Littérature anglaise·Roman historique·Saga familiale

L’île des oubliés


L’île des oubliés de Victoria Hislop

519 pages, éditions Le Livre de Poche, à 7,90€


Résumé : Alexis, une jeune Anglaise, ignore tout de l’histoire de sa famille. Pour en savoir plus, elle part visiter le village natal de sa mère en Crète. Elle y fait une terrible découverte : juste en face se dresse Spinalonga, la colonie où l’on envoyait les lépreux… et où son arrière-grand-mère aurait péri.
Quels mystères effrayants recèle cette île des oubliés ? Pourquoi la mère d’Alexis a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets…

 


Extraits :  « La solitude ne signifiait pas nécessairement être seul. On pouvait se sentir seul au milieu d’une foule.« 

« La musique était un territoire neutre où la richesse et l’origine sociale n’avaient aucune importance. »


Mon avisEn débutant ma lecture, je pensais découvrir un polar ou thriller qui se serait passé en Crète. Mais je me suis vite rendue compte que L’île des oubliés est en fait une saga familiale, qui raconte le passé extraordinaire des ancêtres d’Alexis.

Alexis est une jeune Anglaise, qui ignore tout de ses racines. Sa mère reste étonnamment fermée face aux nombreuses interrogations de la jeune femme. C’est pour cette raison que Alexis entreprend un voyage en Crète, dans le petit village natal de sa mère, pour tenter de combler son ignorance. Là-bas, elle va faire la rencontre de Fotini, une femme qui a vu naître sa mère et qui connaît parfaitement l’histoire de sa famille. Fotini va entreprendre de lui raconter son histoire, en commençant par le commencement : l’enfermement de son arrière-grand-mère Eleni, atteinte de la lèpre, sur l’île des lépreux.

J’ai beaucoup apprécié l’historicité du récit. L’auteure prend comme point d’appui Spinalonga, une île crétoise qui a été le lieu de réclusion de toutes les personnes atteintes de la lèpre de 1904 à 1975. A partir de ce fait historique, elle va développer son histoire, en présentant Eleni, jeune mère de famille et institutrice, atteinte par la lèpre à cause d’un de ses élèves. Elle va rejoindre l’île pour y vivre et éviter de propager davantage cette maladie. Le lecteur va s’immiscer dans le quotidien des lépreux ; on va partager leurs vies, leurs émotions, les difficultés qu’ils rencontrent.

Même si les thématiques abordées ne sont pas très gaies, elles permettent de s’enrichir et de découvrir quelques pans importants de l’histoire mondiale, malheureusement trop peu connues.

Ces petites virée à Spinalonga, Agios Nikoalos ou Héracklion, m’ont donnés des envies de voyages. Si un jour je m’aventure en Crète, je suis certaine de faire un détour par ces coins-là. L’ambiance familiale de ces villages, la générosité des habitants et les traditions culturelles et religieuses décrites m’ont touchées.

Ci-dessous, une photographie de l’île de Spinalonga, sur laquelle étaient parquées les personnes atteintes de la lèpre. Suite à la découverte d’un traitement contre la lèpre, ce village a été totalement laissé à l’abandon. Aujourd’hui, il constitue un site touristique majeur crétois.

L’histoire est passionnante, et les personnages sont fantastiques et terriblement attachants. Tout est réuni pour nous faire passer un bon moment. On voyage, dans l’espace et le temps, on réfléchit aussi, notamment sur la léproserie et l’horrible réclusion des lépreux sur l’île. Pour ceux qui l’ignorent, la lèpre est une maladie infectieuse qui créée des déformations de la peau, rendant toute personne atteinte méconnaissable. Le fait que ces malades soient défigurés par la lèpre, couplé au fait qu’ils soient obligés de se parquer sur une île, isolé de tout, ont fait d’eux des parias de la société.

Dans l’époque à laquelle on vit, il est difficile de se représenter une telle horreur. Pourtant, cela s’est passé il y a moins d’un siècle. L’atrocité humaine face aux populations opprimées est désopilante. Heureusement, quelques personnes au grand coeur et au courage démesuré (je pense notamment aux deux médecins, Kyritsis et Patrakis, qui se rendaient sur l’île chaque semaine pour venir en aide aux lépreux), ont contribué à mettre un terme à cette politique d’isolement totalement inhumaine. Grâce au remède trouvé pour éviter la transmission de la lèpre, toutes les personnes isolées sur Spinalonga ont pu sortir de l’île et reprendre une vie (presque) normale.


L’île des oubliés, c’est une saga familiale qui mêle expérience historique et humaine. En mettant en avant l’exclusion dont on été victimes les personnages atteintes de la lèpre au XXème siècle, Victoria Hislop nous délivre un beau message de tolérance, d’amour et d’espoir. Une histoire qu’il faut lire absolument.

Ma note : 8/10

 

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8 réflexions au sujet de « L’île des oubliés »

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  2. On voit beaucoup Victoria Hislop sur les blogs en ce moment… mais je ne connaissais pas ce roman-là. Je suis conquise par la couverture mais je dois dire très honnêtement que ta chronique a fini de me convaincre et je vais de ce pas l’ajouter à ma WL. Merci pour la découverte.

    Aimé par 1 personne

    1. Avec plaisir. 🙂 elle vient tout juste de sortir un nouveau roman « Cartes postales de Grèce », c’est sans doute de celui-là que tu entends beaucoup parler ? Quant à l’île des oubliés, ça a été son premier roman, sorti il y a 4 ans déjà…

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