L’hiver de Solveig


L’hiver de Solveig de Reine Andrieu
443 pages, éditions Préludes


Résumé : Été 1940. Dans la France occupée par les Allemands, les habitants sont contraints de donner gîte et couvert à l’ennemi. À Lignon, paisible bourg du Bordelais, les Lenoir, une famille de notables, doivent héberger Günter Kohler. Passée sa répulsion première, Noémie, la jeune épouse, éprouve une violente attirance pour l’adjudant qui vit désormais sous leur toit.
Printemps 1946. La guerre est terminée, mais elle a laissé derrière elle son lot de malheurs, et de nombreux déplacés. Parmi eux, une fillette, retrouvée assise sur un banc, dans un village non loin de Bordeaux. Qui est-elle ? d’où vient-elle ? et pourquoi semble-t-elle avoir tout oublié ? Justin, un gendarme de vingt-quatre ans, décide de la prendre sous son aile et de percer le mystère qui l’entoure.


Extraits : « Oui, je suis une vieille dame, je le revendique et suis heureuse d’être arrivée jusque-là. Vieillir, c’est finalement avoir la chance de ne pas mourir jeune. Comment s’en plaindre ? »

« On fait toujours de la politique. Même en tant que simple citoyen. Même en ne réagissant pas à ce qui se passe, on fait de la politique. Laisser faire, c’est cautionner la collaboration, donc c’est de la politique. »


Mon avis : L’hiver de Solveig est le premier roman de Reine Andrieu, et j’espère sincèrement que ce ne sera pas le dernier. Il prend place en été 1940, alors que la France est occupée par les Allemands. À Lignon, un petit village proche de Bordeaux, nous faisons la connaissance de la famille Lenoir, Noémie et Germain, les parents, Solveig et Valentin, les deux enfants. Contraint d’héberger un soldat Allemand dans leur demeure, ils cohabitent tant bien que mal avec cet homme qu’ils honnissent. Progressivement, cet Allemand, nommé Günter, va se rapprocher de Noémie pour finalement voir leur relation progresser et changer. En parallèle, fin 1946, alors que la guerre est finie, Justin, un gendarme de Bournelin, petite commune proche de Lignon, va récupérer une petite fille errante, qui a perdue la mémoire suite à un traumatisme trop violent. Il va tenter de retrouver son identité, ses origines et sa famille ; mais la tâche s’annonce longue et ardue.

C’est un roman très bien construit, qui alterne avec fluidité les temporalités présents et futurs, ainsi que les différents narrateurs. On entre dans l’esprit de chacun des personnages principaux à tour de rôle – Noémie, Günter, Germain, Solveig -, sans qu’il n’y ait de perturbation ou de flou narratif. L’histoire est rythmée et en devient addictive au possible : il est très difficile de lâcher ce livre une fois débuté, tant le récit est bien ficelé et les personnages attachants.

Sur fond de Seconde Guerre mondiale, on se retrouve confrontés aux problèmes liés à la cohabitation entre des peuples ennemis, à la mobilisation des français dans des actions de résistance, à la pénurie de nourriture, aux tortures insufflées aux juifs et à toutes personnes irrespectueuses des lois érigées, à la peur, quotidienne, omniprésente. Chaque vie est bouleversée, chacun devant apprendre à s’imprégner de cette nouvelle atmosphère et à survivre tant bien que mal, dans un pays en guerre.

À côté de ça, des problèmes d’ordres plus personnels font surface : les secrets et faux-semblants sont légions, les craintes et suspicions se multiplient, chacun imaginant son voisin trahir sa patrie pour quelque raisons que ce soient. Reine Andrieu brosse avec justesse les conflits intérieurs tels qu’ils pouvaient exister à l’époque : les consciences torturées face à des choix difficiles, impliquant très souvent des vies humaines. En ces temps-là, le climat de vie est anxiogène, difficile à supporter pour beaucoup. C’est pourquoi, les quelques joies que peuvent ressentir nos protagonistes sont des bouffées d’oxygènes bienvenues et essentielles à leur maintien psychologique. L’insouciance de Solveig particulièrement est touchant à admirer : face à l’abomination des actes ennemis, elle reste une petite fille courageuse, intelligente, très curieuse, désireuse de comprendre le monde dans lequel elle vit. Confrontée très tôt aux horreurs de la guerre, elle a dû s’adapter, comme bon nombre d’enfant de son âge et grandir bien plus vite que ce qu’il aurait fallu.


Premier livre de l’auteure et pas des moindres : un roman historique émouvant, prenant, qui place l’humain, les sentiments et l’amour sur le devant de la scène en pleine Seconde guerre Mondiale. J’ai vraiment beaucoup aimé et vous le recommande chaudement !

Ma note : 8,5/10

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ISBN : 978-2-253-08085-5

2 réflexions sur “L’hiver de Solveig

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