Bande-dessinée

Une histoire d’hommes

Une histoire d’hommes de Zep.
64 pages, éditions Rue de Sèvres, à 18€

 

Résumé : Après s’être séparés plusieurs années auparavant, une bande de copains et membres d’un groupe de rock se retrouvent chez l’un d’eux, Sandro. Certains ont réussi, d’autres moins. Au détour de flash-back sur les concerts, la drogue, les amours passagères, ils comprennent les événements mal perçus à l’époque et découvrent que quelque chose de plus fort que la musique unit certains d’entre eux.

Extraits : « Le malheur, je le connais bien. Je m’y sens chez moi. »

Mon avis : Cette BD constitue le premier album réaliste que le très célèbre Zep, très connu par les plus jeunes pour sa saga Titeuf, confectionne. Très loin de son registre humoristique qui jalonnait les abords de Titeuf, personne n’aurait pu s’attendre à découvrir cet auteur dans un style tel qu’il nous le présente dans Une histoire d’hommes.

Comme je le disais précédemment, c’est un nouveau Zep que nous retrouvons là. Aux antipodes de ses précédentes BDs, celle-ci est plus accès pour les adultes ; elle est plus sophistiquée, mieux travaillée, et rend une sublime histoire à la clé.
Les illustrations sont magnifiques. Dans des tons plutôt sombres que l’auteur alterne au fur et à mesure du récit, il arrive à nous plonger complètement dans l’histoire, tant les personnages ont l’air réels. Il ne respecte aucun code pour ses dessins, et trace à sa guise les cadres et les contours, ce qui rend beaucoup plus original l’aspect visuel de la BD.

Et cet aspect visuel va être le point d’ancrage du roman. A partir de ses couleurs, des expressions des personnages, et des divers cadres dessinés, le lecteur peut d’ors et déjà ressentir l’atmosphère pesante et sombre de la bande dessinée. Car tout est noir, triste… le cadre correspond parfaitement aux sentiments qu’éprouvent les personnages.

Nos quatre protagonistes, des rockers (ou ex-rockers, tout dépend desquels nous parlons), ont tous un problème plus ou moins grave dans leur vie personnelle ou publique. Certains ressentent de la nostalgie, de la tristesse, de la rancoeur voire de la haine… Des sentiments qui semblent s’amoindrir lorsqu’ils sont ensemble, comme si un lien invisible les liaient et rendait leur fardeau moins lourd à supporter.

Beaucoup d’émotions transparaît au cours du récit. Certains thèmes abordés sont touchants, bouleversant et une fois encore, très réaliste. L’histoire est absorbante et additive, on se laisse très vite bercer dans cet univers pourtant si noir.
Grâce à ce trop-plein de réalisme, le lecteur ne peut que s’attacher trop grandement aux personnages. Par pitié ou simplement par sympathie, une chose est sûre : malgré le peu de pages que comporte Une histoire d’hommes, les personnages ont réussis à se graver dans ma mémoire.

On ne peut pas dire que ce livre soit très optimiste, bien au contraire, il est pessimiste par tous les bords. Aucune lumière, aucune clarté ne semble filtrer de ses pages. Mais où est donc passé notre Zep, avec son humour enfantin, sa joie de vivre et son fort caractère ? On voit bien que l’auteur a parfaitement réussi sa transaction, aucun lien ne pourrait relier ce livre à ses précédents ouvrages.
Si vous voulez être surpris, lisez ce livre, vous ne le regretterez sans doute pas.

 

Ma note : 8,5/10
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