Mon plus grand combat

Mon plus grand combat de Flo Jallier
238 pages, éditions Sarbacane, à 14,90€
Résumé : Il n’y a pas qu’une seule façon de venir au monde. Moi, je suis née deux fois. La première, en petit enfant malade, victime d’un asthme violent découvert à la naissance, qui m’a valu un avis médical interdisant toute activité sportive, et même toute sortie prolongée. Et la suivante, lorsque mon poing a percuté le front de Jacky, mon futur entraîneur, sept ans plus tard.
Extraits : « C’est ce qu’il y a de bien avec la douleur, le corps s’y habitue assez vite, finalement. »
« Il y a le génie tout court et le génie qui se travaille, tout comme il y a le talent tout court et le talent qui se travaille. Le talent qui se travaille peut surpasser le génie tout court… mais plus rarement le génie qui se travaille. »

Mon avis : Généreusement proposé par les éditions Sarbacane, je me suis fais une joie de découvrir ce succulent roman jeunesse. Avant de débuter ma lecture, mon appréhension était à son comble, de par la large sélection de livre traitant de boxe que j’ai pu lire auparavant.

Chaque livre est unique en son genre, certes, mais certaines histoires peuvent être tellement exiguës et proches qu’une comparaison est systématiquement obligatoire. Dans le cas de Mon plus grand combat, de nombreuses similitudes se font ressentir avec le roman de Jérémie Guez, Balancé dans les cordes.

Tout d’abord, le thème central, la boxe, est bien présente ; elle se déverse en grand flot couramment, en de multiples endroits et sous différentes formes. Loin d’être extraordinaire dans sa narration, l’auteure présente la boxe comme un sport fréquemment pratiqué, une activité quotidienne ponctuée de solstices compétitions. La particularité que Flo Jallier incorpore au sujet, quelque peu inspiré du film « Milion Dollar Baby », c’est la féminité de sa protagoniste, perdue dans un milieu strictement masculin, agressif, vulgaire et violent. Elle y ajoute une passion, qui remonte à l’enfance, ainsi que quelques points noirs qu’elle développe au fur et à mesure de sa narration.

Majoritairement féminins, les personnages efféminés sont ici représentés à égal niveau de l’homme. Fort malheureusement, l’énorme paradoxe qui surplombe Mon plus grand combat est et reste l’inégale vitale de la femme, et sa piètre considération : l’exemple le plus flagrant est l’abominable soumission de la maman de la protagoniste, liée à être une bonne, une femme de ménage sans intérêt, tandis que le paternel, en maître de maison, règne en chef sur ce qu’il pense lui être dû.
Le personnage principal redistribue ces cartes de sexisme, en s’armant tel un garçon, contre les abominables règles de la vie quotidienne.

Notre protagoniste, partant d’un mental d’acier, armée contre les forces de la nature, avec un objectif en tête à longueur de journée, change du tout au tout lorsque sa réelle personnalité se fait ressentir. Une douce et émouvante jeune fille transparaît alors, une personne en quête de son identité, submergée par l’âpre quotidien qu’elle découvre.

Le rôle du père de la narratrice m’a subitement fait penser aux élections de « Mini Miss« , que l’on voit régulièrement dans notre écran de télévision. Le même programme se suit ici, on retrouve une très jeune fille, voire une enfant, âgée d’à peine sept ans, sur un ring, soutenu par son père, qui n’a jamais eu de garçon. L’enfant ressent de la joie de faire ce qu’il aime tant, mais le père, en transparence, en ressent d’autant plus.

Une intime impression de violation de liberté m’a étreint durant l’entière lecture de ce roman. Spectatrice plus que lectrice, Flo Jallier n’a pas réussie à m’emporter dans son histoire, certainement trop anodine à mon goût, pas assez ouverte à l’extérieur, repliée et intériorisé dans ces pensées. Mon plus grand combat comporte une multitudes de messages cachés, mais l’auteure n’est pas arrivée (ou n’a simplement pas souhaitée le faire) les tirer au clair, les expliciter et développer chacun d’entre eux séparément.

Bien que le livre en lui-même semblait un peu brouillon et bâclé, la morale était néanmoins présente. « Connais-toi toi-même » comme l’a si bien dit Socrate est la règle que structure l’aspiration de cette histoire. Ne pas se laisser dompter par les autres, apprendre à s’apprivoiser, avoir confiance en soi et profiter de la beauté que la vie nous donne.

Le dénouement du livre, express et peu abondant, aurait d’autant plus fait passer une quelconque morale si sa richesse en avait été ressentie. Distrayante, cette histoire n’apporte rien de particulier, et se retrouve noyée dans le flot continue de romans de boxes. Le fond était pourtant bon, mais une plus ample approche de lecture aurait été souhaité. J’ai quand même bien aimé !

Ma note : 5,5/10
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