Le dernier juré


Le dernier juré de John Grisham

466 pages, éditions Pocket, à 6,74€


Résumé : Alcool, armes, drogue : depuis près d’un siècle, la famille Padgitt se livre à peu près à tous les trafics dans la plus totale impunité. Intimidation, crime et corruption sont ses armes pour mettre au pas la population du petit comté de Ford, dans le Mississippi. Mais cette fois les preuves sont trop accablantes : sous l’impulsion d’un juge inflexible et d’un journaliste idéaliste, le jeune Danny Padgitt est convaincu de viol et de meurtre.

Quand il est libéré de prison neuf ans plus tard, toute la ville tremble au souvenir de la terrible promesse de l’assassin : se venger impitoyablement des douze jurés qui l’ont condamné…


Extraits : « Les guerres nous accompagneront aussi longtemps que des hommes ignorants et cupides essayeront d’imposer leur volonté à d’autres. »

« Avant, Coley leur faisait porter la combinaison orange pendant le procès. Lucien Wilbanks a fait réformer un verdict de culpabilité au motif que le jury était prédisposé à condamner son client parce que sa combinaison lui donnait l’air coupable. Il avait raison. »


Mon avis : John Grisham est un auteur phare de polar, un de ceux les plus lus dans le monde entier. Pendant près de dix ans, il exerce en tant qu’avocat, en écrivant des romans en parallèle de son activité, avant de se consacrer entièrement à sa carrière d’écriture. Il puisera dans ses expériences passées pour étoffer ses histoires, tout en dénonçant les problèmes de fond de la société américaine.

C’est ce qu’il fait dans Le dernier juré, un roman policier accès sur le procès de Danny Padgitt, accusé d’avoir violé et tué une jeune femme à son domicile. La petite ville de Clanton n’avait jamais connue une telle agitation ! Willie, directeur du journal local, en est le premier ravi : grâce à ces événements extraordinaires, l’encre coule à flot, les ventes du journal explosent. Mais le jeune homme n’est pas seulement intéressé par le profit engendré par ce crime : il est désireux de rendre justice à Rodha Kasselaw, impunément tuée sous les yeux de ses deux jeunes enfants. Mais le procès est loin d’être aisé : la famille Padgitt est influente, riche, prête à toutes les malversations pour libérer Danny – chantage, menace, corruption…

Ces dernières constituent un fléau de la justice américaine. Les Padgitt en sont l’exemple type : ils intimident les jurés, les menaces de vengeance, pour tirer profit de leurs votes. On constate également un mystère permanent autour d’éventuels acteurs du procès qui auraient été achetés par l’argent sale des Padgitt. Ces pratiques semblent bien plus communes qu’elles en ont l’air : bien que quelques personnes semblent effrayées par ces menaces, aucune enquête officielle n’est mise en place pour déterrer la vérité. Stupéfiant… et pourtant réaliste !

En parallèle, d’autres thèmes de société sont longuement abordés, notamment la ségrégation raciale, qui prend une place importante dans le récit. La ville de Clanton divise les habitants noirs et blancs. Certaines écoles sont également réservées à la population noire ou blanche. Une ségrégation déroutante, révoltante, que tente de briser Miss Callie, mère de huit enfants, qui envoie l’un de ses fils dans une école blanche, qui, malheureusement, peinera à s’intégrer à cause de sa différence de couleur. Will souhaite donner une tribune à Miss Callie dans son journal, en vantant le courage, l’abnégation et l’intelligence de cette femme noire, mère de huits enfants, devenus professeurs d’université. Très vite, Will se lie d’amitié avec la famille Ruffin, qui l’invite chaque jeudi – sans exception – à venir déjeuner chez eux. De belles rencontres, suivies de discussions passionnantes, qui permettent à Will d’alimenter son journal et d’ouvrir son esprit.

Ce dernier est un personnage ambitieux. Seulement âgé de 23 ans, il rachète un journal local, sans expérience préalable dans le milieu, et se donne comme devoir de le rendre encore plus prospère. Objectif réussi avec brio, puisque les ventes augmentent de manière significative. Finalement, quelques semaines seulement après son investissement, le journal est fortement lucratif et Will est devenu un chef d’entreprise brillant, admiré dans la ville et alentours. Une belle évolution de carrière, qui pourrait donner des idées aux jeunes qui souhaitent se lancer dans ce genre d’aventure professionnelle.

Le récit est intéressant, mais il n’est pas non plus passionnant. Je l’ai lu en diagonale, sans être particulièrement touchée par ce qui se jouait sous mes yeux. Le rythme est assez lent et les actions manquent cruellement. De plus, j’ai trouvé l’abondance de personnages excessive. C’est notamment le cas des acteurs du procès, qui sont un nombre incalculable. John Grisham a été avocat au barreau pendant de nombreuses années, il est donc simple et naturel pour lui de citer autant d’intervenants ; mais les choses se compliquent pour des novices comme moi, qui se perdent dans des imbroglios de jurés, jury, procureur, vice-procureur et tutti quanti. De quoi donner le tournis !


Un polar bien documenté, qui aborde des sujets de société américaine intéressants. Malgré tout, je n’ai pas accroché à l’histoire, en raison du manque d’actions qui rend le récit long et très lent.

Ma note : 4/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-266-16016-2
Traduction : Patrick Berthon

5 réflexions sur “Le dernier juré

  1. Miss Obou dit :

    En lisant le résumé du livre, j’avais un avis plutôt positif! Le sujet me semblait intéressant! Mais en lisant ton avis, je ne suis plus très sûre de moi! Et je suis comme toi, s’il y a trop de personnage je me perd et je ne trouve plus aucun intérêt à ma lecture! Dommage!

    Aimé par 1 personne

  2. Entournantlespages dit :

    J’adore ce genre de livres, pourtant je n’en ai encore jamais lu de cet auteur. Le fait qu’il connaisse bien ses sujets par sa propre expérience de vie peut-être très intéressant. Par contre, le manque de rythme est dommage. J’ai acheté il n’ya pas longtemps La Firme de lui, à voir.

    Aimé par 1 personne

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