Roman

Le sang de mon ennemi

Le sang de mon ennemi
de James Patterson & Michael Ledwidge
347 pages, éditions l’Archipel, à 22€

 

Résumé : Manuel Perrine n’a peur de rien ni de personne. Puissant, charismatique et impitoyable, il abat ses rivaux avec l’aisance qu’il met à arborer des costumes de lin blanc griffés.
L’inspecteur Michael Bennett est le seul flic à avoir réussi à mettre Perrine derrière les barreaux. Mais, à présent qu’il est sorti de prison, celui-ci s’est juré de l’éliminer, lui et tous ceux qui lui sont chers.
Justement, Bennett et ses dix enfants adoptés vivent dans une ferme reculée en Californie, protégés par le FBI.
Bientôt Perrine lance une campagne de diffamation, visant les personnalités les plus connues du pays. Ne disposant d’aucun indice quant à l’endroit où pourrait se cacher Perrine, le FBI décide à faire appel à Bennett…

Extrait : « J’ai secoué la tête. On aurait pu croire qu’ils s’adressaient à un toxico. Restait à savoir quelle était ma drogue. Mon boulot de flic ? A bien y réfléchir, peut-être n’avaient-ils pas entièrement tort. »

Mon avis : Le sang de mon ennemi, titre effroyable à en faire frémir plus d’un se classe néanmoins, si l’on en croit la couverture « numéro un mondial du suspense« . Et pour cause…

Entre le Mexique et les Etats-Unis, rien ne va plus. L’histoire se déroule dans un contexte de trafics illégaux de produits illicites, de production de champs de drogue, de réglements de comptes entre traficants. Perrine, le chef mafieux le plus redouté de tous les temps, crainte ultime de tous les traficants, policiers et autres civils, extermine un à un les personnes qui l’ont un jour ou l’autre contredits. Michael Bennett, policier des Etats-Unis, avait réussi à capturer Manuel avant que celui-ci ne s’échappe. Depuis ce temps-là, il doit vivre reclu dans un endroit isolé, déserté, dans une profonde campagne sans âme qui vive, avec ses sept jeunes enfants. Mais Michael, mis à la touche pour plus de sureté, va tenter de stopper les folies meurtrières du criminel, dans l’espoir de revenir un jour à une vie quotidienne banale.

Ce roman porte bien l’ornementation de numéro un du suspense : dès les premières lignes, des morts et du sang. Le gang mystérieux qui opère semble sans limite, cruel, prêt à tout pour parvenir à leurs fins, n’ayant peur de rien ni de personne, seulement de leur chef, Manuel Perrine. Cet homme dégage une monstruosité bestiale effroyable, une aura sombre qui démontre l’absence d’humanisme et de sentiments de cet être sans coeur. Bien au contraire, contrastant nettement avec le monstre décrit ci-dessus, Michael Bennett, père responsable de sept adorables enfants, empli de tendresse envers les siens et d’attentions touchantes, incarne pleinement l’humanisme paternaliste. Courageux, aguerris, il n’hésite pas à donner sa vie aux siens, risquant à tout instant la mort pour permettre l’épanouissement de ses enfants, atristés de vivre reculés.

Le suspense est insupportable. Les meutres de Manuel Perrine se multiplient toujours plus, sans quiconque à l’horizon qui semble en mesure de pouvoir stopper le carnage. Michael Bennett semble un bien maigre personnage, déterminé, mais pas à la hauteur des sbires du mafieux. Les scènes de crimes deviennent de plus en plus morbides, tout en s’accélérant.

Ceux qui ont l’intention de lire ce livre ne devraient pas continuer à lire cette partie de ma chronique, sous peine de vous révéler quelques épisodes essentiels du roman, qui ne vous laisserez plus de surprise.
Le point dramatique ultime, le summum du suspense, qui accentue toujours plus l’effroi du lecteur, c’est lorsque les mafieux découvrent la cachette de la famille Bennett. L’intrigue, semblant avancer à toute vitesse, se ralentit en une fraction de secondes, laissant le lecteur dans l’angoisse la plus totale. Que sont devenus les enfants ? Et Mary Catherine, la pseudo gouvernante de la famille ? Michael, loin de sa famille, se fait un sang d’encre, prêt à en découdre, remonter à bloc pour tuer de ses propres mains son ennemi numéro un.

James Patterson pointe du doigt dans son roman les traficants de produits illicites, et la guerre qui persiste depuis des années aux frontières du Mexique et des Etats-Unis. Dans un rythme soutenu, alternant les courses-poursuites et les moments paisibles qui se déroulent à Susanville, dans le paysage agricole où sont réfugiés les enfants, l’auteur donne une énergie puissante à son roman, jouant malléablement avec les émotions du lecteur.

Un très bon thriller, au suspense omniprésent, et à l’atmosphère passablement moderne. Un bon moment de lecture, traitant de l’amour familial, du pouvoir d’un père, des narcotraficants, des mafieux… des thèmes éclectiques, mais qui se marient parfaitement dans ce cadre étouffant.

Ma note : 6,5/10
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