L’homme qui rit

L’homme qui rit de Victor Hugo
761 pages, éditions Pocket, à 3,90€
Résumé : Pour Paul Claudel, il s’agit « d’un album de lithographies épiques et paniques », rien de moins que « le chef-d’œuvre du grand poète ». Victor Hugo a écrit L’homme qui rit en deux années, de 1866 à 1868, peu de temps après la publication des Travailleurs de la mer. S’il demeure parmi les plus méconnus des romans d’Hugo, qui souffrit même de son insuccès, L’homme qui rit est un impressionnant tableau de l’Angleterre aristocratique de l’orée du XVIIIe siècle, au temps de la reine Anne. C’est l’histoire d’un enfant, Gwynplaine, marqué par une cicatrice qui lui donne en permanence un rire affreux, recueilli avec Dea, jeune fille aveugle, par Ursus, curieux vagabond, philosophe misanthrope, trimbalant avec lui un loup à la discrétion d’un caniche. Ensemble, ils vont constituer une compagnie de mimes, jusqu’à ce que l’on reconnaisse, à Londres, en cet homme balafré, un pair du royaume, le baron Clancharlie. Retrouvant sa place à la Chambre des lords, il se fera l’ardent défenseur des humbles et des misérables… C’est là une formidable épopée, mêlant l’idylle, l’apocalypse et la fantaisie, aux images et au vocabulaire éblouissants, partagée entre l’ombre et la lumière, le bien et le mal, l’ironie et l’humour noir. On a reproché à l’auteur d’y mettre trop de décors, trop de personnages, de prendre trop de libertés avec la réalité historique, d’aligner trop de bravoure et de coups de théâtre. C’est précisément dans cette exagération, dans ce foisonnement baroque que L’homme qui rit trouve sa richesse et sa superbe.
Extraits : « Il est des moments dans la vie où ce qui vous arrive ne vous arrive pas ; la stupeur les maintient quelque temps à une certaine distance du fait. »
« L’inconvénient des mots, c’est d’avoir plus de contours que les idées. Toutes les idées se mêlent par les bords ; les mots, non.« 

Mon avis : Ce brave Victor Hugo est un écrivain prolixe, chef de fil du mouvement romantique au XVIIIième siècle. Il m’a souvent habitué à de somptueuses découvertes littéraires, notamment grâce à quelques-uns de ses poèmes publiés dans son recueil Les contemplations, que j’ai eu à étudier en cours, ou même avec le récit des Misérables que j’ai lu en version abrégé il y a peu de temps de celà. Mais là est le couac : je n’avais jamais lu un ouvrage de cet auteur dans son intégralité. Avant de débuter réellement ma chronique et de développer mon ressenti sur ce roman, je tiens à souligner le fait que je ne remette aucunement en cause les talents d’écriture de l’auteur, déjà maintes et maintes fois prouvés.

Pour commencer, le volume particulièrement épais du livre ne fait aucun doute quant au développement descriptif de l’histoire comptée. Comme je l’avais prédis, des pages entières sont consacrées aux explications de petits détails souvent insignifiants. Ces mêmes descriptifs sont souvent conçus d’une manière recherchée mais écrits dans un langage que des personnes normalement constituées, vivants au XXIième siècle ne peuvent point comprendre dans son entièreté. Ainsi, Victor Hugo étale des dizaines et des dizaines de pages explicatives, que j’ai lu d’un oeil absent, l’esprit ailleurs.

Pourtant, la première partie du roman commençait parfaitement bien. En reprenant les éléments phares qui font le succès de tous ses récits, l’auteur arrivait à me captiver, lisant avec avidité les mots tracés sur le papier. L’action tant aimée dans Les misérables se réverbérait dans le naufrage de l’ourque, la foule vivante des barricades du roman précédemment cité se voyait ici-même dans le rassemblement de la Green-Box…

Se voulant au plus près du lecteur, Victor Hugo crée à chaque fois, des personnages plus vrais que nature. Même si aux premiers abords, l’homme à la bouche surdimensionée ne fait état que de fiction, l’auteur arrive à nous prouver le contraire et l’ancre parfaitement dans le déroulement de la vie terrestre. C’est la particularité de cet homme, qui arrive à passer de la véracité de faits – comme la construction de barricades, les manifestations de foules constatées dans Les misérables -, à des faits totalement inventés, telle que la découverte d’un enfant errant, défiguré, qui deviendra saltimbanque avant de découvrir qu’il est riche, et hautement estimé dans l’aristocratie.

Les longueurs ont eues raison de ma patience, qui s’est essouflée au fil des pages. Alors même qu’il ne restait qu’une cinquantaine de pages avant le dénouement final, je n’ai plus tenu le coup, et j’ai abandonnée ma lecture. Ces quelques pages sautées n’enlèvent rien à ma compréhension de l’histoire.

Une nouvelle fois, Victor Hugo fait preuve d’une moralité sans pareil. Ne pas se fier des apparences doit devenir monnaie courante. Personne ne sait jamais ce que peut cacher un visage.

Outre les longueurs qui ont finies par m’essoufler, l’histoire en elle-même est assez plaisante à découvrir. Je ne pense pas relire un jour ce livre, mais je me laisserai bien tenter par son adaptation cinématographique. A voir…

 

Ma note : 5/10
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Une réflexion sur “L’homme qui rit

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