Je ne voulais pas vous faire pleurer


Je ne voulais pas vous faire pleurer de Charlotte Monnier

139 pages, éditions Slalom, à 10,90€


Résumé : Julie-Anne a 15 ans quand ses parents la déposent dans un hôpital psychiatrique pour adolescents. Anorexique, son poids est trop faible pour qu’elle puisse mener l’existence d’une jeune fille de son âge dans le monde extérieur. Elle doit prendre 7 kilos pour pouvoir sortir de l’hôpital et surtout, retrouver sa famille. Commence alors pour elle un long parcours, « enfermée » dans cette unité d’hôpital psychiatrique pour adolescents. Il va falloir s’y faire et malgré tout, s’y amuser. Mais elle va surtout y trouver un tout nouveau sens à sa vie grâce à des rencontres, les échanges avec sa meilleure amie, et… une passion inattendue.


Extraits : « Les filles restent parfois des heures à choisir un filtre sur Instagram. Elles hésitent mille ans. Ça n’est jamais bien, jamais « assez mieux » que la photo originale. Elles sont fatiguées, elles aussi, je m’en rends bien compte. Puis elles ont peur. Chaque selfie qu’elles publient sur leur profil est peut-être celle qui leur fera subir l’humiliation suprême de n’être pas « likée », pas « validée » par le tribunal virtuel de la beauté. Je n’ai même pas l’impression que les garçons trouvent ça particulièrement attirant. »

« J’ai compris que pour sortir d’ici, j’allais devoir avoir très faim… de vivre. »


Mon avis : Julie-Anne a 15 ans est vient de franchir pour la première fois de sa vie les portes d’un hôpital psychiatrique pour enfants. Son problème ? Elle est atteinte d’anorexie mentale, ne s’alimente plus et inquiète terriblement ses proches, qui ne savent plus comment réagir pour la guérir. Julie-Anne entre dans l’hôpital, mais ne sait pas quand elle pourra en ressortir. Son seul objectif : prendre 7 kilos avant de pouvoir revoir ses parents et espérer retourner à sa vie normale. Un défi de taille pour une jeune adolescente dans une période charnière de son existence.

L’histoire commence in medias res : Julie-Anne intègre directement l’hôpital, lecteurs compris. Là-bas, elle y rencontrera d’autres adolescents, qui, comme elle, se veulent du mal et inquiètent leurs proches. Jill, également atteinte d’anorexie, Kévin, qui a fait une tentative de suicide, ou encore les jumeaux, victimes d’un choc traumatique suite au décès brutal de leurs parents. Ils forment à eux tous une bande hétéroclite d’existences complexes et torturés, mais chacun démontre avec ferveur son envie de s’en sortir et d’aller mieux, pour eux-même, mais surtout pour leurs proches. Il est souvent aisé de vouloir aller mieux, mais plus compliqué de mettre en application ce principe. Seuls les plus courageux et téméraires, ceux ayant le plus de volonté pourront se targuer d’y arriver. Jill, par exemple, l’autre pensionnaire anorexique, semble ne pas progresser depuis son hospitalisation. Julie-Anne, qui souffre des mêmes maux que la jeune fille, comprend parfaitement ses blocages et tente de libérer Jill de ses tourments et angoisses. Mais cela n’est pas aisé : l’anorexie est une maladie mentale téméraire.

J’ai déjà pu lire plusieurs ouvrages jeunesse destinés à cette maladie, comme dernièrement Aubrey d’Emma Evrard, ou la biographie de Patrick Poivre d’Arvor, Elle n’était pas d’ici, consacrée à sa fille, malheureusement décédée des suites de cette maladie mentale. Mais je ne l’avais jamais abordée de l’intérieur, c’est-à-dire dans sa voie de guérison, aux côtés de jeunes encadrés par un personnel soignant, qui met tout en oeuvre pour redonner goût à la vie à ses adolescents mal dans leur peau.

Le personnel de l’hôpital est d’ailleurs aux petits soins pour leurs pensionnaires, à qui ils se confient en ouvrant leur coeur sans honte. Une solide amitié naît entre Julie-Anne est Clément, un infirmier, pilier de la jeune fille dans les pires tourments de sa vie. Le temps et l’énergie déployés par l’équipe pour sauver ces jeunes est remarquable. Grâce à eux, l’éloignement familial, le chamboulement de leur quotidien et leurs tracas personnels s’en voient allégés. Une belle émulation émane de cet hôpital, qui fait oublier les moments difficiles de l’existence.

J’ai bien aimé me plonger dans le quotidien tempétueux de cet hôpital psychiatrique pour adolescents. Je regrette seulement le manque d’approfondissement de certaines scènes, de certaines émotions, notamment celles de Julie-Anne, qui n’ouvre que très peu son coeur. Nous ne savons pas vraiment pour quelles raisons elle a sombré dans cette maladie, ni comment elle s’y ait prise, depuis combien de temps cela dure, comment elle vit réellement cet enfermement et l’éloignement de ses proches. Je pense que c’est en grande partie dû au fait que je sois maintenant une adulte et que ce livre cible principalement les jeunes adolescents. L’écriture est donc sans fioritures, simple et accessible, l’auteure ne souhaitant pas s’encombrer de détails superflus, pouvant paraître ennuyeux aux yeux de ses jeunes lecteurs. Une prise de position qui malheureusement m’a détachée de l’histoire, rendant tout attachement émotionnel à l’héroïne et aux personnages secondaires assez difficile.

Je regrette également le dénouement final de cet ouvrage. Somme toute, le début est brutal, puisque nous sommes directement projeté dans l’incorporation de Julie-Anne à l’hôpital sans l’avoir connue préalablement ; la fin l’est tout autant. Comme le début, elle est vite expédiée, bâclée. Je voyais le nombre de pages diminuer entre mes mains, alors que l’histoire n’était pas encore terminée, que Julie-Anne se trouvait encore à l’hôpital – je me suis même demandé si l’auteure souhaitait écrire un deuxième tome et faire de son histoire une saga. Mais non. J’aurais aimé que l’auteure nous décrive plus en longueur le processus de guérison de Julie-Anne, afin que l’aspect préventif et sensibilisant du récit puisse être bénéfique aux jeunes qui se sentent mal dans leur peau. Ça n’en reste pas moins une agréable lecture.


Un roman jeunesse optimiste et touchant qui prouve qu’avec de la volonté, chaque difficulté peut être surmontée. une histoire préventive, épurée et percutante, Idéale pour les jeunes lecteurs, mais sans doute trop simple pour des lecteurs plus avertis.

Ma note : 6/10

Pour lire plus d’avis

 

ISBN : 978-2-37554-232-3

9 réflexions sur “Je ne voulais pas vous faire pleurer

  1. Miss Obou dit :

    Tu piques ma curiosité! Je lirais volontiers ce livre pour en savoir davantage! Le fait qu’on rentre rapidement dans le vif du sujet sans vraiment connaître l’héroïne (ou le héros) ne me dérange pas…mais effectivement une fin trop abrupte peut me déstabiliser…à lire!

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  2. La cueillette d'une roussette dit :

    Au vu de ta chronique et ce que tu nous en dis, cette lecture est peut-être plus adaptée à un jeune public mais si tout le développement et processus de guérison ne sont pas mentionnés je trouve que cela gâche le but de l’histoire. Parler de l’anorexie est difficile mais alors autant en parler véritablement et mettre des vrais mots sur cette guérison. Comme tu dis il aurait peut-être été bien de faire un tome 2… Déjà aborder le thème est bien 😉
    Et même si je te le dis sous chaque article lu j’aime vraiment beaucoup comment tu rédiges tes chroniques, c’est tellement intéressant et fluide ! ❤️

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    • analire dit :

      Encore une fois merci pour ton commentaire et tes encouragements ! C’est vrai que de nos temps, les blogs ne sont plus trop en vogue, les gens ne prennent pas le temps de lire les chroniques écrites, préférant des feedbacks plus dynamiques ou visuels, comme les vidéos ou les photos… alors que tu prennes le temps de lire mes chroniques et de les commenter… je trouve ça tellement chouette ! Je ne te le dirais jamais assez : merci, merci, merci, merci !!!!!! 😘😘😘

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      • La cueillette d'une roussette dit :

        C’est vrai que sur Instagram beaucoup font défiler les photos sans lire les descriptions. Moi je fais partie de ces personnes qui lisent toutes les descriptions ^^ j’aime bien lire ce que les gens ont à partager. J’ai créé mon blog justement pour prendre ce temps de lire les avis des autres, d’en discuter et d’échanger. Tous les jours je vais lire des articles de blog des personnes que je suis car cela est désormais mon quotidien ❤ Lire le tien fait partie de ceux que j'aime beaucoup ! Je te le dis à chaque fois mais parce que c'est vraiment l'impression que j'ai 😍

        Aimé par 1 personne

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