L’éveil, stade 1


L’éveil, stade 1 de Jean-Baptiste de Panafieu

263 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 5,90€


Résumé : Un mystérieux virus semble développer prodigieusement l’intelligence des animaux. A travers le monde, l’épizootie se propage rapidement dans les villes, les élevages, les forêts, affolant les biologistes, les amis des animaux… et les compagnies agroalimentaires. Et si le rapport de force entre les animaux et les hommes s’inversait ? Et si les bêtes décidaient de lutter pour sauver leur peau et leur liberté ?


Extraits : « Dressée sur ses pattes arrière, la souris tournait lentement la tête de droite à gauche, comme si elle évaluait les deux options. Droite ou gauche ? Fromage ou navet ? Comment choisir le bon côté ?
Penchée au-dessus de la grande boîte transparente, Laura tentait d’imaginer les réflexions de l’animal. Comportement automatique ou choix raisonné ? Et la souris pouvait-elle vraiment réfléchir ? Y avait-il la place dans cette petite tête pour une ébauche de conscience de sa situation ? La jeune chercheuse se posait régulièrement la question pendant ses expériences. »

« Ce qui est en dehors de la coutume, on croit que c’est en dehors de la raison, répondit Montaigne. C’est cette idée qui est en réalité tout à faire déraisonnable ! »


Mon avis : C’est avec bonheur que je découvre la plume de Jean-Baptiste de Panafieu, un auteur français de romans jeunesse, pourtant connu pour sa prose prolifique. Avec L’éveil, il amorce le début d’une saga jeunesse de science-fiction que je devine par avance réussie.

Alors qu’elle testait en laboratoire des virus pour soigner des maladies, Laura laisse échapper sa souris témoin. Très vite, cette dernière s’enfuie du laboratoire et retourne dans la nature… sans se douter une seconde qu’elle transporte un virus capable d’éveiller la conscience des animaux. Chaque animal qui entre en contact avec la souris perçoit instantanément ce virus. Celle-ci est tuée, puis mangée par plusieurs animaux sauvages, qui s’éveillent à leur tour. Bientôt, c’est tout un quartier, animaux sauvages comme domestiques, qui prennent conscience de leur existence. Très rapidement, les habitants s’affolent du comportement inhabituel de leurs compagnons. Laura, son frère Gabriel et ses deux amis Clément et Alya constatent que leurs animaux, le chat Chou-K, la chienne Cabosse, le perroquet Montaigne, tentent de communiquer avec eux. Ils mettent alors au point un système ingénieux pour les comprendre.

J’ai apprécié découvrir l’histoire du point de vue des humains, mais également de celui des animaux. Ces derniers se regroupent en bandes et discutent de leurs nouvelles conditions d’êtres éveillés et de ce qu’il convient de faire pour permettre au mieux d’améliorer leurs expériences de vie. Deux angles d’approches différents, avec des problématiques et questionnements distinctes, qui sont très intéressants à comparer.

Alors que la petite bande de copains ainsi que les animaux eux-mêmes voient ce virus comme une évolution majeure, l’industrie agro-alimentaire s’inquiète des retombées que peuvent avoir ces changements. En effet, si les animaux que l’on mène à l’abattoir prennent conscience de leur état, ils s’insurgeront pour éviter de mourir. Si les animaux de compagnie veulent s’émanciper, ils vont s’enfuir de leur maison, en conséquence de quoi, les humains arrêteront d’acheter des aliments pour les nourrir, ce qui fera la ruine des industriels. Pour éviter cela, ils vont tenter à tout prix de mettre au point un contre-virus, qui pourrait se propager de la même manière que le virus initial. La course contre la montre est lancée ! Ils veulent que ce soit Laura, l’instigatrice du virus initial, qui soit à l’origine de ce contre-virus. Mais la jeune femme est tenace et refuse de se soumettre à ces magnats industriels. S’ils ne peuvent pas négocier avec Laura… ils l’auront par la force !

Le rythme est dense, l’action permanente. On ne s’ennuie pas une seule seconde en lisant L’éveil. Si je pouvais soumettre une seule petite remarque, ce serait au niveau des personnages. J’ai trouvé qu’ils n’étaient pas assez travaillés, les uns se confondant avec les autres. J’ai trouvé qu’ils n’avaient pas de traits distinctifs assez marqués pour permettre de les dissocier et de s’en souvenir convenablement. Cela n’a pas forcément gêné ma lecture, mais c’est un fait qui vient perturber mon souvenir ultérieur : ce n’est pas eux dont je vais me rappeler.

Pour ce qui est de la thématique, je l’ai trouvée originale, d’ordinaire assez complexe à aborder, mais Jean-Baptiste de Panafieu en parle d’une manière simplifiée et agréable à lire. Inévitablement, après cette lecture, on ne peut que faire un parallèle assez glaçant avec le problème sanitaire du COVID qui sévit en ce moment même partout dans le monde : un simple virus, qui peut être parti d’une seule personne dans un pays ciblé, peut se propager en un rien de temps au monde entier. L’écrire noir sur blanc en est glaçant et nous fait prendre encore plus conscience de la rapidité et de la dangerosité d’un tel phénomène.


Les animaux s’éveillent les uns après les autres, prenant doucement conscience de leur existence… ce qui sème chaos et confusion chez les êtres humains. Un premier tome glaçant, rondement mené, qui donne très envie de découvrir la suite.

Ma note : 8/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-01-786870-5

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