Littérature jeunesse

Au bout des longues neiges

Au bout des longues neiges de Jean-Côme Noguès
207 pages, éditions Nathan, à 15,90€

 

Résumé : Irlande, 1846. La famine touche durement la famille de Finnian O’Connell, jeune garçon d’une douzaine d’années. Son grand frère Shelagh convainc ses parents d’embarquer avec leur quatre enfants pour le Canada, en quête d’une vie meilleure. Après une traversée difficile, la famille parvient enfin à bon port. On leur attribue, comme à tous les émigrants irlandais qui arrivent en nombre, une concession. Là, ils doivent recommencer leur vie: construire leur maison avant l’arrivée de l’hiver, subsister par tous les moyens, grâce aux ressources de l’immense forêt. Mais les Indiens ne voient pas d’un bon œil ces nouveaux arrivants…

Extrait : « Le Canada parviendrait-il à faire cohabiter le défricheur avide de creuser toujours plus loin ses labours et l’homme-premier qui se sentait le fils de cette terre? Un jour, peut-être… »

Mon avis : Je ne pensais clairement pas qu’un simple petit roman jeunesse puisse autant me faire voyager. De la pauvreté d’Irlande aux contrées profondes d’une Canada sauvage, les héros de ce livre vont vivre des aventures uniques, aussi fascinantes que terrifiantes.

L’histoire se déroule au XIXème siècle, dans une Irlande ruinée, rongée par la pauvreté, vidée de toutes ses ressources. La famille O’Connell, simples paysans composé d’un couple et de leurs trois enfants, décident de changer de vie du tout au tout, pour tenter d’améliorer leurs conditions de survie, mais surtout pour ne pas mourir de famine. Ils embarquent sur un bâteau de fortune, pour un long périple, entassés, serrés les uns contre les autres, dans la précarité la plus extrême, avec comme seul but, celui de rejoindre ce Canada lointain, sorte d’Eldorado rêvé pour ces paysans minés. Sans savoir réellement ce qui va leur arriver, ils cheminent avec d’autres personnes, débarquent sur la terre, marche des heures et des heures, pour finalement se cantonner à un bout de terrain au bord d’une rivière, désertique, sans âme qui vive alentour. Cette famille, courageuse, téméraire, soudée, va devoir construire au plus vite un abri, arriver à se reconstruire dans cette nouvelle vie qui débute, et s’intégrer à ce Canada sauvage où ils viennent de débarquer, Canada habité en parti par des populations indiennes amazones…

Cette famille Irlandaise, à la situation précaire, reste quand même solidaire, confiante en l’avenir, et n’hésite pas à s’entraider, et à aider les autres, même si leurs moyens ne les en permettent pas. Ils sont touchants dans la manifestation des sentiments qu’ils dégagent les uns pour les autres – les parents aiment démesurément leurs enfants, notamment Prudence O’Connell, qui dévoile ouvertement ses sentiments et ses craintes vis-à-vis de ses enfants. La jeune fille montre une douleur poignante face au déchirement de son départ d’Irlande, laissant sur cette terre son amoureux ; tout comme l’aîné, qui tombe amoureux de la jeune fille Canadienne, voisine de leur nouvel habitat. Et finalement, Finn O’Connell nourrit une profonde et sincère amitié avec son nouvel ami indien, sourd et muet, qui émeut le lecteur, autant qu’il le fascine.

C’est cette atmosphère sauvage, primitive, avec l’apparition des tribus indiennes, qui permettent au lecteur de voyager. John Squirrel quant à lui, aventurier mystérieux, errant à travers bois, sans identité exact, intrigue. De même, la famille est isolée dans un espace désertique, sans habitant à la ronde, avec des ours et autres bêtes sauvages comme voisins les plus proches. La famille vit de peu de ressources, construit elle-même leur maisonnée, est obligée de chercher des ingrédients pour pouvoir manger décémment. C’est sans rechigner que chacun met la main à la pâte, s’insère dans ce nouvel espace de vie, en prenant peu à peu les marques qu’il convient pour survivre dans ce milieu – à prime abord – hostile.

Muni uniquement de la force de leur bras, de leur intelligence et de leur volonté de survie, ils vont devoir battre l’hiver menaçant qui s’annonce. Une aventure de plus à rajouter au cumulus de l’histoire… Sans compter qu’ils vont devoir s’insérer dans ce territoire habité en grande partie par les peuples indiens, qui voient ces nouveaux habitants comme des hommes blancs ennemis. Seul exception à la règle, l’amitié du jeune Finn avec Plume-Noire, qui pourrait définitivement casser cette idée et créer une alliance entre ces deux peuples…

Pour donner envie aux lecteurs de poursuivre cette plongée sauvage avec les O’Connell au Canada, Jean-Côme Noguès termine son roman sur un ton enjoué, mais mystérieux, qui présage de nouvelles aventures pour cette famille attachante. Un second tome est sans doute ne préparation, tome que je n’hésiterai pas à lire dès sa sortie. En attendant, régalez-vous de celui-ci, laissez-vous emporter dans l’univers magnifique du Canada, au coeur d’une nature impétieuse, sauvage et cruelle. Je le recommande à tous.

Ma note : 7,5/10
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