Quand je me suis arrêtée de manger

Quand je me suis arrêtée de manger
de Léa Mauclère
251 pages, éditions City, à 17,95€
Résumé :Il y a dix ans, Léa s’est arrêtée de manger. Cette jeune adolescente était douée à l’école, faisait beaucoup de sport et semblait très épanouie. On ne cessait pourtant de lui dire qu’il fallait souffrir pour être belle. Et, au fond d’elle-même, Léa se sentait comme morte, n’ayant plus aucun désir de manger et de vivre. Une vraie maladie.

D’abord anorexique, la jeune fille devient ensuite boulimique, avalant tout et n’importe quoi avant de se faire vomir, alternant séances chez le psy et séjours à l’hôpital. Léa raconte ces années de souffrance et de douleur. Dix années de lutte contre une maladie qui l’a rongée au point de la conduire tout près de la mort…
Un bouleversant récit de 10 années d’enfer entre anorexie et boulimie.

Extraits : « Si l’amour fait autant souffrir, pourquoi aimer à nouveau un jour ? Autant profiter et ne pas s’accrocher.  »
« Lire pour vivre une vie meilleure, pleine d’aventures, de rebondissements, une vie différente de la mienne, si lisse en apparence.  »

Mon avis : Quel plus grand acte de courage que de balancer sur le papier l’histoire la plus noire, la plus terrible que l’on puisse vivre un jour ? Un récit cru, tordant et émouvant sur les années d’anorexie de Léa Mauclère, rongée par la maladie, qui détruit peu à peu sa vie, corporelle et sociale. Un témoignage bouleversant sur le combat d’une vie, prouvant la détermination de l’auteure et les méfaits qui accompagnent l’anorexie.

Bien connue pour toucher relativement tôt les adolescentes, l’auteure n’a pas échappée à la cruelle règle, et s’est laissée submergée par l’anorexie. Souvent dans le but de peaufiner son physique, de plaire ou de ressembler à des mannequins fines et sveltes, les jeunes filles se laissent peu-à-peu sombrer dans le cycle infernal de l’anorexie, se séparant de la société le temps de se laisser mourir à petit feu. L’expérience de Léa Mauclère est identique tout en étant différente. Dégoûtée du quotidien, de la nourriture, éprouvée par la vie, elle ne ressent plus le besoin d’exister et cesse de s’alimenter. Une descente aux enfers commence alors, une épopée qui dure depuis plus d’une dizaine d’années, avec ses hauts et ses bas, entièrement contrôlé par la maladie, où la nourriture est au centre de tout.

On peut facilement voir que l’auteure a gâchée une partie de sa vie pour ce qui semble être des atrocités inutiles et futiles, des détails insignifiants qui ne devraient même pas exister.

Entre allers et retours à l’hôpital, au collège où elle travaille et aux toilettes pour vomir, le quotidien de Léa Mauclère est dicté par l’anorexie, omniprésente, la rongeant de l’intérieur, détruisant sa vie sociale et ses repères. Bien qu’ambitieuse de réussir, de se sortir de cet engrenage infernal, le corps et l’esprit de coïncident plus, déconnectés l’un de l’autre, ils agissent indépendamment de tout, prennent des directions différentes pour finalement se rejoindre et anéantir la triste jeune femme. Le filet d’espoir qui arrive à suinter est vite balayé par la maladie, se rappelant irrémédiablement à elle.

Le fait d’écrire ce témoignage, de partager son histoire, de s’ouvrir au vu et au su de tous, prouve la force et la ténacité avec laquelle l’auteure souhaite se départir de l’anorexie. Pour ne pas perdre pied, pour se raccrocher à la vie, pour garder un semblant d’espoir en la vie. Quand je me suis arrêtée de manger est un récit coup de poing, moyen de pression et de dissuasion envers celles – et ceux, plus rares mais existants -, qui commencent à s’engouffrer dans les âpres souterrains de l’anorexie.

Ce profond récit est émouvant au plus haut point. Les points les plus poignants sont certainement ceux des crises à répétitions – de la façon avec laquelle cette jeune femme se nourrissait durant plusieurs heures, pour ensuite se vider complètement, jusqu’à se sentir amoindri. Ses décisions de s’en sortir, de quitter cette affreuse dépendance à la nourriture, montrent la lucidité avec laquelle elle combat. Mais tiraillée entre son poids, son apparence physique, ses proches professionnels, sa vie sociale et son état d’esprit, la remontée n’est pas aisée. Il faut du temps, de la force et du courage pour surpasser tant d’années de galères, pour tenter d’oublier tout ce mal subit.

Ma notation quant à ce témoignage repose essentiellement sur la qualité d’écriture, et le contenu pertinent du livre. Je ne juge en aucun cas la véracité ou les atrocités dépeintes. J’apporte tout mon soutient à l’auteure, lui souhaite le meilleur pour la suite, et la remercie pour la force qu’elle a dépensée dans la confection de son ouvrage, fugaces et tristes moments d’une vie bafouée et gâchée par la maladie.

Ma note : 8,5/10

Une réflexion sur “Quand je me suis arrêtée de manger

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