Mémoires d’outre-mère


Mémoires d’outre-mère de Guy Bedos

219 pages, éditions Le Livre de Poche, à 6€


Résumé : « Je n’ai pas rêvé. J’ai bien vu ma mère frapper mon père avec un marteau. Je dois avoir entre deux et trois ans… » C’est sur cette image d’enfance, indélébile, que commencent les souvenirs de Guy Bedos. L’image d’une mère qu’il ne parviendra jamais ni à aimer ni à oublier.
Autour d’elle, l’Algérie, celle des petits Blancs racistes de son entourage, celle aussi de Finouche, l’institutrice qui lui fait découvrir d’autres valeurs, la tolérance, le respect des autres. Puis c’est la France, les débuts sur les planches…
Humoriste à succès, satiriste impitoyable, engagé dans la vie politique, Bedos lève le voile sur les bonheurs et les blessures de l’homme privé avec la même franchise provocatrice et généreuse dont il fait preuve sur scène, dans des pages où l’on croisera aussi les silhouettes de Sophie Daumier et d’Alain Delon, de Boris Cyrulnik et de François Mitterrand. Tous ceux qui de près ou de loin, en bien ou en mal, ont marqué une vie.


Extraits : « Je n’ai pas rêvé. J’ai bien vu ma mère frapper mon père avec un marteau. Je dois avoir entre deux et trois ans. Mon père est infirme. »

« C’est un sentiment que j’ai éprouvé plus tard, lors de mes séparations d’avec des femmes qui ont compté pour moi : celui qui a la valise à la main n’est pas forcément le moins malheureux. Et encore, quand on est grand, on décide. Le coeur saignant, mais on décide. Quitte à revenir sur sa décision. J’ai connu. C’est très gai.
Le petit, là, il ne décidait rien. Comme un jeune soldat qui a reçu sa feuille de route, il y va. »


Mon avis : Tout le monde doit connaître, ou au moins déjà avoir entendu le nom de Guy Bedos. C’est un humoriste, acteur et scénariste français né à Alger en 1934, qui nous a quitté il y a deux mois seulement, à l’âge de 85 ans. Dans Mémoires d’outre-mère, il se livre avec pudeur et lucidité sur sa vie tourmentée, de son enfance en Algérie, rythmé par la guerre et les déplacements géographiques, à sa montée sur Paris, où il connaîtra une ascension professionnelle mémorable, avec la gloire comme point d’arrivée.

Portrait de Guy Bedos

Je ne connaissais pas spécialement cet homme, avant de débuter son autobiographie. Je n’avais aucun a-priori, seulement beaucoup de curiosités d’en apprendre plus sur cet acteur français à la carrière retentissante. Avant de devenir l’homme qu’il est devenu, acteur, humoriste, producteur de spectacles, Guy Bedos était un enfant Algérien en manque d’affection. Ses parents séparés, Guy reste avec sa mère, qui se remarie et l’envoie en pension, où il vivra paisiblement, mais malheureux. Après l’arrivée de sa mère en France, Guy Bedos la rejoint à Reuil-Malmaison, en région parisienne, puis quitte définitivement le foyer familial à l’aube de ses 16 ans. Il vivra de petits boulots dans le milieu théâtral, avant de grimper successivement les marches du succès.

Aujourd’hui, nous gardons de Guy Bedos l’image d’un homme démonstratif, au franc-parler évident, un humoriste qui détonne et divise l’opinion publique. Son humour virulent et caustique ont fait sa signature : beaucoup se gaussaient de cet homme, qui n’hésitaient pas à régler ses comptes avec les politiques en tournant ses récriminations en dérision. Une façon bien à lui de critiquer le système en place par un moyen détourné.

Dans ses mémoires, Guy Bedos nous explique à plusieurs reprises ses liens avec François Mitterrand, alors président de la République. Une forte amitié s’est formée entre les deux hommes, engagés chacun dans des politiques socialistes. La façon dont Guy nous narre ses entrevues avec le Président sont assez surréalistes : l’un ne manque pas d’humour et l’autre entre habilement dans son jeu, écoutant avec patience et indulgence les pitreries – pas si désabusées – de son ami et allié. Découvrir un Président de la République dans son intimité, sous un visage amical et bienveillant est assez euphorisant. Parfois, on en oublierait presque que ces grands hommes restent des êtres humains comme vous et moi !

Guy Bedos et François Mitterand

Malgré tout le respect que j’aie pour cet homme, j’ai quand même trouvé ses Mémoires un peu décousues. Guy Bedos s’amuse à sauter du passé au présent sans vergogne, parlant de son enfance malheureuse en Algérie avant d’enchaîner sur sa vie politique française. Les transitions sont abruptes, pas maîtrisées, elles manquent de finesse et, par conséquent, ne m’ont pas apportées la dose d’émotions que j’espérais.


Guy Bedos narre avec pudeur et lucidité ses mémoires, de sa malheureuse enfance en Algérie, en passant par ses débuts artistiques sur les planches des musics-hall, jusqu’à son tournant politique français. Une autobiographie sincère et pure, qui aurait méritée une construction plus soutenue.

Ma note : 5,5/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 2-253-11433-2

3 réflexions sur “Mémoires d’outre-mère

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s