Littérature française

La nuit pacifique

La nuit pacifique de Pierre Stasse.
251 pages, éditions Flammarion, à 18 €

 

Résumé : Derrière la Thaïlande du sourire, des plages et des massages, il existe une Thaïlande noire, violente, où la drogue est répandue et l’emprisonnement aisé. La corruption y est reine et les tensions religieuses embrasent des régions entières.
Dans ces provinces, l’armée a pour mission d’étouffer la montée d’un islam jugé inférieur par les dirigeants majoritairement bouddhistes, une mission qui, en quelques années, a causé des milliers de morts…
Le narrateur de ce roman, un Français, vit à Bangkok où il dirige une société de retouches photographiques. Chaque jour, il manipule des photos publicitaires mais également politiques, donc sensibles.
Alors qu’il se retrouve plongé, en raison de son métier, dans la violence du pays, un drame intime, survenu pendant son enfance, ressurgit vingt ans après et mêle une vengeance personnelle à la noirceur de Bangkok.
Extraits :  « La plupart des vengeances ne sont qu’un retour en arrière maquillé en désir de liberté. »
« La perte recouvre bien plus qu’une simple absence. La perte devient une partie du corps, la partie transparente.« 

Mon avis : Avant de commencer à rédiger ma chronique et à vous parler de La nuit pacifique, je voulais féliciter Pierre Stasse pour son style d’écriture et pour le rythme de son récit. Tout juste âgé de 26 ans, c’est avec une immense maturité et un profond professionnalisme qu’il signe aujourd’hui son troisième roman : La nuit pacifique. Que de talents pour un si jeune homme, qui sait parfaitement comment envoûter le lecteur et le faire voyager.

L’histoire se déroule dans un pays très éloigné de la France, la Thaïlande, plus précisément dans la capitale, Bangkok. On y rencontre Hadrien Vernueil, qui n’est pas du tout originaire de la Thaïlande (son identité le prouve) ; il provient de France, de Lilles. Fuyant son pays natal suite au suicide de sa soeur, il se réfugie en Thaïlande pour oublier… mais aussi pour se venger, secrètement.
En parallèle, on suit la vie de deux Thaïlandais pur race, Vichaï et Boonsophone. Dans un climat de guerre et de raz-de-marée, Pierre Stasse nous décrit la vie très modeste des Thaïlandais, et leur état d’esprit.

Le lieu où se déroule tout le roman est parfaitement d’écrit, on peut se plonger aisément dans cette grande capitale qui en fait rêver plus d’un, parmi tous ses Thaïlandais. Pierre Stasse décrit les conditions de vie de cette population, leur condition politique et économique, de façon à pouvoir comprendre leur mentalité et leur pays. Malheureusement dans son roman, c’est plus une Thaïlande pauvre, moche et violente qui en ressort… j’espère que ce pays n’est pas pareil dans la réalité.

Les personnages ne sont pas très attirants, ils sont décrits péjorativement, pour faire en sorte que nous ne nous attachions pas à eux. Ils évoluent dans des chapitres différentes, on suit leur différente vie, et leur évolution.
J’ai trouvé que certains personnages avaient peu d’intérêt, ils ne servaient pas à grand chose et n’alimentaient pas le roman. En revanche, Hadrien Vernueil m’a beaucoup plût… jusqu’à la révélation de la fin.

Ce dénouement est d’ailleurs très inattendu, surprenant au plus haut point. Je n’aimerais pas vous révéler le retournement de situation du dernier chapitre, mais en tout cas, attendez-vous à être drôlement surpris (et assez dégoûté).

Comme dit tout au début de ma chronique, j’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteur, que je trouve mature, aiguisée, et très pointilleuse. Ce livre fait honneur à la littérature française : merci !

Un roman superbement écrit, qui transporte dans les profondeurs d’une Thaïlande très mystérieuse.

 

Ma note : 6/10
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