Je suis venue te dire


Je suis venue te dire de Cynthia Kafka
289 pages, éditions l’Archipel, à 18€


Résumé : Le parcours d’une jeune femme sur les chemins de la compréhension et du pardon. Une relation père/fille que les non-dits ont abîmée. A l’approche de la fin de vie, seuls l’amour et le respect pourront les réunir.
À 28 ans, Rose a l’âge où l’on a d’ordinaire trouvé sa voie. Or sa vie est sans charme ni éclat. Elle ne sait pas comment allumer l’étincelle qui la fera briller, mais elle connaît la cause de ce désastre : son géniteur.
Après dix ans d’absence, elle regagne sa ville natale à la rencontre de ce père tant haï pour régler ses comptes et enfin se reconstruire. Mais, surprise, elle le découvre en soins palliatifs, dans l’incapacité de répondre à ses questions, ne pouvant que l’écouter.
Entre ses croyances d’enfant et ses rancoeurs d’adulte, Rose part à la découverte de l’autre pour s’accepter. Mais comment trouver la force du pardon quand on s’est construit dans la colère ?


Extraits« Ce qu’on a été toute sa vie, reprend-elle, ça nous retombe dessus comme un gros orage inattendu au moment de passer par la petite porte. Le bien, le mal. On redevient tous pareils, face à la grande Faucheuse. Des mômes. On n’est jamais tout à fait prêt à passer de vie à trépas, tu vois. Et qui qu’on soit, on a le droit, mais ça, c’est vraiment mon opinion, à un peu d’humanité avant de casser sa pipe. Parce que, quels que soient nos défauts ou nos qualités en ce bas monde, quand vient la fin, on est mort de trouille avant d’être mort tout court. »

« Le Ciel, c’était ce dont certains avaient besoin pour se dire qu’il y avait quelque chose après la vie sur Terre. C’était une excuse nécessaire pou ne pas passer ses journées à se lamenter. Mais c’était aussi une façon de ne plus en discuter : « Elle est au Ciel, on n’en sait pas plus, n’en parlons plus. » »


Mon avis : De nombreuses critiques, que ce soit professionnelles ou amateurs, vantaient la profonde émotion qui se dégageait de cette histoire. Peut-être suis-je trop insensible, puisque Rose, l’héroïne, m’a effleurée, sans vraiment me toucher… du moins, pas au point d’en pleurer.

A bientôt trente ans, Rose est contactée pour venir voir son père, admis dans un service de soins palliatifs, où il attend son heure. Après de très nombreuses années sans se voir ni se parler, cette nouvelle laisse Rose dubitative. Elle décide finalement d’aller le voir sur son lit de mort et de lui confier, enfin, toutes les peines qu’elle a sur le coeur. Arrivée à son chevet, elle se rend compte que son père est incapable de parler et de réagir, hormis quelques clignements d’yeux. Une aubaine pour la jeune femme, qui se sent pour la première fois de sa vie en confiance pour dévoiler ses sentiments. Car son père, dans son enfance, l’a profondément blessée, l’a totalement délaissée, si bien qu’elle a dû fuir et couper les ponts avec lui pour se construire une vie décente.

Le récit alterne entre des souvenirs de l’enfance de Rose auprès de son père (pas souvent très gaies) et des bribes du présent. Dans ces derniers, notre héroïne se confie ouvertement à son père, sorte d’exutoire pour comprendre les choses, les partager et enfin se reconstruire pleinement, dans un environnement sain et paisible. On se rend compte que le fait de partager ses peines et ses souffrances intérieures, lui permet également d’apprendre à mieux se connaître. La Rose timide, effacée, qui s’excuse presque d’exister, est en fait une jeune femme accomplie, courageuse, dotée d’un courage sans nom.

Cette libération de la parole lui ouvre donc une nouvelle voie, celle de la tranquillité et de la paix intérieure. Elle lui permet de se redécouvrir et de tisser de nouveaux liens. En effet, c’est lors de ses visites à son père que Rose tombe sur Amélia, une amie d’enfance, avec qui elle reprend contact. Amélia lui présente son frère, avec qui elle se lie rapidement d’amitié, ainsi que son cercle d’amis proches. Rose (re)commence à sortir, à se sociabiliser, à profiter tout simplement de tout ce que la vie a à lui offrir. Le fait de voir son père sur son lit de mort doit également lui insuffler cette dose d’énergie supplémentaire, qui lui donne envie de vivre le plus intensément possible chaque instant. Le sujet est difficile, triste et émouvant, mais le message est plein d’espoir et de joie.

Néanmoins, il m’a manqué un semblant de dynamisme dans l’alternance des chapitres, qui s’avéraient souvent redondants et n’apportaient pas tous quelque chose à l’histoire. De même, tout comme le reproche que j’ai fait au style narratif, tout j’ai trouvé le personnage de Rose assez mou, effacé, un peu vide. L’histoire globale manquait de vigueur et de consistance ; mais cela n’enlève rien aux beaux messages qu’elle délivre et à la qualité de la narration.


Un roman touchant sur la relation père-fille au seuil de la mort. Une belle histoire, tantôt triste ou gaie, elle insuffle avec justesse beaucoup d’espoir aux lecteurs.

Ma note : 6,5/10

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ISBN : 978-2-8098-4188-6

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