Les Sirènes d’Es Vedrà


Les Sirènes d’Es Vedrà de Tom Charbit
331 pages, éditions Seuil, à 19,50€


Résumé : Les habitants d’Ibiza racontent que les Sirènes auxquelles Ulysse a échappé se cachaient à Es Vedrá, une petite île voisine aux pentes vertigineuses et à la beauté magnétique. Leur chant a depuis été recouvert par le grondement de la musique électronique.
C’est cette musique que Juan a jouée, derrière ses platines, durant une longue nuit de vingt ans. Vingt années à faire danser le monde entier, vingt années de fêtes et d’excès, sans jamais toucher terre.
Les Sirènes d’Es Vedrá est le récit de l’atterrissage en catastrophe d’un homme arrêté au sommet de sa carrière à l’approche de la quarantaine, d’une retraite précipitée, et d’un réveil difficile dans un petit village du sud de l’Ardèche. Mais comment se réinventer quand autour de soi tout s’effondre ? Y a-t-il une vie après la fête ?
Épopée intime pleine d’autodérision d’un homme trop vieux pour avoir encore des illusions mais trop jeune pour faire le deuil d’une autre vie possible, récit d’une révolution intérieure, portrait d’un monde rural en lutte, histoire d’amour tragique inoubliable, ce roman ample et puissant, drôle et émouvant, nous parle de ce que nous sommes, de ce que l’on aimerait être, et de la nécessité de faire face au cours fondamentalement abrupt et cruel de nos existences.


Extraits« On ne sait jamais quoi dire à quelqu’un qui souffre. On est juste là à hésiter entre plusieurs options alors qu’on sait très bien qu’elles sont toutes mauvaises. »

« Il y a des choses auxquelles on peut faire face, des douleurs qu’on peut atténuer, des contrariétés qu’on peut relativiser. Et d’autres qui nous tombent dessus, tel un couperet. »


Mon avis : Je remercie sincèrement les éditions du Seuil, ainsi que les équipes de Babelio, pour m’avoir sélectionnée afin de découvrir le premier roman de Tom Charbit. Malheureusement, je n’ai absolument pas accroché, que ce soit à l’histoire, au protagoniste, ou au style d’écriture.

Juan est un DJ internationalement connu, qui mixe aux quatre coins du monde. Continuellement en voyage, il traverse les pays comme le temps à une vitesse fulgurante. Après plus de vingt ans de carrière, les effets dévastateurs de ce rythme fou (drogue, alcool, volume sonore…) commencent à se faire sentir. Juan a notamment des problèmes d’audition, des acouphènes dû au volume exponentielle des sets qu’il jouait. Il décide de se reposer un temps en pleine campagne, au fin fond de l’Ardèche, afin de faire le point sur sa vie et de retrouver un peu de sérénité. Très rapidement, il va nouer des liens avec la population locale et s’imprégner totalement de ce nouveau rythme de vie, paisible, calme et ensoleillé, loin de son quotidien passé. Ce sera l’occasion pour lui de faire le point sur sa relation avec Ana, son ex dont il est toujours amoureux ; mais aussi de raisonner Julian, son jeune poulain, qui suit ses traces dans le monde de la nuit.

J’ai trouvé ce récit assez indigeste. La première partie du récit était pourtant agréable à découvrir, avec un personnage très humain, attachant, qui inspirait pitié et tristesse. Ses problèmes auditifs et sa relation avortée avec Ana sont des sujets de fond qui m’intéressaient, mais que je n’ai plus retrouvé dans la seconde partie, trop mécanique, froide, totalement vide de sens et de sentiments. 

Il faut dire que les sujets sont (trop) nombreux et souvent uniquement abordés, sans être développés ; on se demande alors où se trouve l’intérêt réel du récit. J’ai en tête notamment les grands serments sur le gaz de schiste, produites par les sociétés américaines, qui viennent se placer dans l’histoire par je ne sais quel miracle, sans qu’aucun lien précis ne les y invite. C’est également le cas pour les longues discussions sur les postures vegans, ou bios, qui sont lourdes à lire et en totale inadéquation avec le récit. Ces passages étaient particulièrement barbants, non qu’ils soient inintéressants, mais pas forcément les bienvenus dans cette histoire, que je pensais plutôt intimiste et émotive. Finalement, ce n’est qu’au dénouement que l’on retrouve un peu de l’essence de la première partie, avec un retour sur l’histoire entre Juan et Ana et beaucoup de sentiments, particulièrement les bienvenus. Dommage que l’ensemble du livre n’a pas été écrit dans la même veine que ces scènes-là !

Enfin, globalement, je n’ai pas apprécié le style d’écriture, que j’ai trouvé, de la même manière que les sujets abordés ci-dessus, particulièrement lourd. Des paragraphes entiers s’étalaient, assez inutiles, comme si l’auteur souhaitait remplir des pages et des pages, sans servir l’histoire, qui n’avançait pas d’un pouce. Je pense notamment aux longues séries de descriptions, trop précises et alourdissantes, sur les paysages, l’environnement, les personnages, qui m’ont ennuyées.


Une histoire qui commençait bien, mais les longueurs à répétition et la lourdeur du texte ont vite freinés mon ardeur : je n’ai pas pris de plaisir avec cette lecture. 

Ma note : 3/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-02-148338-3

2 réflexions sur “Les Sirènes d’Es Vedrà

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