Classique

L’Odyssée

L’Odyssée d’Homère
434 pages, éditions La Découverte, à 10,50€

 

Résumé : Quatrième de couverture : Et le divin Ulysse émergea des broussailles. Sa forte main cassa dans la dense verdure un rameau bien feuillu qu’il donnerait pour voile à sa virilité. Puis il sortit du bois. Tel un lion des monts, qui compte sur sa force, s’en va, les yeux en feu, par la pluie et le vent, se jeter sur les boeufs et les moutons, ou court forcer les daims sauvages ; c’est le ventre qui parle. Tel, en sa nudité, Ulysse s’avançait vers ces filles bouclées : le besoin le poussait… Quand l’horreur de ce corps tout gâté par la mer leur apparut, ce fut une fuite éperdue jusqu’aux franges des grèves. Il ne resta que la fille d’Alkinoos : Athéna lui mettait dans le coeur cette audace et ne permettait pas à ses membres la peur. Debout, elle fit tête…

Extraits : « C’est le regret, c’est le souci de toi, mon noble Ulysse, c’est mon amour pour toi qui m’ont ôté la douce vie. »
« Quand le père est absent, le fils dans le palais endure bien des maux, s’il n’a pas d’autres défenseurs. Ainsi de Télémaque : Ulysse absent, il n’a personne dans le pays pour le préserver du malheur. »

Mon avis : Que celui qui n’a jamais entendu parler d’Homère (et notamment de ses oeuvres L’Iliade et L’Odyssée) se dénonce !

J’ai eu le plaisir d’étuder ce texte d’Homère dans le cadre de mes études littéraires, livre que je n’aurais sans doute jamais lu toute seule pour mes loisirs. J’ai été étonnamment surprise de découvrir une écriture fluide, totalement accessible au monde contemporain, même si l’oeuvre date du VIIIème siècle avant Jésus-Christ. Chose totalement surprenante !

Les hypothèses vont bon train autour du personnage mystérieux d’Homère : poète aveugle, aède qui composait et chantait son texte, ses textes ont été transmis grâce à l’oralité. Mais certaines personnes ont doutés des qualités d’auteur d’Homère, avec des soupçons concernant la paternité des textes (certains pensaient que L’Iliade et L’Odyssée étaient de deux auteurs différents, alors que d’autres sont même allés jusqu’à dire que les textes n’avaient pas d’auteur, seulement construits grâce à leur transmission orale). Il n’en reste pas moins que les recherches philologiques ont balayées ces hypothèses saugrenues, et ont prouvées qu’Homère avait bien rédigé ces oeuvres.

L’Odyssée est le roman fondateur de la littérature de voyages occidentale. Il raconte les périples d’Ulysse, qui quitte sa patrie à bord de son navire, et échoue dans des peuples plus ou moins biens intentionnés. Après plus de vingt années d’absence, tout le monde le croit mort. C’est pour cette raison qu’en parallèle, on voit ce que devient le palais d’Ulysse en son absence : sa femme, Pénélope, est assaillie par des prétendants qui usent d’empressement pour pouvoir prendre sa main. Elle essaie tant bien que mal de retarder le moment d’en choisir un (d’où la très célèbre ruse où Pénélope fait la promesse aux prétendants d’en épouser un quand elle aurait terminée de coudre sa toile. Mais chaque nuit, elle la découd pour pouvoir gagner du temps). Télémaque, le fils d’Ulysse, convoité par les prétendants qui veulent sa mort, il cherche désespérement des nouvelles de l’état de son père auprès de Nestor et Ménélas, des anciens compagnons d’Ulysse. Rien ne va plus à Ithaque, dans la patrie d’Ulysse, où les prétendants veulent prendre le pouvoir et dévorent impunément les biens du maître de maison, absent.

L’Odyssée est une épopée mythologique, dans le sens où les Dieux font leur apparition dans le texte (avec, par exemple, la déesse Athéna qui se déguise en mendiant pour aider Ulysse), mais tout en surplombant l’action, sans vraiment y être d’une grande aide. C’est surtout Ulysse qui est au centre du livre : il veut retrouver sa patrie et se venger des prétendants qui pillent sa maison. Allant de peuple en peuple, il surmonte toutes les étapes, arrive à échapper aux non-humains mangeurs d’hommes (comme le Cyclope), aux puissances néfastes qu’il rencontre (Circé ou Calypso) et aux peuples qui provoquent l’oubli des hommes (les Sirènes). Son courage est son borne, il prouve sa vaillance et sa volonté. Le dénounement, surtout – sans vouloir vous révéler la scène la plus marquante du récit, pour ceux qui auraient dans l’envie de lire ce livre – est choquant, déconcertant, une vraie boucherie, qui montre la force et la persévérance réussie d’Ulysse.

Je ne m’attendais pas à aimer autant un classique aussi vieux. Un livre mythologique très intéressant, accessible, que les amateurs de littérature devraient lire au moins une fois dans leur vie.

Ma note : 7/10
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