Comédies françaises


Comédies françaises de Éric Reinhardt

476 pages, éditions Gallimard, à 22€


Résumé : Fasciné par les arcanes du réel, Dimitri, jeune reporter de vingt-sept ans, mène sa vie comme ses missions : en permanence à la recherche de rencontres et d’instants qu’il voudrait décisifs.
Un jour, il se lance dans une enquête sur la naissance d’Internet, intrigué qu’un ingénieur français, inventeur du système de transmission de données qui est à la base de la révolution numérique, ait été brusquement interrompu dans ses recherches par les pouvoirs publics en 1974.


Extraits : « Il y a ceux qui ont la faculté de discerner la chance qui passe, et ils la saisissent, et ils repartent dedans. Et il y a les autres. Ceux qui ne savent pas la discerner, ou qui, s’ils la discernent, comme moi ce soir, ne savent pas la saisir. Ou ne sont pas assez rapides. Ou n’ont pas le courage. Ou peut-être ont peur. De réussir leur vie, d’être heureux. Courir vers son bonheur, comme j’aurais pu le faire ce soir en allant la voir dès que je l’ai remarquée, c’est dans le fond la chose la moins naturelle à l’être humain. »

« Tu peux laisser passer ton destin sans t’en apercevoir. Ton destin il s’arrête sous tes yeux deux minutes comme un train – et comme un con tu regardes ton avenir sans comprendre qu’il faut vite monter dedans avant qu’il ne reparte. »


Mon avis : Il y a deux mois seulement, j’ai lu L’amour et les forêts, l’un des romans les plus connus d’Éric Reinhardt, détenteur de nombreux prix littéraires. J’avais été passablement déçue de ma lecture, dont la thématique était intéressante, mais l’écriture un peu poussive. Malheureusement, mon sentiment général reste inchangé face à Comédies françaises, le dernier livre de l’auteur.

Dimitri est un jeune reporter de l’AFP, qui se passionne pour un sujet complexe : la naissance des télécommunications en France. Son enquête va d’abord le pousser vers Louis Pouzin, un ingénieur informaticien français, qui fût l’un des premiers à imaginer l’idée d’Internet dans le sens moderne que nous lui connaissons bien. Il va également plonger dans la vie d’Ambroise Roux, un riche industriel français, grand lobbyiste, qui a pris une place conséquente dans l’attribution d’Internet aux Américains. C’est précisément cette scandaleuse affaire que Dimitri souhaite rendre accessible aux citoyen : l’abandon de l’évolution informatique en France qui a permis aux Américains d’acquérir le monopole de ce marché planétaire.

         
———————- Ambroise Roux ——————————————– Louis Pouzin

C’est très enrichissant de découvrir la naissance d’Internet et les obstacles mis en place par les pouvoirs publics pour empêcher cette révolution numérique. Néanmoins, pour des lecteurs non initiés, il est parfois compliqué de bien suivre l’évolution historique, en grande partie à cause des termes spécifiques employés. À plusieurs reprises, lasse de ce verbiage sur l’histoire numérique française qui me donnait des maux de tête et une terrible envie de dormir, j’ai continué ma lecture en diagonale. Car oui, bien que ces longues incartades techniques apportent un éclaircissement intéressant sur la thématique cible, elles sont proposées à la lecture sous forme de catalogue, type Wikipédia, aucunement ludique, ni attrayant ou romanesque.

De plus, la construction globale du récit a de quoi être déconcertante. L’auteure enchaîne, sans transitions, des moments de pure fiction et des tergiversations sur l’art, les télécommunications, la politique française ou d’autres sujets plus stimulants. Ainsi, on peut croiser Dimitri, sa lubricité, ses vulgaires envies sexuelles et sentimentales, ses rencontres imprévues, enrichissantes, souvent étonnantes et dans le chapitre suivante, sans aucune forme d’attention particulière, les longs monologues, assez ennuyants, dont j’ai parlé plus haut. C’est désarçonnant.

Néanmoins, tout comme dans ma chronique sur L’amour et les forêts, je tiens à souligner la richesse littéraire d’Éric Reinhardt, la prouesse narrative dont il fait preuve, en alignant avec justesse des mots bien pesés, finement travaillés. Il rend un très bel hommage à la langue française !


Un roman riche, complexe, bien documenté sur la naissance d’Internet en France et ses obstacles politiques, mais qui s’étire en longueurs et en tergiversations. Je suis déçue de cette lecture, que j’ai finie à grandes peines.

Ma note : 3/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-07-279698-2

4 réflexions sur “Comédies françaises

  1. Miss Obou dit :

    A lire le résumé, je m’étais dit que ce livre pouvait être intéressant, mais effectivement, si l’auteur ne prend pas la peine de nous tenir la main en utilisant un vocabulaire « simple » ou tout du moins compréhensible par quelqu’un de non-informaticien, la lecture se révèle sans doute bien compliquée! Dommage! Le thème était bien choisi!

    Aimé par 1 personne

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