Noël en février

Noël en février de Sylvia Hansel
256 pages, éditions rue Fromentin, à 20€

 

Résumé : Tout commence un 11 septembre. Un autre 11 septembre, quelques années avant celui des tours jumelles. Mais la date n’en reste pas moins historique : ce 11 septembre des années 90, Camille entre en classe de seconde. Elle rencontre dans son lycée un garçon. Aucun doute pour Camille : ce Mathieu sera LE garçon, celui avec lequel elle pourra changer de vie, abandonner ce quotidien triste des lotissements, et pourquoi pas former le groupe de rock dont elle rêve. L’adolescente va vite comprendre que Noël n’arrive jamais en février, même quand on le souhaite de toutes ses forces. Le livre retrace trois années de cette passion fantôme, trois années à espérer un coup de fil, à ouvrir des boîtes aux lettres vides. Sylvia Hansel dessine avec émotion mais aussi humour les méandres des années de jeunesse. Et même si Camille n’évitera aucun des pièges tendus par l’adolescence – qui pourrait s’en vanter ?- , elle parviendra pourtant à changer sa vie. Comme l’explique l’écrivain Tristan Garcia dans sa préface, Noël en février est un livre « insolent, moderne et fragile. (…) Mieux qu’un journal intime de jeunesse : un roman. »

Extrait : « Je l’aimais. Indépendamment du fait que je ne lui avais pratiquement pas parlé, que je ne le connaissais pas et qu’il n’était pas impossible qu’il soit en réalité le pire crétin que la Terre ait jamais porté. Pourtant, j’étais intimement persuadée que ce n’était pas le cas ; sans pouvoir l’expliquer, j’étais absolument sûre qu’il était l’homme de ma vie. C’était physique, il me suffisait de le regarder pour voir que c’était lui. »

Mon avis : J’ai acquis cet ouvrage grâce à la dernière masse critique organisée par Babelio, en plein mois de février, période très appropriée au titre du livre Noël en février. Je vous avoue que je ne m’attendais à rien de précis en sélectionnant ce livre ; seulement la couverture, dans des tons à la fois doux, inquiétants et mystérieux a particulièrement attirée mon oeil.

Camille, jeune lycéenne de quinze ans, craque, dès sa rentrée au lycée, sur un étrange garçon, au regard bleu océan, à la tignasse farouche, à l’air solitaire. Malheureusement, ce jeune Mathieu, interne au lycée, ne supporte pas la distance incessante et décide de changer d’établissement. Un coup de théâtre dans l’horizon de la jeune fille, qui va chercher à tout prix à le contacter, lui avouer son amour pour lui… alors qu’ils ne se connaissent même pas.

Ce roman, qui s’annonçait dès les premières pages comme une histoire d’amour futile d’adolescents aux hormones croissants, se poursuit en long plaidoyer sur le véritable sentiment amoureux.

On pourrait aisément s’interroger sur la réelle teneur de l’attrait amoureux de Camille envers Mathieu. Dès le premier regard, elle est séduite par l’apparence physique du garçon, son attitude, sa personnalité, qui se traduit à travers les vêtements qu’il porte, ses attitudes, ses manières… Puis, grâce à la correspondance de lettres manuscrites, Camille apprend à connaître intérieurement Mathieu ; ses goûts musicaux, ses pensées… Mais jamais les deux phases (intérieure et extérieure) ne se rencontrent ensemble. Le Mathieu physiquement présent avec Camille semble bien différent de l’écriture masculine qui s’étale sur le papier.

J’ai trouvé ce livre assez barbant. De longs passages inutiles, qui s’éternisent sur un vague néant, peu de péripéties, une vie monotone, monochrome, bercée par les arrivées intempestives des lettres de l’être aimé.
La protagoniste, quant à elle, m’a été assez antipathique. Le summum de la répugnance lui est adressé, dans le passage assez marquant où elle explicite clairement que son compagnon du moment, Sébastien, n’est que la cristallisation de son amour pour Mathieu. Jouer avec les sentiments d’autrui ; un comportement odieux, qui me révolte farouchement.

Hormis ceci, Noël en février se lit facilement, entraîné dans le style d’écriture fluide et spacieux de Sylvia Hansel, les pages défilent inexorablement. Petit bémol avec l’espace spatio-temporel pas assez marqué à mon goût : trois années passent en l’espace de 200 pages, sans vraiment que le lecteur se rende compte d’une avancée temporelle. C’est peut-être un choix rédactionnel pour montrer l’inertie ambiante du quotidien de la protagoniste ?

Pour parler rapidement du dénouement, l’auteure nous laisse dans un trou béant, avec mille questions en tête qui se bousculent. Vous voulez savoir comment se termine le roman ? Libre à vous de l’imaginer, rien n’est spécifié, cette histoire d’amour garde son mystère jusqu’à la toute dernière ligne.

Je conseille ce roman aux adolescent(e)s, qui apprécieront la façon dont est traîtée le thème l’amour, et se recconnaîtront certainement sur certains points. Bien écrit, facile à lire malgré les quelques longueurs, la fin est tout simplement déconcertante…

Ma note : 5,5/10
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