La séparation

La séparation de Dinah Jefferies
541 pages, éditions Charleston, à 8,90€

 

Résumé : Malaisie, 1953. Après trois semaines d’absence, Lydia rentre chez elle, impatiente. Mais la maison est vide. La jeune femme panique avant ‘apprendre que son mari a été muté dans une autre région. En réalité, il a décidé de retourner en secret en Angleterre en emmenant leurs filles. Pourquoi une telle décision, aussi cruelle que radicale ? Alors que Lydia s’apprête à entamer un périlleux voyage à travers le pays en guerre, c’est un long chemin vers la vérité qui l’attend…

Extrait :  « Parfois on souhaite très fort qu’un événement se produise mais quand il arrive, on découvrir que pour finir on ne le voulait pas. »

Mon avis :  Je suis agréablement surprise de découvrir une telle histoire : émouvante, percutante et envoûtante. En ce moment, les éditions Charleston n’ont de cesse de m’étonner.

L’histoire se déroule en Malaisie, dans les années 1930. Deux quotidiens, qui jusqu’alors ne formaient qu’un, vont être forcé de se séparer. D’un côté, on va suivre Lydia, une jeune mère apeurée et perdue, qui rentre chez elle un soir, trouvant sa maison vide. Aucune trace de son mari, ni de ses filles. Elle va entreprendre de nombreuses investigations, parcourant de multiples kilomètres, avant de se rendre à l’évidence : elles ne retrouvera pas ses filles, décédées.
Or, pour le lecteur, la frustration est de mise. Puisque ce roman à deux voix nous fait découvrir le quotidien de Emma et Fleur, les deux filles de Lydia, enlevées par leur père pour les ramener en Angleterre. A coup de mensonges répétés, leur père les convainc que Lydia les a abandonnés. Lydia et ses filles sont donc séparées, à des milliers de kilomètres les unes des autres, sans espoir de se revoir un jour.

Le suspens est à son comble et s’accroît à chaque chapitre. Dinah Jefferies nous fait vivre une aventure historique, humaine et émotionnelle d’envergure. Historique d’abord, puisque c’est l’histoire de la Malaisie qui est narrée, et notamment l’invasion japonaise. Les japonais se sont emparés du pays, volant les possessions malaises, répandant terreur et horreurs. Émotionnelle ensuite ; car lire ce roman, c’est plonger dans une aventure émotionnelle de taille. Personne ne sort indemne de ce type de récit. Les pleurs sont de rigueur, tandis que l’animosité et la souffrance les accompagnent.

L’auteure s’inspire en partie de ses expériences personnelles, puisqu’elle est née et a vécue une majorité de sa vie en Malaisie. L’atmosphère dans lequel on plonge est donc on ne peut plus réaliste. D’autres petites choses de sa vie personnelle vont venir ponctuer çà et là les pages de cette histoire. L’auteure ayant perdu un de ses fils âgé de 14 ans, on peut donc supposer que la tristesse ressentie par Lydia au moment où elle croit ses filles mortes est celle, retranscrite, qu’a ressentie l’auteure au moment du décès de son fils.

Les jeunes filles vont être détachées de leur quotidien, de leur pays natal, de tout ce qu’elles connaissaient. Quant à Lydia, les tragédies vont s’abattre sur elle les unes après les autres. Malgré cela, la jeune femme reste courageuse et forte, et ne perd pas espoir de rétablir, un jour, la vérité sur la disparition de ses filles. Une ténacité et une force de caractère époustouflantes, qui prouvent que l’amour d’une mère est plus fort que tout.

La séparation qui s’opère entre Lydia et ses filles renforce leurs liens et leur fait prendre conscience de l’importance qu’avait l’autre dans sa vie. Un beau message d’amour, qui pourrait faire ouvrir les yeux à bon nombre de personnes : aimer les autres et faites leur savoir, tant qu’ils sont encore auprès de vous.

Le seul regret que j’aie en fermant ce livre, ce serait concernant le dénouement de l’intrigue. Je m’attendais à de grandioses révélations, or, il n’est pas aussi extraordinaire et bluffant que l’histoire. Trop expéditif, pas assez développé, un peu brouillon et vite oublié. Quel dommage.

Ce magnifique roman familial, nous prouve que l’amour est plus fort que tout. A travers une histoire dépaysante et très émouvante, Dinah Jefferies nous fait ressentir le déchirement et la souffrance d’une mère, séparée de ses filles. Je recommande vivement !

Ma note : 8/10
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Une réflexion sur “La séparation

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