Il faut savoir perdre de vue le rivage


Il faut savoir perdre de vue le rivage de Sophie Machot

299 pages, éditions Eyrolles, à 16€


Résumé : La vie de Rose Baron part en miettes. Son mari l’a quittée, son frère Raphaël est mort prématurément, et son médecin la pense en burn-out. Lors de la soirée d’anniversaire organisée pour ses 40 ans, elle fait momentanément disparaître tous ses soucis en buvant plus que de raison. Le lendemain, Rose reçoit un message anonyme. Un mystérieux M. lui adresse l’un de ses propres commandements : « Rose Baron, tes commandements tu appliqueras ! ».
À partir de cet énigmatique rappel à l’ordre, Rose, assistée de sa joyeuse et fidèle bande d’amis, va mener l’enquête : qu’a-t-elle fait pendant cette soirée d’anniversaire dont elle n’a plus aucun souvenir ? Qui est M. et que lui veut-il ?


Extraits : « Vous me demandez où se cache le bonheur, madame ? Eh bien, partout ! Derrière le sourire de votre cher voisin, dans le rire de votre enfant, face à une mer dans laquelle se baigne l’horizon, dans la douceur sucrée d’une gorgée de chocolat chaud dégusté au coin d’un feu de cheminée… Il se cache derrière chaque recoin de votre vie et si vous vous donnez la peine de le chercher, vous le trouverez. En petits morceaux, certes, mais vous le trouverez. »

« Le bonheur nous échappe plus souvent qu’il ne s’offre à nous. La vie est pleine de rugosité. Mais elle est aussi remplie de moments de grâce que nous oublions parfois de vivre consciemment. Savoir reconnaître les petites joies du quotidien et les apprécier à leur juste valeur augmente notre sentiment de bonheur. »


Mon avis : Rose est une auteure à succès, qui a notamment écrit un livre de développement personnel pour trouver le chemin vers bonheur. Seul problème : elle n’applique pas les préceptes déclinés dans son livre à sa propre vie, qui part en lambeaux. Son mari l’a quitté, son frère est décédé et c’est tout son quotidien qui est remis en question. Elle s’isole, sombre dans la  déprime, au bord du burn out. Ses amis ne savent plus comment réagir. À sa soirée d’anniversaire, alors que tous ses proches sont réunis pour ses 40 ans, Rose, enivrée par l’alcool, s’éclipse soudainement. Personne ne sait où elle est passée. Lorsqu’elle se réveille chez elle le lendemain, elle ne se souvient plus de rien. De nombreuses questions la taraudent : qu’a-t-elle fait ? Avec qui ? Comment est-elle rentrée ? Pourquoi n’a-t-elle plus aucun souvenir de cette soirée ? Pour répondre à ces nombreuses questions, elle va retracer son itinéraire, qui sera son chemin de croix pour reprendre goût à la vie.

Sophie Machot distille avec parcimonie des conseils pour vivre le moment présent, profiter de chaque instant qui nous est offert, penser positif et croire au bonheur. Rose est le parfait exemple d’une personne au fond du trou, qui n’a plus rien à quoi se raccrocher, plus d’espoir ni d’attentes en la vie. Mais, en changeant sa façon de penser et de concevoir la vie, elle remonte peu à peu à la surface de son existence, retrouve le plaisir des petits choses quotidiennes, qui viennent égayer ses journées. J’ai beaucoup aimé la subtilité des conseils, qui ne sont pas seulement un étalage de catalogue d’astuces à mettre en oeuvre, mais plutôt une forme de mise en situation concrète pour permettre de les comprendre avant de pouvoir les appliquer. 

Rose essaie péniblement de remonter le cours de sa mémoire, pour découvrir où elle est allée le fameux soir de son anniversaire. À chaque fois qu’elle se souvient d’un lieu visité ou de personnes rencontrées, ces dernières lui remettent une mystérieuse lettre, signée par un certain « M ». Ces lettres contiennent les préceptes du bonheur décrites dans son propre livre, que le dénommé « M » exhorte Rose à appliquer. Le concept d’envoyer des petits mots anonymes encourageants et bienveillants à la protagoniste m’a vaguement rappelé le roman Aubrey écrit par Emma Evrard, où un correspondant envoyait des missives remplies d’espoir à l’héroïne, pour la faire réagir et sortir de l’anorexie où elle s’était enlisé. Une technique qui porte ses fruits dans les deux situations, puisque Rose, tout comme Aubrey – dans le roman éponyme – ouvrent les yeux sur leur condition, se sentent entourées, aimées, soutenues et rien que pour ça, vont tout mettre en oeuvre pour ne pas décevoir leur mystérieux correspondant. C’est peut-être aussi ça, l’une des clefs du bonheur : pouvoir se sentir bien grâce à l’appui bienveillante d’un entourage aimant. 

Rose est un personnage qui a vécu de terribles drames dans sa vie et qui mérite amplement cette paisible accalmie. On dit souvent que les pensées positives apportent du positif et bien, c’est le cas dans l’histoire personnelle de Rose : après une triste déconvenue avec son mari Raphaël,  il s’avère que la jeune femme renoue lentement des liens avec son amour de jeunesse. Une histoire d’amour naissante, agréable à suivre et voir évoluer, abordée avec délicatesse et pudeur. L’auteure ne le répétera jamais assez : il faut savoir perdre de vue le rivage… de belles choses vous attendent à l’horizon !

Mais Il faut savoir perdre de vue le rivage n’est pas qu’un livre de développement personnel, c’est aussi en quelque sorte un roman à suspense, puisqu’une certaine part de mystère entoure l’auteur des lettres anonymes. Qui est-il ? Que veut-il ? Pourquoi fait-il ça ? J’ai longuement réfléchi à ces questions, soupçonnant à tour de rôle l’ensemble des personnages présents dans l’histoire et échafaudant maintes et une théories toutes plus farfelues les unes que les autres, mais l’auteure a réussit à me surprendre avec brio à la toute fin de son récit. Si vous aimez les chutes ahurissantes, vous allez être servis ! 


Un bon roman de développement personnel, frais, pétillant qui redonne espoir. Rien n’ait jamais tout rose dans la vie, mais rappelez-vous : n’ayez pas peur de perdre de vue le rivage pour (re)trouver le bonheur !

Ma note : 7/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-212-56964-3

5 réflexions sur “Il faut savoir perdre de vue le rivage

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s