Les misérables

Les misérables de Victor Hugo
343 pages, éditions Le Livre de Poche jeunesse, à 4,95€
Résumé : Le destin de Jean Valjean, forçat échappé du bagne, est bouleversé par sa rencontre avec Fantine. Mourante et sans le sou, celle-ci lui demande de prendre soin de Cosette, sa fille confiée aux Thénardier. Ce couple d’aubergistes, malhonnête et sans scrupules, exploitent la fillette jusqu’à ce que Jean Valjean tienne sa promesse et l’adopte. Cosette devient alors sa raison de vivre. Mais son passé le rattrape et l’inspecteur Javert le traque.
Extraits : « Ce n’est rien de mourir ; c’est affreux de ne pas vivre. »
« L’avenir appartient encore bien plus aux coeurs qu’aux esprits. Aimer, voilà la seule chose qui puisse occuper et remplir l’éternité. A l’infini, il faut l’inépuisable.« 

Mon avis : Après d’interminables mois d’attente, je me suis enfin lancé dans l’incroyable aventure de Jean Valjean, l’ancien et célèbre forçat, voleur de pain. Les misérables marque ma découverte de Victor Hugo en tant qu’auteur-romancier, le début d’une aventure littéraire que je prolongerais bien volontiers.

Ce classique, monument de la littérature française du XIXième siècle, a été édité, ré-édité, puis ré-réédité dans de multiples éditions, tant le contenu doit être lu. Pour ma part, je me suis procuré l’édition la plus récente, abrégée, de surcroît, initialement destiné à la jeunesse, car disposant d’annotations de vocabulaire pour plus de compréhension.

En de simples mots, ce livre a le don de réunir littérature, humanité et vie. Le talent de Victor Hugo n’est plus à prouver, sa capacité a nous entraîner dans son sillage, plongés dans les allées Romantiques, tout en gardant un très fort ancrage moderne, témoigne de sa facilité d’écriture, qui peut atteindre toutes les générations.

Les misérables porte bien son titre ; Jean Valjean, Marius, Cosette… des misérables au grand coeur, des humanistes condamnés par leur époque, par les conflits politiques historiques qu’aborde distinctement l’auteur. Fidèle au mouvement romantique dont il est le chef de file, Victor Hugo reflète avec brio les caractéristiques du Mal du siècle : moi souffrant, désespoir, tarissement de l’imagination, perte de foi en l’amour-passion et en la religion… Il essaie prestement d’intégrer des réponses à ces questions du mal de vivre, touchant un grand nombre de jeunes, déçus de la Restauration. L’atmosphère politique, empli de réalisme, décrit parfaitement les conditions sociales dans lesquelles évoluent les personnages du roman.

L’auteur représente les bas-fonds de la société, symbolisés par la pauvreté ambiante des Thénardiers, ou l’apparition des enfants des rues, en manque de logis. La religion transparaît grâce à l’évêque, responsable du changement d’attitude du protagoniste forçat, prouvant les miracles de la foi chrétienne.

Outre ces aspects d’insertions dans l’époque française, Victor Hugo n’oublie pas la dose d’émotions qui caractérise ces oeuvres. A travers Les misérables, il déverse un flot de sentiments en tout genre, souvent fortement bouleversants ; tristesse et désespoir pour les personnages, empathie et compassion, passion et amour. Le suspense tordant de la fin du récit vous mettra en haleine jusqu’au point final.

La force des personnages rappelle sans mégarde le courage de l’auteur lui-même. Il se livre discrètement au travers de ses héros, et improvise une ode à la nature humaine, contre l’injustice de l’administration française.

L’humanisme incarné, Les misérables est un chef-d’oeuvre intemporel. Tout se bouscule, se regroupe et s’enlace pour former ce qui est estimé comme le pivot de la littérature française. Les épopées d’un jeune héros brisé par la Révolution, au désespoir apparent, aux images imprécises et camouflées, doit être lu au moins une fois. Je le juge incontournable, essentiel à la culture française.

Après ses nombreuses rééditions livresques et adaptations cinématographiques, un tout nouveau film amplement plus moderne, sorti en 2012, ajuste le roman, en y apposant une base musicale mélancolique originale. Si le film ne dénature pas l’ambiance première du livre, je me laisserais sans doute tenter…

Ma note : 10/10

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Une réflexion sur “Les misérables

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