L’avenir nous appartient


L’avenir nous appartient de Tamara McKinley

397 pages, éditions L’Archipel, à 22€


Résumé : Fuir, pour mieux se reconstruire… Londres, 1942. Pour fuir les bombardements autant qu’un mari violent, la jeune Ruby Clark est contrainte de quitter la ville. Direction Cliffehaven, sur la côte sud-est de l’Angleterre. Sur place, Ruby tente de se reconstruire et d’oublier l’épisode traumatisant qu’elle a vécu. Par chance, elle trouve vite un emploi d’ouvrière dans une usine d’armement et une chambre chez l’habitant. Mais le couple qui l’héberge n’a rien d’hospitalier, et Ruby craint de vivre un nouveau calvaire. Heureusement, Peggy Reilly la prend sous son aile et l’accueille à la pension du Bord de mer, où règnent chaleur et gaieté. Ruby reprend alors espoir. Se pourrait-il même que se dessine la perspective d’un avenir radieux ?


Extraits : « La mort ne peut constituer qu’un soulagement, au terme d’une existence placée tout entière sous le signe du tourment. »

« Parole, mon vieux Harvey, je ne comprendrai jamais rien aux bonnes femmes. Que Dieu les protège. Elles ne sont décidément pas de la même engeance que nous. »


Mon avis : L’avenir nous appartient est le prolongement d’une saga familiale débutée par Tamara McKinley. Bien évidemment, les tomes peuvent se lire séparément, comme je l’ai fait, la compréhension du récit n’en est pas altérée. Seulement, en débutant par le premier, vous en apprendrez plus sur l’histoire des protagonistes, leur parcours et ce qui les a emmené à la pension du Bord de mer.

Car c’est véritablement le liant de cette histoire : cette pension, située à Cliffhaven, en bord de mer, qui accueille des pensionnaires de tout âge, venus se réfugier là pour des raisons diverses. Ainsi, Peggy Reilly, la logeuse, accueille Ron, son beau-père, Daisy, sa petite fille de quelques mois, Mamie Finch, Fran, Sarah, Rita… et bien d’autres personnes encore. Ils partagent un quotidien heureux, simple mais chaleureux, malgré l’atmosphère pesante de la guerre et les bombardements aériens incessants. C’est justement cette guerre qui a contraint Ruby a quitter Londres pour échouer à Cliffhaven. Elle va avoir la chance de trouver rapidement un travail à l’usine, puis une place en location chez les Fraser, un couple bien intégré en société, mais qui se révèle bien moins bienveillants qu’ils n’y paraissent aux premiers abords. Heureusement, son amie Lucy, également travailleuse à l’usine, est là pour lui redonner le sourire et la soutenir quand elle en ressent le besoin.

L’histoire prend place dans un contexte compliqué : en 1942, pleine seconde Guerre mondiale, les  hommes sont partis au front, les bombardements aériens se répètent quotidiennement, les habitants vivent dans la peur constante des conséquences matérielles, émotionnelles, psychiques et la crainte de voir les siens périr. Tamara McKinley prend le parti pris de nous présenter la seconde Guerre Mondiale sous un angle nouveau : non pas directement au front, mais dans les rangs des populations civiles britanniques, tristes témoins qui subissent les batailles qui font rage au-dessus de leurs toits. Chacun se mobilise à son niveau : les femmes se relaient nuit et jour à l’usine, pour combler l’absence des hommes, d’autres donnent de leur temps pour des causes charitables, d’autres encore, infirmières, pompiers, aident du mieux qu’elles le peuvent à secourir les citoyens anglais. Une belle solidarité se met en place pour pallier aux conséquences désastreuses du conflit. J’ai beaucoup aimé cette valeur d’entraide, essentiel dans cette situation difficile. Que ce soit l’entraide physique, matérielle, ou le support émotionnel, tous aspirent à se soutenir mutuellement face au conflit mondial et aux conséquences qu’il apporte.

Heureusement, dans ce contexte pesant, les habitants de la Pension du Bord de mer sont là pour apporter gaieté et bonne humeur au récit. Les personnages sont en grand nombre – il est parfois difficile de s’y retrouver et de se souvenir individuellement de chacun -, néanmoins, ils arrivent, à leur niveau, à nous toucher. Ils ne se laissent pas abattre par la morosité ambiante, mais continuent à vivre joyeusement, à sortir, flirter, rire. La générosité et la bienveillance qui ressortent de leurs échanges sont très belles à voir : solidaires entre eux, ils s’entraident naturellement, se réjouissent des petits bonheurs de chacun et s’attristent ensemble des déconvenues personnelles. Ils forment une grande famille au sein de laquelle on se sent bien : on est comme intégré dans cette pension, un personnage à part entière du récit, ce qui est fort agréable.


Une saga familiale chaleureuse qui prend place dans un contexte oppressant de seconde Guerre Mondiale. Une atmosphère double qui fait son effet : j’ai aimé et pense lire la suite ! 

Ma note : 7,5/10

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ISBN : 978-2-8098-3963-0
Traduction : Danièle Momont

4 réflexions sur “L’avenir nous appartient

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