Les enfants de la liberté

Les enfants de la liberté d’Alain Grand (et Marc Lévy)

162 pages, éditions Casterman, à 20€
Résumé : « Nous avions si vite perdu la guerre… De Londres un général lançait un appel à la résistance, tandis que Pétain signait la reddition de tous nos espoirs. Ce 21 mars 1943, j’ai dix-huit ans et j’ai enfin un tuyau pour entrer en contact avec la résistance. Il n’y a pas dix minutes, je m’appelais encore Raymond. À présent, je m’appelle Jeannot. Jeannot sans nom. »

Ils s’appelaient Raymond, Claude, Charles, Émile, Boris, Jan, Catherine, Damira, Sophie ou Osna. C’est l’histoire vraie de ces enfants de l’Occupation devenus trop vite adultes. C’est l’histoire de leur engagement dans la résistance toulousaine.

Extraits : « Je me souviens que le mot « étranger » est une des plus belles promesses du monde, une promesse en couleur ou la diversité des hommes est belle, belle comme la Liberté. »
« On n’oublie jamais le visage de quelqu’un sur qui on va tirer… même pour un salaud. »

Mon avis : Après avoir lu le roman original de Marc Lévy, Les enfants de la liberté, il y a quelques années, c’est avec un réel plaisir que je me replonge dans cette poignante histoire.
Je n’avais que très peu de souvenirs du récit décrit dans le roman, mais en débutant cette incroyable BD, je me suis immédiatement rappelé des événements bouleversants qui s’y passaient.

L’histoire se déroule dans les années 40, en pleine Guerre Mondiale, à la veille des déportations juives. On y découvre de jeunes adultes, des enfants encore pour certains, qui ont du se résoudre à s’engager dans la Résistance. Ils se sont regroupés au sein de la 35ème brigade, et ensemble, ils vont essayer de combattre les troupes nazis, pour enfin tenter de récupérer leur liberté.

Le livre, tout comme cette BD, se découpe en trois parties bien distinctes. La première concerne la brigade en elle-même ; on y découvre les différents personnages, et on les suit dans les actions de résistance qu’ils entreprennent. La seconde partie commence à se dégrader, quand on se rend compte que le réseau Résistant a été démantelé, et que la quasi-totalité de ses membres se retrouvent emprisonnés, ou pire, tués. Et pour couronner le tout, l’ultime partie, la plus horrible, concerne le transport des prisonniers juifs dans le « train fantôme » et les conditions dans lesquelles ils ont du survivre.

Ce dont vous n’avez pas connaissance, c’est que l’histoire racontée telle qu’elle, s’est réellement déroulée. Et le plus monstrueux, c’est que deux des personnages qui y sont décrits, ne sont autre que le père de l’auteur, ainsi que son oncle, qui, tous deux, étaient des juifs, qui ont intégrés la 35ème brigade puis ont été arrêtés pour finir par être déportés, comme nous l’explique si bien Marc Lévy.
De nos jours, il existe tellement de livres qui traitent de la Seconde Guerre Mondiale, que ça en devient lassant. Mais celui-ci, de part le fait qu’il soit écrit par le fils d’un des rescapés juifs, un écrivain mondialement connu de surcroît, rend ce roman beaucoup plus émouvant.

Dans cette BD, tout le roman de Marc Lévy y est parfaitement retranscrit, abrégé, si je puis dire. L’avantage, c’est que l’on peut enfin mettre un pseudo-visage sur ces vaillants personnages. Ils nous deviennent rapidement sympathiques et attachants, et c’est pour cette raison que leur cruelle destinée ne peut nous laisser indifférent.
Alain Grand a accordé les années du récit au style de ses planches. Il n’use pas d’innombrables couleurs, mais utilise plutôt des teintes neutres, pour bien marquer la différence de siècle et les atrocités qui s’y passaient.

On dit que les mots sont forts, mais les dessins le sont tout autant. A travers ses succulentes représentations, l’histoire ne peut que toucher davantage le lecteur. On se rend véritablement compte de la teneur des événements, des atrocités et des conséquences de cette épouvantable guerre.
Pour ajouter à la véracité de l’histoire contée, de nombreux documents datant des années noires se situent à la fin de cette BD. Entre témoignages, pièces ayant appartenu à des déportés juifs ou à des résistants, toutes ces archives ne sont plus que des survivances des victimes tragiques de la Seconde Guerre mondiale.

Ces deux grands hommes ont su retracer une triste réalité, qui date maintenant de plus de 70 ans. Ils perpétuent le souvenir des Résistants, qui ont combattus pour la France, pour la libération de la France, et pour leur propre liberté individuelle. Ils ont fait preuve d’un immense courage, et quantités de sacrifices.

Le roman de Marc Lévy ou la BD d’Alain Grand retrace la même histoire, aussi bouleversante l’une que l’autre. Seulement, la vision n’est pas la même, et les détails diffèrent. Dans tous les cas, je vous conseille ces deux ouvrages, qui traitent admirablement bien des conditions de Résistants des français durant l’Occupation.

Ma note : 9/10

2 réflexions sur “Les enfants de la liberté

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