Le Club des Incorrigibles Optimistes

Le Club des Incorrigibles Optimistes
de Jean-Michel Guenassia.
730 pages, éditions Le Livre de Poche, à 8,60 €

 

Résumé : Michel Marini avait douze ans en 1959. C’était l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l’arrière-salle du bistrot, il a rencontré Tibor, Léonid, Sasha, Imré et les autres. Ces hommes avaient tous passé le Rideau de fer pour sauver leur vie. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, leurs idéaux et tout ce qu’ils étaient. Ils s’étaient tous retrouvés à Paris dans ce club d’échecs d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie de Michel. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes.

Extraits :  « Il y a dans la lecture quelque chose qui relève de l’irrationnel. Avant d’avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. On hume, on flaire le livre, on se demande si ça vaut la peine de passer du temps en sa compagnie. C’est l’alchimie invisible des signes tracés sur une feuille qui s’impriment dans notre cerveau. Un livre, c’est un être vivant. »
« Ce qui nous gêne ou ne nous intéresse pas, on l’oublie. On garde ce qui nous sert, sinon on n’a aucune chance de s’en sortir. »

Mon avis : Le club des Incorrigibles Optimistes est un livre qui me tentait depuis pas mal de temps, mais qui ne faisait néanmoins pas parti de mes achats prioritaires. Quand j’ai croisé Jean-Michel Guenassia au Salon du Livre de Paris 2013, je n’ai pas pu m’empêcher de lui acheter un de ses livres, avec, en prime, une petite dédicace !
Et quelques semaines plus tard, en proposant sur le forum de Babelio ce même livre pour la lecture commune d’avril 2013, la majorité des voix a votée pour élire ce livre comme lecture du mois. Je me suis donc lancé avec envie dans ce roman qui peut au départ faire peur avec ses presque 800 pages, mais qui, je vous rassure, est très agréable à lire. On se plonge directement dans l’histoire, et c’est se qui fait sa rapidité de lecture.

J’aurais adoré écrire un petit résumé pour vous présenter brièvement le roman, mais il faut que je me rende à l’évidence ; ce livre ne peut pas se raconter. Il faut le lire pour vraiment découvrir toutes les nombreuses parcelles de mystères qu’il recèle.
Si vous voulez vraiment une petite phrase pour vous l’expliquer : on y découvre Michel, un jeune garçon que l’on suivra tout au long de son adolescence, qui va se lier d’amitié avec des Grands personnages, qui ont tous vécus une aventure extraordinaire autant qu’effrayante. Presque chaque jours, ils se retrouveront dans l’arrière-salle d’un bistrot pour jouer au échec et échanger entre eux. Mais derrière leur mine de réfugiés et d’immigrés, de lourds secrets et de terribles douleurs se cachent, tapis et enfouis à jamais dans leur mémoire…

Je tiens à dire que ce roman a reçu plusieurs prix, dont le Goncourt des lycéens en 2009, prix amplement mérité vu la qualité de l’écriture de l’auteur. Il faut dire aussi que ce roman a nécessitait beaucoup de travail pour l’auteur, je cite « l’écriture du Club des Incorrigibles Optimistes qui lui demandera six ans de travail ».

Le Club des Incorrigibles Optimistes est un livre particulièrement touchant. Il est touchant de part l’émotion qui s’en dégage, par la force de caractère des personnages et par leurs tristes mais agitées aventures. De plus, l’atmosphère générale, pousse le lecture à s’émouvoir et à s’attacher aux personnages.

Des personnages tous différents, très humains, qui ne laissent pas insensibles. La naïveté du petit Michel, les caractères bien trempés des membres du Club, le ton autoritaire de la mère de Michel… tous se détachent, personne ne se ressemble.
Néanmoins, les membres du Club m’ont parus bien éloignés, et peu bavards, notamment sur leur vie privée. Un gros point d’interrogation s’immisce au dessus de leur tête. Ils ne font preuve d’aucune émotion, ne laisse pas voir leurs sentiments, comme si les épreuves qu’ils avaient endurées les avaient endurcis et amoindris. En tout cas, ce regroupement de réfugiés communistes, et le fait de se cacher au fond du bistrot, à l’écart des autres clients, ne m’a pas laissé insensible. Comme s’ils étaient rejetés, exclus du reste de la communauté.

J’avoue que pendant certains passages, surtout quand Jean-Michel Guenassia évoque les différentes guerres, je n’ai pas tout compris. Je comprenais le sens profond de ce que l’auteur voulait faire passer, mais certains détails sont restés flous dans ma mémoire.

Ça ne m’a pas empêché d’apprécier le livre à sa juste valeur.

L’intrigue est très intéressante, elle tient en haleine le lecture jusqu’à la fin. Jean-Michel Guenassia raconte avec tristesse les horreurs de plusieurs guerres, les dégâts qu’elles ont occasionnées. Heureusement, l’amitié et l’amour per Et encore, le dénouement est un terrible coup ; personnellement, je ne m’attendais pas du tout à découvrir une telle fin… Quelle surprise !

Un superbe roman, incontournable, devrais-je dire. Une fois la dernière page lue, j’ai ressenti un énorme vide. J’étais tellement bien dans ce roman, que le fait de le quitter, de laisser tous ses personnages avec qui j’avais commencé à m’habituer à vivre, ces années 60, cette fabuleuse époque… Quelle tristesse ! Je vous recommande vivement ce roman, il vaut le coup d’être lu et relu : ce livre est un véritable trésor.

 

Ma note : 9,5/10

3 réflexions sur “Le Club des Incorrigibles Optimistes

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