Roman policier et polar

Le Mystère de la chambre jaune

Le Mystère de la chambre jaune
de Gaston Leroux
350 pages, éditions Le Livre de Poche, à 5,10€

 

Résumé : Stangerson et sa fille Mathilde habitent le château du Glandier où ils poursuivent leurs recherches scientifiques. La presse annonce la tentative de meurtre sur Mathilde qui dormait dans la « Chambre Jaune ». Alerté par ses cris, son père n’a pas vu d’assassin dans la pièce qui ne comporte qu’une porte et une seule fenêtre grillagée.

Le jeune Rouletabille, reporter à l’Époque, se rend au Glandier avec Sainclair, son ami avocat. Ils y retrouvent M. de Marquet, le juge d’instruction obtus, Darzac, le fiancé de Mathilde à la conduite équivoque, le grand Fred Larsan, un policier renommé, et un mystérieux « homme vert »…

Vingt ans avant Tintin, Rouletabille préfigurait le reporter débrouillard. Sa jeunesse l’emporte sur des personnages plus hauts sur l’échelle sociale, trop coincés dans leurs convictions : c’est un nouveau siècle qui s’annonce. Écrite en 1907 par l’un des pères du polar français, cette histoire demeure l’archétype du problème de local clos. –Nicolas Mesplède

Extrait : « Les coÎncidences, me répondit mon ami, sont les pires ennemies de la vie. »

Mon avis : Gaston Leroux, journaliste et écrivain, spécialisé dans les reportages, toujours à l’affût pour débusquer les scoops, met en scène dans Le mystère de la chambre jaune un jeune protagoniste qui a de qui tenir.

Rouletabille, seulement âgé de 18 ans, découvre par hasard au détour d’un journal, une petite annonce qui le met sur la piste d’une affaire criminelle. En effet, au château du Glandier, Melle Stangerson est victime d’une aggresison dans sa chambre, pourtant hermétiquement close, et surveillée par son père, qui travaillait dans le laboratoire d’à-côté. Seulement voilà : comment l’assassin a-t-il pu pénétrer dans ces lieux et en sortir ? C’est là toute la question que résoudra Rouletabille, accompagné de son acolyte Sainclair, le narrateur et d’un vieil inspecteur de police, Mr Larsan.

Notre jeune héros, très mystérieux dans ses attitudes, dans ses paroles ou dans ses agissements, est un personnage rusé. Bien que très jeune, il fait preuve d’une force de conviction sans précédent, d’une malignité à toutes épreuves, et d’arguments solides pour arriver à ses buts. Il faut rajouter à ces traits de caractère l’étonnant culot du jeune homme, qui ose tout, sans se poser de questions. Toujours au bon moment au bon endroit, sa perspicacité, sa logique, ses raisonnements censés – appuyés par la répétition de la phrase « le bon bout de ma raison » -, vont devancer la justice dans ses pérégrinations et empêcher une grave erreur judiciaire.

Rouletabille incarne la figure du jeune reporter intrépide, qui met sa vie en danger au profit de la résolution de l’affaire en cours. Sainclair, quant à lui, ancien avocat au barreau de Paris, devient en quelque sorte l’assistant de Rouletabille, n’hésitant pas à le suivre partout, à obéir à ses ordres, tout appréciant l’excitation de ces aventures. Et enfin, Larsan, vieux policier aux méthodes sans fautes, admiré par Rouletabille et connu comme l’un des meilleurs dans sa profession, émet rapidement des hypothèses et se laisse berner par les premiers indices qui lui apparaissent. En outre, il accuse à tord et à travers le fiancé de la victime, Robert Darzac, avec preuves à l’appuie, mais sans interprétation logique.

Le spectateur est plongé au coeur de l’affaire, suivant pas à pas son avancement, essayant lui aussi de résoudre ce sacerdoce mystérieux. On retient son souffle, en haleine jusqu’à la fin. Le dénouement, mis en scène par Joseph Rouletabille lors de la finalité de l’affaire au tribunal, nous plongera dans un état d’attente insoutenable, tant le jeune homme fera durer le bilan de ses réflexions. Une fois l’affaire terminée, le nom du coupable dévoilé, on approuve cet assassin… bien que les preuves rapportées soient un tant soit peu tirées par les cheveux. Gaston Leroux a voulu jouer sur le surnaturel de la déclaration, tout en essayant d’établir une explication rationnelle, qui peut passer dans l’esprit du lecteur, mais un peu trop biscornue et complexe pour s’en souvenir complètement.

C’est néanmoins une très belle lecture, haletante jusqu’aux derniers mots, angoissante et étouffante. Le cadre du lieu du crime – dans un château isolé – met en place un cadre sombre, qui ajoute une tache d’obscurité à cette affaire déjà plus compliquée. Essayez de dénicher l’assassin sans vous emmêler les pinceaux dans les milles hypothèses émises, soyez attentifs, observateur, raisonné… bonne chance !

Ma note : 7/10
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