Littérature française

Hôtel international

Hôtel International de Rachel Vanier
251 pages, éditions Intervalles, à 17€

 

Résumé : Lorsque Madeleine apprend le suicide de son père, un suicide pourtant attendu et redouté, sa réaction n’est pas celle qu’elle avait consciencieusement préparée. Désarmée, elle décide de remettre à plus tard l’affrontement de son deuil en s’envolant pour le Cambodge. Là, entre paumés des cinq continents,expatriés tordus et coutumes locales étranges, une communauté improbables e rassemble, soudée à grand renfort de séduction, de rires mêlés d’anglais de série télé et surtout de mojitos. Un mensonge en entraînant un autre, comme s’il en fallait toujours plus pour brouiller ses repères, Madeleine se retrouve embarquée dans l’organisation d’un défilé de mode. Car Phnom Penh a aussi sa Fashion Week. Et si cette terre d’exil et ces drôles de compagnons d’infortune ne se révèlent ni salutaires ni réconfortants, ils deviennent les décors et les acteurs d’un théâtre incongru vibrant d’humanité, d’aventures improbables et d’amours incertaines. Fuite en avant physique et psychologique,Hôtel International est le roman d’une vie mise entre parenthèses.

Extraits : « J’arrive toujours à me convaincre que ce que je fais est la meilleure solution. En réalité, je crois surtout que je n’en fais qu’à ma tête. »
« La vraie vie, c’est ce décalage aberrant entre le drame d’une situation et la banalité du quotidien qui continue son chemin, impassible, autour de nous. Le contrôleur contrôle, le mendiant mendie, le Parisien parisie. »

Mon avis : Je ne m’attendais absolument pas à aimer autant ce livre. La quatrième de couverture n’est pas très adaptée pour résumer le contenu d’Hôtel international, livre riche en surprises, en découvertes diverses – de culture, de mode de vie, de soi-même -, qui régalent le lecteur.

L’histoire se déroule au Cambodge, en Asie du Sud-Est, dans la capitale du pays, Phnom Penh, des années après les invasions khmers et les diverses guerres qui ont ravagées le pays – exterminants plus de deux millions d’habitants. Madeleine, jeune expatriée fuyant la France et les malheurs qui se sont abattus sur sa famille, a trouvé refuge dans un pays étrange, à l’opposé de son pays originel. Elle y découvre toutes les nouvelles coutumes, arrive à créer des liens avec les autres expatriés, et même à retenir quelques mots cambodgiens. Mais dans sa nouvelle vie exotique, elle n’oublie pas l’effroyable suicide de son père, la raison de sa fuite à l’autre bout du monde. Entre insertion professionnel et social dans ce nouveau milieu et travail sur soi pour faire le deuil de cette mort, Madeleine a bien du travail à réaliser avant de pouvoir vivre en paix.

Hôtel international se présente un peu comme un journal de bord que la protagoniste tient pour décrire toutes ses journées cambodgiennes. La narration à la première personne du singulier permet de se sentir plus proche de Madeleine et des situations qu’elle décrit.

Je ne connaissais le Cambodge que de nom, m’intéressant, jusqu’à maintenant, très peu à ce pays. Mais les descriptions très réalistes de ce roman, m’ont littéralement plongées au coeur de ce pays, si lointain de ma France natale. Des tuks-tuks par dizaines, voire par centaines, alpaguants les habitants, le revenu très pauvre des populations, qui leur permet à peine de survivre. Les cultes bouddhistes, les vestiges des horreurs de la guerre, mais le sourire, constamment présent sur le visage des habitants. Voilà comment se résumerait en quelques mots la vie Cambodgienne.

Outre cette découverte culturelle époustouflante, c’est surtout la motivation de Madeleine à quitter la France qui m’a surprise. Sans vouloir regarder la vérité en face à la mort de son père (pourtant bourré de médicaments depuis de nombreuses années), elle décide de fuir son ancienne vie et ses proches, pour tenter de tout oublier, et de se reconstruire ailleurs. Pas une seule fois, lors de son séjour au Cambodge, elle ne mentionnera ses véritables motivations. Le deuil se fera pas à pas, avec, souvent, des souvenirs d’enfance heureuse avec son papa, qui ravivera la douleur.

J’ai vraiment adoré ce roman. L’écriture de Rachel Vanier est très agréable à lire, elle permet de nous évader, de voyager jusqu’à des contrées lointaines. L’histoire de Madeleine est en plus très touchante ; c’est comme une leçon de vie qu’elle nous insuffle là. Profitez de ses proches quand il en ait encore temps, car la vie ne fait de cadeaux à personne. A découvrir absolument, je vous le recommande !

Ma note : 9/10
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