Littérature jeunesse

Moi, Simon, 16 ans, Homo sapiens


Moi, Simon, 16 ans, Homo sapiens de Becky Albertalli

314 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 6,90€


Résumé : Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui.

Simplement : 1/ Ils fréquentent le même lycée.
2/ Blue est irrésistible.
3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro).

Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée.

Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Martin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr…


Extraits :  « Il évoquait l’océan qui séparait les êtres. Et leur but : trouver un port qui vaille la peine d’être rejoint à la nage.« 

« Parce que l’amour, ça ne se dicte pas, ça ne s’impose pas, ça ne se manipule pas. »


Mon avis : Simon correspond depuis plusieurs mois avec un certain Blue, un inconnu qui fréquente le même lycée que lui. Sans jamais se révéler leurs véritables identités, ils s’ouvrent leurs coeurs et se racontent leurs quotidiens. Mais voilà, le temps passant, Simon commence à ressentir de l’amour pour ce garçon qu’il ne connaît pas. Des sentiments nouveaux, qu’il va apprendre à connaître et à apprivoiser.

La narration alterne entre correspondances virtuelles entre Simon et le mystérieux « Blue », et des écrits tirés du journal intime de Simon. Un mode de narration original, qui permet de dynamiser le récit.

Ce livre est un bon roman jeunesse, qui aborde de nombreuses thématiques comme l’identité sexuelle, l’acceptation de soi et le regard des autres. Le titre du livre est particulièrement bien trouvé, puisqu’il met en avant l’aspect humain de Simon, qui triomphe sur son orientation sexuelle. Simon est un garçon attiré par les autres garçons, mais ça ne fait pas de lui quelqu’un de différent. Un plaidoyer qui loue la tolérance et la différence. On voit bien que l’amour est plus fort que tout et tous, et que cela ne sert à rien de lutter et de se cacher derrière de fausses apparences. L’histoire de Simon et de Blue pourrait inspirer certains lecteurs et leur permettre de s’accepter tel qu’ils sont réellement.

Cette histoire permet également de sensibiliser les plus jeunes à l’usage qu’ils font d’Internet et notamment à l’impact que peut avoir le web et les réseaux sociaux sur leur vie. L’homosexualité de Simon a été révélée via un post sur un Tumblr qui recense les commérages de l’école où il étudie. Cette information IRL va avoir une conséquence sur sa vie quotidienne, puisque tout le monde va redécouvrir Simon à travers son identité sexuelle étalée au grand jour. Et tout le monde ne va pas forcément abonder dans le bon sens, puisque Simon aura le droit à quelques petits blagues et agissements homophobes de la part d’anciens camarades.

Becky Albertalli aborde ces différents sujets avec simplicité et profondeur. Les personnages sont attachants et se laissent facilement aimer par les lecteurs. J’ai particulièrement apprécié Simon, que j’ai trouvé très touchant, notamment à cause de la sincérité avec laquelle il vit sa vie. C’est un jeune garçon courageux et persévérant, mature pour son âge, et très réfléchi. Ainsi, il vous fera méditer sur la nature du coming out. Pourquoi seuls les homosexuels devraient-ils faire un coming out ? Chaque personne devrait en faire un, pour affirmer son identité sexuelle au grand jour. Comme je vous l’ai dit, en plus d’être intelligent, il ne se laisse pas marcher sur les pieds et ne se conforment pas à la norme que la société impose.

Un joli roman, bien écrit et agréable à lire, qui nous fait réfléchir sur l’identité sexuelle couplée à la période de l’adolescence. Des sujets bien traités, qui permettent en partie de dédramatiser les questions de l’homosexualité chez les adolescents. J’ai bien aimé. 

Ma note : 7,5/10

 

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