Les Conquérantes, tome 1 : Les chaînes 1890 – 1930

Les conquérantes, tome 1 : Les chaînes 1890 – 1930
de Alain Leblanc
333 pages, éditions French pulp, à 18,99€

 

Résumé : A travers le destin de deux familles, Alain Leblanc retrace dans cette fresque romanesque en trois tomes la lutte et les avancées qui ont permis aux femmes de s’imposer dans une société gouvernée par les hommes. Une histoire essentielle pour saisir l’importance d’un combat plus que jamais d’actualité.
Dans le premier tome … Clémence n’a toujours désiré qu’une seule chose : mener une vie libre. Mais dans ce début du XXème siècle où la moindre revendication féministe est considérée comme une atteinte aux bonnes moeurs, le chemin sera long avant qu’elle n’accède enfin au bonheur. La première guerre mondiale, son sens des affaires et son amour de la mode feront d’elle, après bien des revers, une femme profondément moderne.

Extraits :  « – Il y a une chose que vous ne comprenez pas, vous les femmes, c’est que pour nous le sexe et l’amour ne sont pas indissociables.
– Je ne vois pas ce qui les différencie.
– Le plaisir est éphémère, l’amour non.
 »

En neuf mois de guerre, l’atmosphère des boulevards avait beaucoup changé. Nombreuses étaient les femmes occupant à présent des fonctions jusque-là réservées aux hommes. Receveuses sur les lignes de tramways en lieu et place de leurs maris mobilisés, employées des postes, livreuses, serveuses, dans le métro ou à bicyclette, elles avaient pris possession de la capitale où leur silhouette s’était modifiée comme leur tenue, plus adaptée au rythme soutenu de leurs nouvelles tâches. »

Mon avis :  Magnifique plaidoyer au nom de la femme, Alain Leblanc aborde un sujet qui fâche encore aujourd’hui : les inégalités entres hommes et femmes. En partant des années 1890, il va nous montrer comment les femmes, au prix d’efforts démesurés, ont peu à peu revendiquées leur liberté, dans un monde entièrement dominé par le sexe mâle.

Alain Leblanc va dresser le portrait de Clémence, jeune femme qui a évoluée dans un climat familial genré, au sein duquel l’homme fait loi. Son père l’a mariée très jeune à un homme qu’elle n’aimait pas, simplement pour quérir le renom, la dignité et l’argent de ce gendre idéal. Mais, ce que son père, Alphonse ne savait pas, c’est que Clémence fait partie d’une nouvelle caste de femmes, qui cherche à s’absoudre du pouvoir masculin, pour s’émanciper et trouver la liberté.

Ce que j’ai adoré dans l’ouvrage de Alain Leblanc, c’est la narration chronologique. En partant de 1890, on voit peu à peu, très doucement, les moeurs changer, les femmes se libérer, les esprits s’ouvrir. Clémence, qui était au début de sa vie engoncé dans un mariage forcé et tenue à l’écart de la fabrique normande de son mari, va réussir à se séparer de lui et à travailler seule, sur Paris. Une réussite sociale qui n’est pas due au hasard.

Car, pour comprendre l’histoire de l’émancipation des femmes, il faut d’abord comprendre l’Histoire. En 1914, se déclenche la Première guerre Mondiale, marquant un tournant dans la vie des femmes. Tous les hommes sont mobilisés pour aller combattre au front. En l’absence des hommes, les femmes doivent continuer à vivre, et surtout à faire marcher et fructifier le commerce déserté par les hommes. D’autres, plus communément appelées les « munitionnettes », vont être employées pour fabriquer des munitions et toutes autres instruments utiles aux hommes du front. D’autres, comme Thérèse, la soeur de Clémence, vont être chargées de soigner les blessés de guerre. Les femmes s’imposent et deviennent indispensables dans cette économie de guerre.

L’émancipation est progressive, et le chemin vers l’égalité totale des sexes est, de nos jours, encore long à atteindre. Mais les progrès se font ressentir. Clémence en est l’exemple type ; une femme moderne et féminine, libérée de toutes contraintes, qui s’est battue pour obtenir son indépendance financière et sociale. Sans ce genre de femme, nous serions encore enchaînées pieds et poings aux hommes.

Deux tomes sont à venir – l’un parlant de la résistance des femmes de 1930 à 1960, l’autre de la conquête féminine de 1960 jusqu’aux années 2000 – que j’apprécierais grandement découvrir. Mêlant histoire et fiction, Alain Leblanc met en lumière la longue route des femmes vers la liberté. Un homme qui écrit un tel récit, je trouve ça fabuleux !

Ma note : 6/10
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