Littérature jeunesse

Lundi, couscous

Lundi, couscous de Lorris Murail
134 pages, éditions Nathan, à 5,20€
Résumé :  » Le petit train des quatrièmes s’est formé. Je frappe à quelques dos au hasard. – Eh ! les gars, vous avez vu ? Chanthou et Malik et Tamara et Mahmut et… vous les avez vus, dans le minibus ? Ils sont virés pour de bon… hé ! vous m’écoutez ? Pas seulement du bahut. Virés de chez nous. De la France, de la Gaule, de l’hexagone, du territoire national… la patrie ! Vous n’avez pas vu ? Ils n’ont pas vu. « 
Extraits : « Qu’est-ce qu’un Français ? Plus que jamais, je me sens incapable de le dire. Mais une chose est sûre : à midi, le Français a faim. »
« Repousser l’étranger, l’exclure, c’est nous bannir nous-mêmes, c’est nous rendre aveugles à cette part de nous qui se trouve en chacun des autres. »

Mon avis : L’image choisie pour la couverture de ce livre est assez explicative, tandis que le titre reste assez vague, voire ambigu à bien des égards.

Ce petit roman pour jeunes enfants se veut moraliste. Dans ce petit collège aux élèves venus de divers horizons, la classe de 4ème2 d’Arno voit se dérouler sous ses yeux une scène épouvantable de la vie. Les professeurs chagent du tout au tout leurs programmes scolaires pour se recentrer sur l’histoire de la France, ses origines, son économie… De plus, bien plus grave au niveau de l’éthique, les quelques élèves au prénom oriental – Farid, Chanthou… -, se voient exclus du collège, renvoyés chez eux. Pour Arno, cette ségrégation est inadmissible. Mais que peut faire un enfant face à la dure réalité des faits, le racisme ?

C’est ce que Lorris Murail tente d’expliquer à travers son roman. De nombreuses personnes originaires de toutes parts se cotoient quotidiennement. Sans s’en rendre compte, sans le voir sur le visage de son voisin, nous avons tous des origines différentes qui circulent dans nos veines. L’auteur essaie d’initier les enfants à la monstruosité que peut engendrer l’être humain. Classer les personnes par ordre de nationalité, quoi de plus dérangeant ? Arno l’a bien compris et se révolte tant bien que mal contre cette injustice raciale.

Le dénouement de ce livre est inattendu, et prouve bien l’envie d’initiation que veulent transmettre les professeurs à leurs jeunes élèves. Un roman surprenant, révolutionnaire dans tous les sens du termes, didactique et moraliste. Lorris Murail a fait du bon boulot, elle ouvre les yeux aux générations futures sur la complexité de la vie en communauté, l’injuste ségrégation qu’opère la race humaine. Elle accentue les différences pour ensuite les dévaloriser, les réduire à néant. Un bon roman, très bien écrit, frais, qui se lit facilement, en un rien de temps.

Je recommande ce livre à tous les enfants, quels qu’ils soient. Les adultes peuvent aussi le lire. Une histoire passe partout, qui s’adresse à tout type de public et fait passer un vrai message, rempli d’intelligence et d’audace. Félicitations à l’auteure, qui j’espère, arrivera à faire changer d’avis certains de ses lecteurs grâce à ce message enchanteur.

Ma note : 7/10
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