La saveur de nos vies


La saveur de nos vies de Deborah Elmalek

259 pages, éditions L’Archipel, collection Écriture


Résumé : Jacques Kahn, chef star multi-étoilé, mène sa famille comme ses entreprises : à la vitesse de ses ambitions boulimiques. La poursuite du rêve de sa vie – l’ouverture d’un hôtel à Marseille – le rend suspect d’une gigantesque opération de blanchiment qui manque de faire vaciller son empire et le conduit en prison. Eva, la plus distante de ses filles, galeriste à Paris, se trouve à son tour prise dans la tourmente. Cherchant à faire la lumière sur les affaires de son père, elle va rencontrer l’amour et se heurter à de lourds secrets familiaux.


Extraits : « Depuis ses débuts, les graffitis la fascinent : ils disent l’urgence dans laquelle travaillent les artistes, et la magie de l’instant. »

« Ma chérie : la force tranquille. Il n’y a que ça de vrai. Ça rend les gens fous. Prends l’air détaché, trace ton chemin et, surtout, n’oublie pas de sourire en toute circonstance. »


Mon avis : En août dernier, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir Preuve d’amitié de Chantal Milman, le premier roman de la toute nouvelle collection Écriture éditée par les éditions L’Archipel. J’étais particulièrement enthousiaste de découvrir cette collection, qui met le point sur l’écriture, la stylistique, les sens des termes. Malheureusement, bien que très respectueuse du travail de Chantal Milman, je n’avais pas été sensible à la plume de l’auteure et à son style sans doute trop brutal. Je re-tente vaillamment ma chance avec La saveur de nos vies, un roman écrit par Deborah Elmalek.

Dans celui-ci, nous faisons la rencontre d’Eva, une jeune galeriste parisienne, maman de deux jeunes enfants, qui vit une vie heureuse, entourée de sa turbulente famille. Vanessa, sa soeur cadette, Jeff, son très proche cousin, Catherine, la maman de ce dernier, sa meilleure amie Sophie, mais aussi son ami et collègue Rudy, sa belle-mère Estelle… tout ce petit monde gravite autour d’Eva, pour le plus grand bonheur de cette dernière. Seule ombre au tableau : son père, le célèbre restaurateur Jacques Kahn, chef multi-étoilé, au talent reconnu dans la France entière. Une aigreur secrète transpire entre Eva et son père, sans jamais que l’abcès soit crevé. Jusqu’au jour où Jacques est arrêté par la police pour cause de blanchiment d’argent. L’ensemble de la famille est chamboulée : c’est leur quotidien a tous qui est renversé, leurs réputations, leurs entreprises qui sont en péril… mais pis encore, c’est leur confiance en Jacques qui s’effrite. L’avocat Jeff tente désespérément de prendre la défense de Jacques ; mais entre secrets et faux-semblants, la famille Kahn est loin d’être simple à gérer !

Nous sommes projetés au coeur des tourments subis par cette famille nombreuse : relations parents-enfants complexes, histoires d’amour passionnées, auto-suffisance, mensonges et trahisons, déceptions et déconvenues… autant de thématiques fortes qui jalonnent l’ensemble du récit. Justement, ces thématiques, sans doute trop nombreuses, alourdissent le récit, empêchent l’ancrage, l’adhérence, l’engouement particulier pour un sujet. 

Malgré tout l’entrain que j’ai eu à découvrir cette histoire, il m’a manqué un je-ne-sais-quoi qui aurait pu rendre cette lecture encore meilleure. Je n’ai malheureusement pas été touchée comme j’aurais aimé l’être, je n’ai pas compati au sort des personnages, à leurs nombreux malheurs,  je n’ai pas ressenti d’attachement particulier pour l’un ou l’autre, bien au contraire, j’ai ressenti de l’aversion pour Eva, Jeff et Jacques en particulier, que j’ai trouvé trop auto-centrés, égoïstes, archétypes parfaits des personnages imbus d’eux-mêmes que j’exècre. Ajoutez à cela des longueurs quelque peu futiles, où l’on ressent clairement que l’auteure tente de combler les pages en descriptions creuses. Finalement, je reproche à La saveur de nos vies la même chose qu’à Preuve d’amitié, de la même collection : une écriture trop incisive et brutale qui ne laisse pas la place à l’émotion. Comme le dit l’adage, « jamais deux sans trois » : je laisserais sa chance à un troisième ouvrage de la collection Écriture édité par L’Archipel, avant de me décider à poursuivre ou non ma découverte de cette famille littéraire.


Une lecture laborieuse, qui manque de profondeur et d’émotions véritables. Le fond de l’histoire est bon, mais l’ensemble du récit, personnages y compris, mériterait d’être plus travaillé et affiné.

Ma note : 4/10

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ISBN : 978-2-3590-5323-8

3 réflexions sur “La saveur de nos vies

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