Autobiographie·Littérature belge·Roman

Métaphysique des tubes

Métaphysique des tubes d’Amélie Nothomb
171 pages, éditions France Loisirs, collection Piment

 

Résumé : Amélie Nothomb replonge dans ses premières années… Déjà à l’époque elle ne faisait rien comme tout le monde ! Bébé-plante, bébé-tube, cette enfant apathique et atypique contemple le monde de sa bulle face à des parents déroutés.

Loin des traditionnels récits de souvenirs, Amélie Nothomb propose dans Métaphysique des tubes une évocation piquante et drôle de sa prime enfance au Japon, ainsi qu’une surprenante réflexion sur la vie et sur Dieu.

Extraits : « Quelle est la différence entre les yeux qui ont un regard et les yeux qui n’en ont pas ? Cette différence a un nom : c’est la vie. »
« Dire les choses à haute voix est différent : cela confère au mot prononcé une valeur exceptionnelle.« 
Mon avis : Déroutée et mitigée, je ne sais que penser de cet unique et au combien original, roman autobiographique.
Amélie Nothomb, fidèle à elle-même, surprend ses lecteurs à chaque nouvel ouvrage publié, avec ses histoires extraordinaires, singulières et reconnaissables entre toutes. Son style d’écriture personnel prouve l’unicité de l’auteure, sa personnalité hors du commun la confère au rang d’auteure à succès. Aussi mystérieuse dans sa vie intime qu’à travers ses histoires, le talent de la belge Amélie Nothomb n’a pas encore fini de nous étonner ; après la signature de son vingt-deuxième roman en 2013, ses fidèles lecteurs attendent encore et encore des récits bringuebalants, venus de l’au-delà des mots.Métaphysique des tubes fait partie de l’un des monuments autobiographiques de l’auteure, qui se livre, à coeur ouvert, à travers des lignes, à la limite du fictif. Racontant son enfance passée au Japon avec sa gouvernante Nishio-San et sa famille, Amélie Nothomb décrit avec clarté ses quelques années enfantines japonaises.

D’abord étonnée par la teneur du récit, je me suis retrouvée à l’orée de la haine envers l’auteure. Métaphysique des tubes étant une autobiographie, les propos tenus par Amélie Nothomb étaient quelque peu glorifiants, prétentieux, à la limite du narcissisme. Ecoeurée par tant d’autos-éloges – la comparaison d’elle-même et Dieu m’a achevé -, mon envie de lâcher ce livre était belle et bien présente. Mais connaissant l’auteure, son arrogance n’aurait pas dû me toucher outre-mesure. Heureusement, son insolence s’est estompée pour laisser libre cour à l’histoire pimentée de sa fastidieuse enfance.

Accompagnée d’une bonne dose d’humour noir, Amélie Nothomb étale sans vergogne sa prime vie, peuplée d’événements plus ou moins grandioses, que le lecteur cherche à déchiffrer du mieux possible.
Son amour pour le Japon est omniprésent, voire envahissant. Le comble revient à faire ressentir à tout un chacun l’addiction et l’attraction qu’éprouve l’auteure pour ce pays, si hautement plébiscité dans ses romans.

Pris d’affection pour la protagoniste – donc pour Amélie Nothomb elle-même – on en vient à regretter la fin si abrupte du roman. Le grand talent de l’auteure vient à placer comme banals des événements passagers extraordinaires, qui auraient fait tâches et auraient probablement choqués les lecteurs dans d’autres circonstances, en une lignée ordinaire, du quotidien.

En y réfléchissant bien, Métaphysique des tubes est une autobiographie bien noire, qui ne laisse percevoir que très peu de lumière. Le paradoxe reviendrait à dire que l’histoire est comptée par une enfant de trois ans, ayant un regard critique et éclairé du monde dans lequel nous vivons. De réelles questions peuvent subsister de ce livre, remettant en cause l’intégrale conscience réflexive que nous avons de la vie.

Le titre donné à l’ouvrage est quelque peu intriguant, et n’englobe pas spécifiquement le récit qu’écrit alors l’auteure. Un choix mystérieux, à la hauteur de la personnalité exceptionnelle d’Amélie Nothomb. A souligner également la grandeur du choix lexical qu’elle emploie, et l’honneur qu’elle met à représenter la langue française dans toute sa splendeur.

Ne vous laissez pas avoir par l’ambition grandissante du personnage Nothomb, et plongez dans l’incroyable aventure Japonaise qu’elle nous dévoile. Un roman atypique, qui vous laissera de marbre.

 

Ma note : 7/10
Publicités

Une réflexion au sujet de « Métaphysique des tubes »

  1. Ping: N

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s