Fantastique·Thriller

Saratoga woods

Saratoga Woods d’Elizabeth George.
423 pages, éditions Presses de la cité, à 19 €

 

Résumé : La jeune Hannah Armstrong possède un étrange pouvoir. Elle entend les pensées des autres, leurs « murmures », comme elle les qualifie. Un jour, elle comprend que son beau-père vient de commettre un meurtre. Pour la protéger, sa mère décide de l’envoyer sous une nouvelle identité sur l’île de Whidbey, au large de Seattle. Malheureusement, une fois sur place, rien ne se passe comme prévu pour celle qui se fait désormais appeler Becca King. La personne censée l’accueillir ne l’attend pas au débarcadère. Et ne s’y présentera jamais. Livrée à elle-même, Becca doit dorénavant se débrouiller seule, dans un endroit qu’elle ne connaît pas et dont les habitants, comme elle ne tarde pas à le découvrir , semblent tous receler une part d’ombre…

Extraits :  « Le savoir-faire se transmet. Et la transmission n’est possible que si, à l’autre bout de la chaîne, il y a quelqu’un avec le talent nécessaire pour l’utiliser. »
« La haine cache souvent un désespoir que les gens ne s’autorisent pas à ressentir. »

Mon avis : Avec ce roman, je découvre enfin la plume de l’auteure Elizabeth George. Elle a la réputation d’une très grande romancière de littérature policière, titre confirmé d’ailleurs pas son obtention du Grand prix de la littérature policière étrangère en 1990. Avec ce nouveau roman, plus basé sur la littérature pour les jeunes adultes, elle signe de nouvelles aventures avec une toute jeune héroïne : Becca King. Car Saratoga Woods n’est que « le premier livre d’une série » qui s’avère très prometteuse.
En tout cas, le couverture de l’ouvrage est sublime, et donne vraiment très envie de découvrir l’histoire de cette jeune fille. Je n’ai pas spécialement hâte de lire les prochaines aventures de Becca, mais une chose est sûre ; j’attends avec impatience ses prochaines couvertures.

Hannah Armstrong a une faculté très particulière : elle a le pouvoir d’entendre les pensées de chacun. Ce don lui a été hérité de sa grand-mère, qui, comme elle, était une fille spéciale, détenant ce lourd secret, qui ne lui attire plus d’ennuis qu’autre chose. Quand elle apprend que son beau-père a tué quelqu’un, sa mère, pour la protéger, l’envoie loin d’elle, et lui fait changer d’identité. Désormais, elle s’appellera Becca King. Mais l’histoire ne s’arrête pas là : arrivé dans le petit village, aux abords de la maison dans laquelle elle devait se cacher, elle apprend que la propriétaire qui devait la recevoir vient de mourir. Seule dans ce pays inconnu, elle essaie de joindre sa mère… en vain.

L’histoire débute directement sur une explication rapide (trop rapide à mon goût, vu qu’elle contient moins de cinq pages) du passé de Becca. On entraperçoit son beau-père et sa mère, mais peu de détails concernant toute sa vie d’avant (ses relations avec les autres, ses amis ou autre…), n’est écrit. On rentre donc directement dans le vif du sujet, et même pour le lecteur, l’héroïne ne s’est jamais appelée Hannah Armonstrong, elle a toujours été Becca King. Un manque de développement sur son ancienne vie m’a donc gênait durant tout le long du roman.

C’est pour cette raison que je n’ai pas réussi à m’attacher à Becca. Elle me semblait lointaine, trop secrète et mystérieuse. Malgré son jeune âge (elle n’a que 14 ans), elle se montre courageuse, elle ne laisse aucunement filtrer sa peur, et se débrouille très bien seule.
Mais seule, elle ne le reste pas longtemps. Très rapidement, nous découvrons les autres habitants vivant à Whidbey Island ; Derric, Jenn, Hayley, Diana, Seth, Chloé et Josh, Dave… que de prénoms, et que d’apparitions. Tous ses personnages sont souvent nommés, surtout vers le début du roman, et il faut vraiment avoir une assez bonne mémoire pour se souvenir de qui est qui, au début, du moins. Becca fait donc la connaissance de tout se petit monde, et c’est avec une très grande naïveté qu’elle donne sa confiance aux premiers venus. Son manque de réflexion et sa trop forte précipitation aurait pu lui jouer des tours. Elle a foncé tête baissé pendant toute l’histoire… mais elle n’est pas la seule. Les personnages secondaires ont également été assez naïfs, si on y réfléchit bien, surtout le policier Dave, qui est décrit comme un incompétent, et qui donne la sensation d’être un vrai idiot. Personne ne connaissait rien de cette fille, et aucun n’a eut l’idée de lui demander plus d’indications sur son ancienne vie, sur sa venue chez eux…
Elizabeth George a donc choisit de peindre le portrait de jeunes adolescents naïfs, mais courageux.

En parlant d’adolescents, elle aborde implicitement le thème de l’addiction à la drogue, à l’alcool, et à la mort qui s’ensuit. Des sujets qui reviennent souvent tout au long de l’histoire, ils ne sont pas exploités plus que ça, mais mettent en garde le jeune lecteur, et rappelle furtivement les conséquences sur la santé que procurent ce genre de choses.

Vers la seconde partie du roman, la forêt de Saratoga Woods entre enfin en jeu. Je n’ai pas du tout trouvé crédible cette partie de l’histoire : comme par hasard, tous les habitants se donnent rendez-vous en même temps dans la forêt, pour diverses raisons. Mais si nous passons sur cette petite parenthèse qui m’a certes gêné, mais aussi amusé, on découvre le début de l’intrigue principale du roman : la chute du jeune Derric dans le ravin, qui l’a conduit dans le coma. La grande question que chacun doit se poser est : mais qui est le coupable ?
Une question que j’aurais dû me poser également, mais que, malheureusement, je n’ai pas eu le temps. Car à peine l’intrigue lancée, je connaissais déjà le nom du « coupable ». Ça m’a semblait tellement évidant… Je n’ai donc pas été surprise ne apprenant le fin mot de l’histoire, et en découvrant que j’avais effectivement raison sur la nature du fautif.

Pour terminer avec le dénouement, il n’a pas été à la hauteur de mes espérances. Le roman se termine très vite, dans une fin banale, sans rebondissements, ni révélation exceptionnelle qui aurait pu faire que le lecteur se souvienne plus de ce livre qu’un autre. Une fin qui m’a déçue, comme toute l’histoire, en général.

Mon avis est donc plus que mitigé. J’ai aimé l’atmosphère du roman, mais certains détails m’ont plus qu’embêtés. Le don surnaturel de Becca aurait du constituer la base centrale de l’histoire, mais il n’a pas été plus exploité que ça, et n’est resté que superficiel. Quant aux personnages, je n’ai pas réussi à les cerner.

Elizabeth George était très connue pour ses romans policiers qui tiraient presque vers le thriller, mais Saratoga Woods a été une vraie déception. Ce livre annonçait « du suspense », alors que le seul vrai suspense que j’ai trouvé à été celui du réveil de Derric… plutôt superficiel !
En se lançant dans les romans jeunes adultes, Elizabeth George pénètre dans un nouveau genre littéraire, qui n’est peut-être pas son vrai domaine de prédilection.

Ma note : 4,5/10
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