Littérature américaine·Roman

Loup solitaire

Loup solitaire de Jodi Picoult
395 pages, éditions Michel Lafon, à 17,95€

 

Résumé : Luke Warren est un spécialiste du comportement des loups. Il s’est rendu célèbre en partageant la vie d’une meute pendant près d’un an dans le Grand Nord canadien. Mais à son retour, sa famille s’est disloquée. Sa femme Georgie l’a quitté, son fils Edward a coupé les ponts après une dispute irréparable, et sa fille, Cara, qui vit avec lui, s’est brouillée avec son frère qu’elle considère comme responsable du divorce de ses parents. Depuis cinq ans, Edward vit en Thaïlande, quand un coup de téléphone vient bouleverser son existence : son père est dans le coma à la suite d’un grave accident, et ses deux enfants doivent être présents pour décider de son sort. Cara attend un miracle, mais Edward préconise de cesser l’acharnement thérapeutique et de faire don des organes de Luke. Agit-il par altruisme ou par vengeance ? Que cache son départ au bout du monde ? Jusqu’où Cara ira-t-elle pour l’empêcher de prendre une décision irrévocable ? Et quel est le secret qui la tourmente ? Quand la vie d’un père est dans la balance, qui a le droit de choisir son destin ?

Extraits : « Ceux qui se tournent vers les animaux ont été déçus par les humains. »
« La vraie peur du loup, ce ne sont pas ses terrifiantes mâchoires, qui peuvent exercer une pression de cent cinquante kilos par centimètre. Son véritable atout, c’est de savoir qu’il possède cette arme, et la liberté de l’utilisere ou non. »

Mon avis : Après l’époustouflant Pardonne-lui de la même auteure, qui avait été mon coup de coeur livresque de l’année 2013, je me suis lancé à corps perdu dans son nouveau roman, récemment traduit en français. La quatrième de couverture était attrayante, la couverture toujours aussi sublime… je pensais que Jodi Picoult était une valeur sûre, et qu’elle me ferait passer un excellent moment de lecture. Malheureusement, après la brillante histoire que j’ai cité précédemment, Loup solitaire me laisse un peu perplexe.

Luke Warren travaille dans un refuge de loups à Redmond’s, refuge qu’il a lui-même fondé, en fonction de sa passion : les loups. Il ne vit que pour eux, ne pensent qu’à eux, vit avec eux, comme lors de son immersion de deux années au Québec, dans des plaines sauvages, pour tenter de se faire accepter dans une meute de loups. Tout cela au détriment de sa femme et de ses deux enfants, déboussolés par la passion trop encombrante de Luke. Mais là n’est pas l’histoire principale narrée dans Loup solitaire. Luke et sa fille Cara ont eu un accident de la route, qui a plongé ce dernier dans un état végéatif. Edward, parti vivre en Thaïlande suite à une violente dispute avec son père, revient sur ordre de sa mère. S’ensuit un combat sans fin entre deux extrêmes qui s’affrontent : Cara, qui vit avec son père, séparé de sa mère, qui voue un culte sans borne à cet homme sauvage, ami des loups, qui croit dure comme fer que son père est apte à se réveiller, peut importe la durée de son état. Et Edward, de l’autre côté, qui n’a eu aucun contact avec son père depuis six ans, mais qui détient un papier, qu’il a signé lors de ses quinze ans, qui donne l’entière responsabilité des soins médicaux sur le corps de Luke, si celui-ci avait un problème. L’euthanasie, pour Edward, est imminente. Des avis contrebalancés, une guerre fratricide qui aboutit au même espoir : faire ce dont Luke aurait voulu qu’on fasse pour lui.

Vous l’aurez compris, c’est de l’euthanasie que traite principalement Jodi Picoult dans ce roman. Une décision dure à prendre pour la famille, souvent contrecarré, comme prouvé dans cet ouvrage, pas totalement comprise ni accepté par la société. Décider de la vie ou de la mort d’une personne n’est pas chose aisée. Comme démontré dans Loup solitaire, cette décision engendre bien des sacrifices, des procédures longues et douloureuses.

De nombreux procès s’ouvrent, notamment pour départager le frère et la soeur, qui n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la position à adopter à l’égard de leur père. J’avoue m’être passablement ennuyer lors de ces très longs interrogatoires au tribunal, spectatrice endormie de ces joutes verbales.

Chaque chapitre comporte un narrateur différent. Les protagonistes se succèdent pour raconter leur point de vue sur l’histoire, ce qui rend le récit un peu plus dynamique et diversifié.

En outre, je tiens à félicier l’auteure, qui démontre à travers les récits narratifs de Luke Warren, les nombreuses recherches qu’elle a du effectuer sur les loups, leurs conditions de vie, leurs habitudes… Lorsque celui-ci racontait ses aventures dans le Québec enneigé, parmi la meute de loups avec laquelle il s’était lié, les descriptions étaient si réalistes qu’ont auraient pu aisément prendre ce récit comme un témoignage véridique. Bravo pour la large documentation, qui permet d’enrichir mes connaissances sur les loups – même si ça ne m’intéressait que trop peu, j’ai aimé la fervente passion de Luke, allant jusqu’à se sacrifier, lui et sa famille, pour ses bêtes chéries.

Ma chronique n’est pas aussi enthousiaste que celle de Pardonne-lui. L’histoire est différente, mais toute jolie, malgré des longueurs et une sensation de stagnation quelque peu agaçante au bout de plus de 300 pages.

Ma note : 5,5/10
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