Roman

L’homme qui voyait à travers les visages

L’homme qui voyait à travers les visages
de Eric-Emmanuel Schmitt,
420 pages, éditions Albin Michel, à 22€

 

Résumé : Une vague d’attentats ensanglante Charleroi. Morts et blessés s’accumulent. On soupçonne des mobiles religieux sous ces actes radicaux. Augustin, jeune stagiaire au journal local, se trouve pris, malgré lui, au cœur des événements. Pour prouver qu’il n’est pas l’idiot que tout le monde croit, il mène son enquête. Pour cela, il possède un don unique : il voit à travers les visages, percevant autour de chaque personne les êtres minuscules — souvenirs, anges ou démons — qui la motivent ou la hantent. Est-il un fou ? Ou le sage qui déchiffre la folie des autres ? Son investigation sur la violence et le sacré va l’amener à la rencontre dont nous rêvons tous…

Extraits :  « Mal lire ne consiste pas à jeter le livre. Mal lire revient à prendre un texte pour argent comptant, à l’avaler tout cru sans le mâcher avec son esprit. Bien lire implique une distance critique. »

« On peut les repérer à ça, les cons : ils n’ont même pas le concept de con dans leur vocabulaire. »

Mon avis :  Après La nuit de feu, Eric-Emmanuel Schmitt poursuit sa quête mystique en se questionnant sur Dieu. Un roman troublant, qui coïncide avec l’actualité et qui cherche à faire réfléchir le lecteur par lui-même.

C’est sans doute l’actualité qui a insufflé son idée de roman à l’auteur. En effet, le livre s’ouvre sur un attentat, commis par Mohammed Badawi, place Charles-II à Charleroi, faisant état d’une dizaines de morts. Suite à ce massacre, les enquêteurs vont se baser sur le témoignage d’un témoin, le jeune Augustin, stagiaire dans le journal local de Charleroi. Il va leur raconter sa rencontre impromptue avec le djihadiste et la vision d’un second homme, plus petit, insufflant dans la tête de ce dernier ses recommandations. Mais Augustin va avoir du mal à se faire entendre, car ce second homme n’est autre qu’un fantôme.

Eric-Emmanuel Schmitt m’étonnera toujours. Dans un seul roman, tel que celui-ci, se regroupe nombre de thèmes et de styles différents. Il surfe sur l’actualité en parlant des vagues d’attentats, il incorpore des personnages fictionnels, mais aussi des célébrités réelles (telle que lui-même). Il s’enfonce dans des débats théologiques, tout en narrant une histoire spirituelle inconcevable. Bref, il arrive à jongler d’un thème à un autre, tout comme il le fait d’un livre à un autre ; en trouvant toujours de nouvelles idées et en changeant constamment de genre littéraire. Seuls quelques petits éléments présents dans son livre précédent – La nuit de feu – se retrouvent dans celui-ci.

Il y a tout d’abord le gros mystère qu’entoure l’irréel, le mystique, le religion. Au nom de quoi, pourquoi et pour qui, ce djihadiste sans problème, a-t-il, du jour au lendemain, voulu se faire exploser, lui, et de nombreux innocents ? Les débats sont lancés ! Pour permettre aux lecteurs de se faire sa propre idée sur la question, l’auteur va mettre en parallèle deux avis totalement opposés. D’abord, celui de la juge Poitrenot, qui pense que Dieu est responsable de toutes les ignominies que les hommes commettent sur Terre. Au contraire, Eric-Emmanuel Schmitt va tenter de donner son avis subjectif sur le poids des religions dans les actes terroristes. Selon lui, Dieu est une sorte d’écrivain incompris par les hommes, qui n’arrivent pas à comprendre clairement les textes saints.

Autre constance que l’on retrouve souvent dans les livres de l’auteur, sa propre apparition dans le cours de l’histoire. Dans La nuit de feu, nous suivions son propre cheminement vers l’apparition mystique du Sahara. Ici, l’auteur s’intègre dans son récit comme un personnage à part entière. De ce fait, il peut ouvertement parler en son nom et non pas à travers un personnage fictif. C’est vraiment original !

Laissez-vous entraîner dans l’univers singulier de Eric-Emmanuel Schmitt. Il proposera des idées philosophiques salvatrices pour faire face à la vague d’attentat qui s’abat sur la France. Je ne m’attendais pas à aimer autant ce roman. Bien écrit, original et d’actualité, il a tous les ingrédients pour satisfaire un maximum de lecteurs. On adore, on achète !

Ma note : 9/10
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