Moi, Gulwali réfugié à 12 ans

Moi, Gulwali, réfugié à 12 ans
de Gulwali Passarlay et Nadene Ghouri
445 pages, éditions Hachette romans, à 17€

 

Résumé : « J’ai jeté un coup d’œil à ma mère pour me rassurer.
Elle nous a fixés, mon frère Hazrat et moi, avec tant d’intensité que j’ai pensé que son regard de feu allait me transpercer le crâne.
— Soyez courageux. C’est pour votre bien !
Et alors, elle a dit quelque chose qui m’a gelé le cœur.
— Aussi mal que les choses tournent, ne revenez jamais. »

À seulement douze ans, Gulwali Passarlay fuit l’Afghanistan. Pour trouver asile, il traverse l’Europe, surmonte la faim, la maladie, la corruption, la cruauté des passeurs, la noyade à laquelle il échappe de justesse… Mais il fait aussi quelques rencontres formidables, glanant un peu de lumière dans ce cauchemar qui durera près de treize mois.
L’histoire extraordinaire de Gulwali est celle d’un réfugié ordinaire, celle de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui, s’accrochant à l’espoir d’une vie meilleure, sont prêts à braver la mort. Une histoire indispensable.

Extraits :  « L’amour n’est pas réellement quelque chose dont on discute en Afghanistan. Les familles passent des accords matrimoniaux fondés sur des critères sociaux ou tribaux ou même pour faciliter des accords commerciaux. Personne ne s’attend à être amoureux ni même ne désire l’être. On se contente de faire ce que ses parents exigent, et on s’arrange au mieux pour que son mariage marche – il le faut bien, puisque le divorce est interdit aux femmes. »
« La vie est une éducation, Gulwali. Et toute vie doit avoir un but. »

Mon avis :  Rien qu’à lire le titre de vous livre, votre coeur se sert et les larmes de colère ou de tristesse commencent à se faire ressentir. N’ais-je pas raison ?

Gulwali Passarlay nous raconte son histoire. Une histoire qui nous semble peu commune, à nous autres, français bien ancrés dans notre routine. Mais une histoire qui est bien plus répandue que tu nous le croyons. En 2014, 23100 demandes d’asiles ont été déposées dans les 28 pays que comporte l’Union Européenne par des mineurs non accompagnés. A la fin 2014, 59 millions et demi d’hommes, de femmes et d’enfants ont été déplacés de force du fait des guerres. Des chiffres qui effraient. Des chiffres tellement énormes qu’ils nous paraissent irréels.
Dans ce livre, Gulwali Passarlay nous raconte sa traversée vers un monde meilleur. Sa mère a payé des passeurs pour le faire passer, lui ainsi que son frère Hazrat, de l’Afghanistan jusqu’en Grèce. Une traversée qui va s’avérer bien plus périlleuse et dangereuse que l’escomptait Gulwali. Mais malgré les obstacles, le jeune homme ne va jamais abandonner ; soutenu par ses nouveaux amis réfugiés, qui marchent ensemble vers un même but, Gulwali va faire preuve d’une force phénoménale pour un petit garçon de 12 ans.

C’est une épopée dangereuse que nous narre l’auteur – qui est également protagoniste. On se rend réllement compte des difficultés dont doivent faire face les réfugiés qui fuient leur pays en guerre. Ils sont malmenés, ils meurent de faim et de soif, ils vivent dans des conditions plus qu’insalubres et surtout, ils ne savent jamais ce qui peut leur arriver. En effet, ils remettent entièrement leur vie entre les mains des passeurs, payés par leur famille pour les faire arriver à la destination choisie sans jamais se faire arrêter par la police.
Le voyage est souvent énormément fatiguant et terriblement long. Avant que Gulwali n’atteigne son objectif final, il a dû rester presque un an sur la route, vivant comme une bête sauvage.

Malgré l’horrible histoire contée, Gulwali Passarlay nous permet d’accéder à des réalités merveilleuses. Tout d’abord, il nous raconte sa vie en Afghanistan, les traditions de son peuple patchoune, qui diffèrent radicalement de tout ce que nous, occidentaux, pouvont connaître. Leurs us et coutumes, leurs modes de vie… un nouveau monde nous est dépeint.
Puis, on se rend compte de la fraternité du peuple Afghan. Leur pays est en guerre ; les plus riches et/ou téméraires peuvent s’enfuir. Face aux difficultés qui se présentent à eux, ils vont se soutenir, tous unis contre l’adversité. C’est vraiment beau de voir que l’être humain reste soudé et immensément humain, malgré l’ignoble inhumanité dont il fait les frais.

Ce livre est vraiment un livre à lire. Alors qu’en ce moment même, la crise des migrants atteint son apogée, énormément de monde ne comprend pas pourquoi autant de personnes s’entêtent à fuir leur pays. Sachez que la guerre le leur oblige ; essayer de sauver sa vie, de courir vers un monde meilleur et préférable à une mort certaine en Afghanistan. C’est une très belle histoire, bouleversante, très humaine, qui apporte de nombreuses réponses aux questions que les Européens se posent en ce moment même.

Gulwali est un héros des temps modernes ; il a fuit son pays en guerre, a vécu durant 1 ans dans des conditions de vies déplorables, alors qu’il n’avait que 12 ans. Une histoire humanisante, remplie d’espoirs, qui fera réfléchir chacun de ses lecteurs.

 

Ma note : 7,5/10
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2 réflexions sur “Moi, Gulwali réfugié à 12 ans

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