De mort lente


De mort lente de Michaël Mention

409 pages, éditions Stéphane Marsan, à 20€


Résumé : « Nous sommes en guerre. Il en va de notre évolution, de l’avenir de l’humanité. Ils noyautent la Commission, alors nous noyautons l’industrie. Tous les coups sont permis. »

Marie, Nabil et leur fils étaient heureux.
Philippe était un éminent scientifique.
Franck était journaliste au Monde.
Désormais, ils sont victimes du puissant lobby de l’industrie chimique. Leur erreur : s’être interrogés sur les perturbateurs endocriniens, ces substances présentes dans notre alimentation et les objets de notre quotidien, responsables de pathologies telles que l’infertilité, le diabète ou encore le cancer.
Marie et les autres exigeaient des réponses, ils subissent une riposte d’une violence sans précédent. Rien ne leur sera épargné. Une guerre sans pitié, de Paris à Bruxelles, de la Bourse à la Commission européenne, où s’affrontent santé publique et intérêts privés, notre avenir et leurs profits.


Extraits : « Les scientifiques sont les nouveaux dieux, vénérés et redoutés.. »

« Les pubs créent le besoin, les labos fabriquent, les généralistes prescrivent. Du business pur et simple, remboursé par la Sécu. »


Mon avis : Dans De mort lente, Michaël Mention s’attaque frontalement aux perturbateurs endocriniens et surtout à l’industrie chimique qui participe à la divulgation de ces substances, qui nuisent directement à la santé publique.

Définition d’un perturbateur endocrinien selon l’OMS, 2002 « Un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)- populations ».

La dangerosité de certaines toxiques utilisées par des usines nuisent directement à la population. Nabil et Marie habitent dans les Landes. Ils vivent à proximité d’une usine nommée ChimTek, qui s’occupe de la transformation des déchets. Plusieurs années après leur installation, des médecins diagnostiquent à Marie des problèmes liées à sa thyroïde, qui est une glande spécialisée dans la fabrication d’hormones qui ont un impact à tous les niveaux de l’organisme. De plus, ils découvrent que leur petit garçon, Léonard, est atteint de troubles autistiques. D’abord chamboulés par ces affreuses découvertes qui modifieront leurs vies à tout jamais, Nabil et Marie vont, par hasard, faire le rapprochement entre leurs problèmes et l’implantation de l’usine chimique à proximité de leur domicile.

Après avoir monté un dossier et contacté des avocats – en vain -, Marie et Nabil vont contacter Franck, journaliste au Monde, pour qu’il puisse mettre cette affaire en lumière. Commence alors une traversée du désert pour la famille de Léonard et une véritable descente aux Enfers pour Franck.

Car l’usine Chimtek et plus globalement le groupe Meyer à laquelle elle appartient, se révèle bien plus puissante, rusée et organisée qu’il n’y paraît. L’auteur nous démontre la puissance des lobbies, ces organisations regroupant des intérêts communs à plusieurs entreprises, qui sont prêts à tout pour arriver à leurs fins et éviter qu’un scandale n’éclate, qui ferait inexorablement chuter leur bourse. Sans pitié, avec froideur et une absence relative de sensibilité, ils vont d’abord ruiner la réputation de Philippe, le dénonçant comme pédophile et celle de Franck, le traitant d’antisémite. Ils vont instiller peur et chaos dans leurs vies, violer leur intimité, les isoler, mettre sans dessus dessous leur quotidien, allant même jusqu’à les attaquer physiquement, eux et leurs proches.

Nous avons une alternance des chapitres et des points de vue. D’une part, nous nous focalisons sur la famille de Léonard, sur le journaliste Franck ou le biologiste Philippe et leurs avancées dans les dénonciations des méfaits de l’industrie chimique ; d’autre part, nous suivons pas à pas les recherches et découvertes scientifiques, les débats politiques et les combats de lobbys. Un récit rythmé, qui nous tient suffisamment en haleine jusqu’à la dernière page.

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur approche le sujet et nous le donne à lire. De prime abord, même si nous sommes tous concernés par cette thématique, je ne pensais pas que lire un roman traitant des perturbateurs endocriniens m’intéresserait. Et pourtant Michaël Mention allie avec brio roman noir et thématique sociale, sanitaire et environnementale d’actualité, nous offrant un récit immersif et simple à appréhender. L’histoire est parfaitement documentée, l’auteur connaît son sujet sur le bout des doigts et aspire à nous transmettre au mieux ses connaissances. J’espère que la lecture de ce récit permettra une prise de conscience des comportements dangereux de certains citoyens.


Un récit immersif et éthique sur les perturbateurs endocriniens qui nuisent à la santé publique. Un roman noir accessible et bien écrit, qui aborde une thématique complexe d’une manière simplifiée. 

Ma note : 7,5/10

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