Autobiographie d’une courgette

 


255 pages, éditions J’ai Lu, à 5,80 €

 

Résumé :

« Depuis tout petit, je veux tuer le ciel ». Ainsi commence l’histoire racontée par Icare, un petit garçon naïf et inculte, surnommé Courgette, qui, à neuf ans, vit à la campagne avec sa mère. Depuis son accident, la mère de Courgette ne travaille plus à l’usine et boit des bières en regardant la télévision du matin au soir. Elle s’occupe peu de son fils qui n’apprend rien à l’école et joue seul pour la plupart du temps. Les rares dialogues échangés passent par la télévision, source d’inspiration de Courgette qui ne connaît la vie qu’à travers le petit écran. Un jour, Courgette découvre un revolver et tue accidentellement sa mère. Le juge le déclare « incapable mineur » et Courgette est envoyé dans une maison d’accueil. Mais pour Courgette, contrairement aux autres enfants, la maison d’accueil est loin d’être « une prison ». L’apprentissage d’une vie passe désormais par les Fontaines et tous les rêves de Courgette deviennent possibles.

Extraits :  « Les rides, c’est rien qu’une boîte à questions pas posées qui s’est remplie avec le temps qui s’en va. »
« Le ciel, ma Courgette, c’est grand pour nous rappeler qu’on n’est pas grand-chose dessous. »

Mon avis :  Gilles Paris a une nouvelle fois réussi à me ramener à l’âge de l’innocence et de la candeur. Il s’illustre, grâce à Autobiographie d’une Courgette, comme un auteur de romans nostalgiques pour adultes.

Autobiographie d’une Courgette, comme Au pays des Kangourous, est narré par le protagoniste de l’histoire, qui est aussi un enfant, plus exactement un petit garçon. Perdu dans sa soif de connaissances dans un âge où la naïveté est au coeur de tous les gestes, Icare (notre héros principal), plus familièrement surnommé Courgette, va connaître un terrible malheur. Il va accidentellement prendre le revolver de sa mère, qui s’enfonce chaque jours davantage dans la dépression et l’alcoolisme et lui tirer innocemment dessus. Un geste qui va le faire arriver au foyer d’adoption, un lieu où tous les enfants orphelins ou abandonnés se retrouvent. Là-bas, il va faire la connaissance de nombreuses personnes, des amis, des parents, des éducateurs… A croire qu’Icare est bien plus heureux dans sa nouvelle vie qu’à l’intérieur de sa précédente existence familiale…

L’ambiance du livre est dans l’ensemble assez triste, mais elle reste bonne enfant. Même si l’histoire du petit Icare est très émouvante et peut en faire pleurer plus d’un, Gilles Paris arrive à dédramatiser la situation et à tourner ce récit dans une phase plus heureuse. Car quand on y regarde de plus près, les avantages pour Courgette de se retrouver dans cet orphelinat sont beaucoup plus nombreux que les inconvénients.

Courgette a déjà pu rencontrer de nombreuses personnages, toutes plus attentionnées à son égard les unes que les autres. Les zéducateurs, comme il les appelle, qui sont un grand pilier pour tous les enfants du centre, savent redonner le sourire aux pensionnaires, et les amuser au quotidien. Les autres enfants, tous très différents, et ayant vécus des histoires diamétralement opposées, se rapprochent et se trouvent des points communs (en particulier un, celui de ne pas/plus avoir de réels parents). Ils lient de forts liens d’amitié, qui semblent totalement indénouables. Courgette a également pu trouver la fille de ses rêves, Camille, une autre pensionnaire, qui, dès le premier regard, ne va pas arrêter de le hanter. Et enfin, Icare a pu trouver une nouvelle famille d’accueil, Raymond, le policier qui l’a retrouvé le soir du meurtre de sa mère, et son fils, Victor, qu’il compare déjà à son frère.
Tant de rencontres qu’il n’aurait jamais pu espérer si sa mère n’aurait pas sombrer peu à peu dans la folie et l’alcool.

L’histoire personnelle d’Icare n’en reste pas moins tragique et très émouvante. Mais c’est une histoire passée, qu’il préfère oublier pour le moment. En décidant de mettre une croix sur son passé, Courgette veut repartir de l’avant, et se reconstruire une nouvelle vie, bien meilleure que celle d’avant.
Gilles Paris détourne cette histoire et arrive à créer des passages passablement drôles. Les répliques d’Icare ainsi que celle de ses camarades, sont tellement innocentes et naïves, que ça en devient comique. Les petites questions de Courgette sur la vie peut gêner les « grandes personnes », alors que Courgette s’en fiche, une seule chose l’importe : de trouver les réponses à ses questions. Son obstination et son vocabulaire sont certes, enfantins, mais ils sont tournés par Gilles Paris, à la rigolade.

Le livre est assez rapide à lire, les pages avancent à un rythme fou. La plume de l’auteur fait réellement penser aux paroles d’enfants, ce qui rend encore plus l’impression que le récit est raconté par un réel enfant. On s’immisce davantage à l’intérieur de l’histoire, un attachement né pour ses petits enfants, et en même temps, toutes leurs histoires sont tristes à lire… Que d’émotions !

En tout cas, je suis une nouvelle fois comblée par ce roman. Tout en délicatesse et en sentiments, Gilles Paris a rempli son contrat, et m’a embarqué à travers ces mots. Cet auteur a vraiment un style unique et original, à croire qu’il est resté bloqué en enfance…

 

Ma note : 7/10
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