Elle n’était pas d’ici


Elle n’était pas d’ici de Patrick Poivre d’Arvor

164 pages, éditions Albin Michel


Résumé : « Puisque Solenn a choisi de mettre fin au combat qu’elle menait depuis trois ans contre les démons de sa maladie, je voudrais, comme Patrick, que sa disparition soit un signal d’alarme. J’aimerais que ce livre, écrit dans l’urgence de la douleur, soit un cri vers tous ceux et celles, adolescents ou préadolescents, qui seraient tentés par la terrible impasse du suicide. La souffrance qui se lit dans ces pages, à travers les lettres reçues, est celle, indicible, de Solenn et de milliers d’autres. C’est celle aussi des parents qui assistent, impuissants, à la destruction de leur enfant. Si cette souffrance qui a été la nôtre peut aider tous ceux qui ont été ou vont être confrontés à l’anorexie ou à la boulimie, alors Solenn ne sera pas morte pour rien.  » Véronique Poivre d’Arvor


Extraits : « Écrire, ça soulage. On appuie là où ça fait mal, on se mord la lèvre, mais ensuite, on supporte la douleur. »

« Quand je chante, disais-tu, j’oublie tout, j’y trouve une manière de sérénité.« 


Mon avis : Tout le monde connaît Patrick Poivre d’Arvor, ou PPDA pour les intimes, le présentateur vedette de TF1, qui a animé le journal de 20h pendant plus de 20 ans. Mais peu de personnes peuvent se targuer de connaître une partie de sa vie privée. PPDA n’a pas eu une existence facile. Père de sept enfants, il a du faire face à ce qu’il y a de plus horrible dans la vie d’un père de famille : la mort de deux de ses filles.

Il voit d’abord disparaître Tiphaine, décédée dans son sommeil de la mort subite du nourrisson alors qu’elle était âgée d’un an à peine. Des années plus tard, c’est son autre fille, Solenn, anorexique et boulimique, qui mettra fin à ses jours en sautant devant la rame d’un métro, alors qu’elle était âgée de dix-neuf ans à peine. Comme moyen cathartique pour apaiser ses douleurs, PPDA se jettera à corps perdu dans l’écriture. Il publiera d’abord Lettres à l’absente, un témoignage bouleversant sur la souffrance d’un père, ses angoisses et ses peurs, puis Elle n’était pas d’ici, sorte d’exutoire salutaire où il dévoile tout son amour pour sa fille, sa maladie mentale et ce qu’il a ressenti suite à son décès brutal.

Patrick Poivre d’Arvor et sa fille, Solenn

Il est toujours compliqué de juger un témoignage, d’autant plus quand celui-ci aborde un sujet aussi tragique que le suicide d’un enfant. Je peux dire que j’ai été très émue de découvrir pour la première fois la plume de PPDA, un auteur prolifique, mais peu plébiscité en France. À travers ce recueil, il nous ouvre son coeur et sa vie et raconte, avec beaucoup d’émotions et de pudeur, les jours qui ont suivis et précédés le décès de Solenn. On ressent tout l’amour que ce père porte à sa fille et le regret de son départ précipité.

Plus qu’un élément cathartique pour l’auteur, il souhaitait également que ce témoignage soit bénéfique aux personnes qui, comme lui, auraient eu le malheur de subir la perte d’un enfant. Dans Elle n’était pas d’ici, il regroupe de nombreux extraits de poèmes, des témoignages d’affection et d’amour de ses proches, qui lui redonnent espoir et confiance en la vie.

Solenn s’est suicidée à cause d’une maladie mentale : les troubles de l’alimentation, autrement l’anorexie et la boulimie. Bien que cette maladie ne soit que partiellement évoquée, l’auteur met en garde les parents sur les caractéristiques et les conséquences de cette maladie, et les rassure en quelque sorte : ils peuvent être présents pour leurs enfants, les encourager, les porter, les entourer d’amour… mais ils restent tout de même impuissants et démunis face à la psychée mentale subie par l’enfant. Une maladie bien trop présente dans notre quotidien, véhiculée en grande partie par l’image du corps parfait, l’obsession de la minceur comme gage de beauté.

 


Comment continuer à vivre après le décès brutal d’un enfant ? Le journaliste Patrick Poivre d’Arvor nous offre une belle leçon de courage à travers un témoignage touchant, intime et pudique, où il déclare sans emphase tout l’amour d’un père pour sa fille. Très touchant !

Ma note : 6,5/10

Pour lire plus d’avis

 

3 réflexions sur “Elle n’était pas d’ici

  1. Nanette dit :

    Je ne connaissais effectivement pas cette partie-là résolument plus sombre et tragique de la vie de PPDA. Je trouve cela extrêmement courageux de sa part d’être parvenu à poser sa souffrance et son vécu sur papier.

    Aimé par 1 personne

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