En attendant Bojangles


En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

172 pages, éditions Folio


Résumé : Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mlle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.


Extraits : « Ceci est mon histoire vraie, avec des mensonges à l’endroit, à l’envers, parce que la vie c’est souvent comme ça. »

« Je travaille tard pour pouvoir m’arrêter tôt, lui répondait-il, ce que j’avais du mal à comprendre.« 


Mon avis : Que celui qui n’a jamais entendu parler de ce livre se dénonce ! En attendant Bojangles est un roman français paru en 2016, qui a reçu non pas un, non pas deux, mais bien trois prix littéraire successifs – et pas des moindres : le prix France Culture – Télérama, le Grand Prix RTL Lire, ainsi que le Prix France Télévision – Roman. Une histoire saluée par la critique et abondamment lu. Après toute l’exaltation et le tapage médiatique qu’il y a eu autour de ce livre, je me faisais une joie de le découvrir à mon tour.

En attendant Bojangles est un roman léger, au style extravagant, qui nous embarque dans la vie du narrateur, un petit garçon qui a la chance d’avoir des parents délurés. Dans leur famille, on ne s’ennuie pas : ils cultivent la joie de vivre et l’humour au quotidien, profitant pleinement de la vie et de tout ce qu’elle a à offrir. Ils dansent constamment sur le titre de Nina Simone, Mister Bojangles, une chanson suave et aérienne, à l’image de leur couple.

En effet, ils vivent un amour fou, dans les sens métaphoriques et réels du terme. Leur histoire d’amour est particulière, farfelue, ils s’aiment à leur manière, une manière personnelle, poétique et très émouvante. Je regrette néanmoins que leurs sentiments, si forts et si beaux à voir, laisse un petit peu en retrait le fruit de leur amour : leur enfant. On peut se questionner sur la place dont il dispose au sein de ce couple si unit. J’avais par moment l’impression qu’il était mis de côté, comme tenu en retrait de tout cet amour, victime consentante des délires de ses parents, qui l’excluait un peu du duo excentriques qu’ils formaient.

Le génie d’Olivier Bourdeaut tend au fait qu’il aborde des thématiques assez graves (la mort, le deuil, la folie), dans un style extravagant, léger et pétillant. Et c’est véritablement tout ce qui fait l’originalité de l’histoire. Ainsi, la folie, cette maladie que personne ne nomme véritablement, mais qui est constamment sous-entendue, fait partie intégrante de cette famille. Ils sont excentriques, se vouvoient entre eux et vouvoient les autres, ils ont un oiseau domestique nommé Mademoiselle Superfétatoire, qui a été ramené d’Afrique par les parents du narrateur. Ils enfreignent les conventions, n’envoient pas leur fils à l’école, font ce qui leur plaît, sans se préoccuper du regard de la société. Dans un sens, j’enviais cette famille avec cette insouciance et ce bonheur enfantin .

En attendant Bojangles est un roman poétique et tendre, qui nous éloigne de la morne réalité pour nous plonger dans une folie gaie, toujours colorée, un imaginaire plein de fantaisie, qui efface totalement la raison. L’auteur nous fait passer à travers une palette d’émotions diversifiées : c’est une histoire tantôt drôle, joyeuse, délurée, qui plonge inéluctablement vers la tristesse, la mélancolie, le tragique… mais je ne vous en dirais pas plus, pour que vous puissiez savourer à sa juste valeur toute l’étendue de la puissance narrative et émotionnelle d’Olivier Bourdeaut. Sachez tout de même qu’il vous faudra prévoir une boîte de mouchoirs, car le dénouement final est totalement inattendu, percutant, fou et tragique, à l’image même de l’ensemble du livre.

Le succès du roman était tel qu’un an seulement après sa parution, une adaptation en bande-dessinée à vue le jour. J’avoue être plutôt curieuse à l’idée de redécouvrir cette histoire de manière plus graphique et animée. Je pense me laisser tenter prochainement par l’achat de cette BD.


Adaptation du roman en bande-dessinée par Ingrid Chabbert et Carole Maurel.
Parution en 2017 aux éditions Steinkis.

Le roman peut se targuer d’avoir eu sa propre adaptation théâtrale, au théâtre de la Pépinière, à Paris, ainsi qu’une prochaine adaptation cinématographique devrait également voir le jour dans les années à venir. De quoi prolonger davantage cette parenthèse bucolique et enchanteresse.


Original et désarmant, En attendant Bojangles est un petit bijoux plein de fantaisie qui nous touche en plein coeur. Un roman peu conventionnel, doux-amer, pétillant et déluré, qui respire la gaieté et la tendresse.

Ma note : 8,5/10

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