Littérature française·Roman

La belle affaire

La belle affaire de Sonia Ristic
145 pages, éditions intervalles, à 15€

 

Résumé : Comme l’héroïne de Breton dont elle porte le nom, Nadja est légèrement étrange. Un peu «off», diraient les Américains dans cette université du Vermont où elle enseigne l’écriture durant le semestre d’été. Absente à elle-même et au monde, comme déconnectée de son corps, de sa carrière d’auteur et de sa famille, qu’elle a laissée en France. Durant ces quelques semaines de canicule et d’orages, dans ces instants charnières à l’approche de la quarantaine et à l’heure des premiers bilans, dans cette Nouvelle Angleterre follement cinématographique, les souvenirs d’une première passion adolescente ressurgissent, réveillés par une rencontre amoureuse impromptue. Et Nadja de plonger dans une danse de la mémoire, valsant entre souvenirs et présent, entre trois hommes qui ont marqué sa vie de femme, trois moments de vérité, trois continents. Que reste-t-il de ce premier amour vécu sur la terre rouge et ocre qu’elle foulait pieds nus sous des pluies diluviennes ? Toutes les douleurs doivent-elles à tout prix être guéries ?

Extraits : « – D’accord, mais es-tu heureux ? elle a insisté.
– Le bonheur, je ne sais pas si ça existe vraiment, autrement que comme quelque chose de fugace et fugitif.
 »
« Parfois, Patrick regarde Nadja dans les yeux, comme s’il y cherchait quelque chose. Rien à voir avec le regard d’un homme qui s’abandonne à la chute amoureuse, non, il essaye de décoder un mystère. S’il savait, pense Nadja, à quel point il n’y a pas de mystère, à quel point c’est seulement du vide. »

Mon avis : Les éditions Intervalles ont le pouvoir de nous faire voyager aux quatre coins du monde en peu de temps. Après Hôtel international, de Rachel Vanier (le dernier livre que j’ai lu de cette maison d’éditions), roman qui nous plongeait dans la culture Cambodgienne, c’est maintenant en grande partie en Afrique que La belle affaire nous transporte.

L’héroïne, seul personnage réellement présent dans le roman, se prénomme Nadja, écrivaine française, elle a un mari et deux enfants. Néanmoins, elle passe ses étés en Amérique, loin de sa famille, à donner des cours d’écriture aux jeunes étudiants. C’est dans pareille situation que Sonia Ristic

nous fait pénétrer intimement dans l’esprit de la jeune femme.

De ce fait, ce qui frappe le plus le lecteur, c’est la solitude de Nadja, constamment perdue dans ses pensées, elle est comme absente au monde. De plus, elle ne vit pas les moments présents qui lui sont offerts, mais ressasse continuellement des épisodes passés de sa vie personnelle. On a l’impression que Nadja est en pleine recherche d’identité ; elle essaie de se trouver, de donner un réel sens à sa vie. Mais cette jeune femme est si mystérieuse qu’il nous est difficile de mettre à nu son esprit. Elle sous-entend beaucoup de choses, – comme le fait de ne pas aimer son mari, d’oublier ses enfants, de ne détester sa mère… – sans toutefois les confirmer. A première vue, ce qui étonne également le lecteur, c’est le contraste très fort entre la vie morne, monotone et sombre du présent de Nadja, en parallèle avec son enfance passée, peuplé de couleurs chatoyantes, de vie et de joie.

Car en réalité, ce qui hante désespérement les pensées de la jeune femme, c’est sa vie Africaine passée, sa rencontre avec le jeune Amadou, les traditions Africaines, la gentillesse des populations et la simplicité de la vie rurale. Mais la guerre faisant rage en Afrique, elle a été forcée de déserter le pays, pour se réfugier en France, en des lieux bien plus sécurisés. Son arrachement brutal de cette terre, causé en grande partie par sa mère, a causé une immense tristesse à Nadja. Comme un choc traumatisant de l’enfance, elle traîne ses souvenirs amères derrière elle, obnibulée par la terre Africaine qu’elle chérit tant.

Qui est réellement Nadja ? Une femme très mystérieuse, déracinée de son pays chérit, qui ne profite pas du moment présent, mais qui subit ses journées en pensant au passé. Un roman authentique, touchant, mais aussi interrogateur et intriguant.

Ma note : 6/10
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