours davantage. L’auteure ne distille que très peu d’indices pour assouvir notre curiosité, d’où l’envie toujours plus grande de continuer notre lecture pour découvrir le fin mot de l’histoire. Mais là encore, l’histoire s’étire en longueur. Il ne se passe que très peu de choses, tant et si bien que je me suis ennuyée à de nombreuses reprises.


Un roman jeunesse estival et moderne, qui devrait ravir les fans de La Petite Sirène. Malheureusement pour moi, la magie n’a pas opérée. J’ai trouvé le récit trop plat et pas assez original. 

Ma note : 4/10