Littérature américaine·Roman

Dieu me déteste

Dieu me déteste d’Hollis Seamon
234 pages, éditions 1018

 

Résumé : Etat de New York, hôpital Hilltop, Richard Casey aura bientôt 18 ans. Il voudrait faire la fête, draguer et tomber amoureux. Richard sait qu’il ne fêtera jamais ses 19 ans. Il est plus pressé que les autres et pour vivre comme il veut, il lui faut déjouer les pièges de ceux qui préféreraient le voir vivre un peu plus longtemps.

Extraits : « C’est peut-être ce que je déteste le plus, dans cet endroit et dans tous les hôpitaux de la terre : n’importe qui peut débarquer à l’improviste. Personne ne prend même la peine de frapper. Impossible d’avoir une once d’intimité, dans ce trou. »
« Globalement, le monde est pourri et triste à pleurer. Les gens souffrent, tous sans exception. Tu commences à piger, ou alors tu crois toujours que c’est seulement toi, mon vieux ? Qu’il n’y a que toi qui souffres ? Comme si on t’avait choisi ? »

Mon avis : Vous allez penser « oh non, encore une histoire revisitée de Nos étoiles contraires« . J’avoue que j’étais aussi sceptique que vous avant de découvrir Dieu me déteste. Et je me suis surprise à faire des parallèles inexistants entre les deux romans, qui n’ont, comme on le découvrir au fil de notre lecture, rien du tout en commun.

Richard, 18 ans, nous raconte ce qu’il vit dans la zone de soins palliatifs de l’hôpital où il a été admis. Dès les premières lignes entamées, on peut aisément remarquer le fort contraste entre la gravité de la situation – le jeune homme est atteint d’un cancer incurable – et le ton employé dans la narration. On dirait qu’une fossé sépare Richard de la réalité des choses. Et pourtant, on s’aperçoit que c’est un jeune garçon lucide, mature, dynamique, qui souhaite vivre les derniers instants qu’il lui reste à cent à l’heure, découvrir de nouvelles choses avant de s’en aller au-delà.

Il faut dire que nous, lecteurs, sommes debouts sur une corde raide, suspendus entre la vie et la mort. La mort, qui règne constamment, oppressante, elle se rappelle à Richard chaque jour qui passe. La vie, caractérisée par la joie de vivre de l’adolescent, qui semble littéralement planer au-dessus de cette fatalité. Il y a aussi la vie qui se ressent pleinement dans les sensations purement humaines que ressent le protagoniste. Notamment le sentiment amoureux partagé par la jeune fille de la chambre voisine, Sylvie, elle aussi atteinte d’un cancer incurable. La rencontre de ces deux jeunes adolescents dans un état tel que le leur, peut sans conteste rappeler Nos étoiles contraires, mais aussi Sans prévenir, roman de Matthew Crow, avec comme protagoniste un adolescent atteint d’un cancer, qui tombe amoureux de la jeune fille qui partage sa chambre ; un amour antithétique, inexplicable, comme magique. Et c’est bien de la magie qui se passe dans le cas de Richard, qui, avant la fin de sa vie, a réussi à ressentir la meilleure sensation qu’il puisse exister au monde.

Je vous avoue sans fausse langue que ce roman n’est pas vraiment exceptionnel. Il n’y a pas beaucoup d’actions et les situations stagnent – notamment la relation entre Richard et Sylvie, qui s’éternisent et s’étirent inlassablement. De plus, ne me prenez pas pour une sans coeur, mais je n’ai ressenti aucune émotion quant à l’histoire de Richard. Un peu trop banale, vue et revue, il aurait fallu un petit quelque chose en plus, qui puisse retenir suffisamment l’attention du lecteur. Le protagoniste était assez fade, sans grand intérêt, mais sympathique à côtoyer. Le gros point négatif, c’est ce dénouement énigmatique, qui ne clos pas totalement la fin du récit. Le lecteur reste en suspens, frustré de ne pas avoir réussi à déchiffrer ce que Hollis Seamon a voulu faire percevoir dans la finalité de son roman.

Ne retenez pas que le négatif que j’ai soulevé. Retenez aussi la force de caractère de Richard, la douceur des sentiments des deux adolescents, l’ironie du ton employé… tant de choses qui atténuent la maladie dont ils souffrent. Une belle leçon de vie et d’optimisme !

Ma note : 6,5/10
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