Théâtre

Le Tartuffe

Le Tartuffe de Molière
271 pages, éditions Classiques Bordas, à 4,55€

 

Résumé : En laissant Tartuffe entrer dans sa maison, Orgon ne pouvait pas imaginer qu’il allait mettre en péril sa fortune, son honneur, son bonheur et l’unité de sa famille. Et pourtant, c’est bien à quoi travaille « l’imposteur », mais toujours à l’insu du maître de maison : si Tartuffe courtise la femme d’Orgon, c’est sous prétexte de l’entretenir de religion; s’il spolie ses enfants, c’est sous couvert de les remettre dans le droit chemin; s’il s’approprie les cordons de la bourse, c’est pour mieux organiser la dévotion familiale. Comment, dans ces conditions, Orgon aurait-il pu s’apercevoir de son aveuglement et donner au faux dévot la correction qu’il mérite? Avec Tartuffe, Molière livre une satire grinçante de toutes les hypocrisies, satire qui fait mouche et qui, 300 ans plus tard, reste toujours de mise : en témoignent les mises en scène modernes, qui se succèdent, collant à l’actualité, et le nom de Tartuffe qui est définitivement passé dans la langue comme synonyme d’hypocrite. –Karla Manuele

Extraits : « Ceux de qui la conduite offre le plus à rire sont toujours sur autrui les premiers à médire ; ils ne manquent jamais de saisir promptement l’apparente lueur du moindre attachement, d’en semer la nouvelle avec beaucoup de joie, et d’y donner le tour qu’ils veulent qu’on y croie. »
« Couvrez ce sein que je ne saurais voir : Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées. »

Mon avis : J’ai eu le plaisir de pouvoir étudier cette superbe pièce de théâtre de Molière lors de mon second semestre de lettres. Je ne vais, certes, pas retranscrire ici l’intégralité de mes cours, mais plutôt faire une synthèse des éléments principaux qui se trouvent dans le livre et expliciter le contexte général, dans un avis purement subjectif.

Ce livre a été écrit en temps de fronde, qui correspond à une période de crise grave qui toucha le royaume Français au XVIIème siècle, lors du règne de Louis XIV. Lors de cette crise, le parti des dévots, petit parti politique farouchement opposé au roi, crée la pagaille. Molière, grand ami de Louis XIV, qui lui fait entièrement confiance, écrira donc Le Tartuffe pour dénoncer ce parti d’hypocrites. Dans la pièce, c’est le personnage éponyme Tartuffe qui est l’emblème des dévots. En effet, ce personnage joue sur les apparences, et se fait passer pour un être qu’il n’est pas, tout en attirant à lui les bienséances de son hôte, Orgon. Ce personnage du Tartuffe se verra le directeur de conscience d’Orgon, le manipulant à sa guise, pour en tirer tout son suc. La fronde constitue un ban du passé de tous les personnages ; en effet, nous pouvons constater qu’Orgon n’a pas participé à la fronde, mais qu’il garde précieusement une cassette compromettante que lui a confié son ami Argas.

Orgon ayant recueilli Tartuffe par piété, il le ramène chez lui pour l’héberger, sans prendre en compte l’avis des autres habitants des lieux. On peut voir aisément les conséquences qu’induit l’incrustation du dévot Tartuffe dans la demeure d’Orgon. Celui-ci se dévoue corps et âme à Tartuffe, il ne jure que par lui, et en vient à le faire passer affectivement devant sa femme, sa fille ou son fils. En effet, lors d’une scène particulièrement choquante, quand la servante Dorine rapporte l’état de fièvre intense de la femme d’Orgon, Elmire, celui-ci s’inquiète davantage pour Tartuffe que pour sa bien-aimé. Il ne prend plus en considération sa famille, allant même jusqu’à vouloir marier de force sa jeune fille Marianne à Tartuffe.

Mais cet aveuglement d’Orgon va lui retomber lourdement dessus. Sans vouloir vous révéler l’exactitude des événements finaux, je vous dirais simplement qu’Orgon se voit ruiné, dépossédé de ses biens, sans demeure fixe, s’ayant fait volé sa femme et son héritage par Tartuffe. De plus, celui-ci voulant se débarasser définitivement de lui pour devenir le seul maître de maison, il va aller jusqu’à révéler la cassette qu’Orgon cache farouchement, pour que celui-ci se fasse accuser comme traître lors des activités de la fronde. Un retournement de situation inattendue, qui prouve le manque de respect et la triste moralité de l’hôte invité, qui abuse ouvertement de l’hospitalité initiale offerte.

Sans l’éclairage historique et contextuelle que nous avons vu en cours, j’avoue que je n’aurais pas aimé autant cette oeuvre. La pièce est aisée à lire et à comprendre, mais les infimes détails peuvent cacher d’importants thèmes, peu perceptibles lors d’une première lecture.

Molière nous offre une nouvelle fois une pièce de théâtre accusative de grande qualité, écrite à la perfection, où se mêle rire et burlesque. Un sujet qui peut se transcrire au quotidien d’aujourd’hui, où le jeu des apparences se confond souvent avec la réalité.

Ma note : 9/10
Publicités

Une réflexion au sujet de « Le Tartuffe »

  1. Ping: M

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s