La plantation

La plantation de Leila Meacham
605 pages, éditions Charleston, à 8,90€

 

Résumé : Une fresque historique haletante, pleine de suspense, écrite comme on filme une série TV
Un siècle et demi d’aventures chez les Toliver, les Warwick et les DuMont ! Tout commence en Caroline du Sud, avant la guerre de Sécession. Privé de son héritage, Silas Toliver s’associe à son meilleur ami, Jeremy Warwick, pour monter une expédition ferroviaire vers un nouveau territoire portant le nom de Texas. Amour, mariages, amitié, trahison, tragédie et triomphe, tous les ingrédients qui ont fait le succès des Roses de Somerset sont là, avec en toile de fond l’esclavage et son abolition, la découverte de l’Ouest, la guerre de Sécession, bref, l’histoire des États-Unis.
Avec ce nouveau roman, Leila Meacham remet au goût du jour les grandes sagas.

Extraits :  « L’anneau est porté à l’annulaire de la main gauche depuis l’époque romaine car les Romains pensaient que la veine de ce doigt remontait jusqu’au coeur. »
« Si un jour j’offense l’un de vous, je lui enverrai une rose rouge pour lui demander pardon, expliqua-t-il. Et si j’en reçois une, je répondrai d’une rose blanche pour indiquer que tout est pardonné. »

Mon avis :  Ce fût un immense plaisir pour moi que de lire une aussi somptueuse histoire. Un roman historique qui remonte au temps des esclaves dans les champs de coton, doublé d’une saga familiale bouleversante.

En Caroline du Sud, dans les années 1835, Silas Toliver, un des fils d’un homme très influent en Amérique, se voit privé de l’héritage de son père, confié uniquement à son frère. Son rêve de partir au Texas fonder sa propre plantation s’effondre. Jessica Wyndham, de son côté, fille d’un riche propriétaire de terres, ne partage pas les idées de ses semblables sur la traite des esclaves. Son père, ne voulant plus entendre sa fille protester et souiller leur nom, va la marier de force à Silas, à qui il donnera de l’argent pour qu’il puisse partir au Texas poursuivre son rêve. Mais en partant, la mère de Silas lui promet une malédiction générationnelle qui s’abattra sur ses terres et sur sa vie.

Leila Meacham retrace 70 années de l’histoire Américaine : de la traite des noirs jusqu’à l’abolition de l’esclavage en 1865. Les états Américains sont divisés en deux groupes : les abolitionnistes, dont fait partie Jessica et les esclavagistes. Silas et ses amis, les Warwick et les Dumont, vont construire leur propre ville texanne, que l’on verra évoluer tout au long du récit. Bien que ce livre mette en avant les inégalités qui séparaient esclavages noirs et hommes blancs, Leila Meacham atténue cette séparation, en montrant par exemple Tippy, modèle d’une femme noire qui arrive par ses propres moyens, grâce à son talent, à devenir une jeune femme respectée et populaire. Quelques situations du récit peuvent faire penser au livre de Harriet Beecher Stowe La case de l’oncle Tom, avec un parallèlisme prononcé entre les bons maîtres et les maîtres sévères et une méditation sur la liberté rendue aux esclaves.

Mais La plantation, c’est aussi une réflexion sur la condition de la femme au XIXème siècle. Jessica se fait la figure phare de la femme indépendante, généreuse, active, qui veut faire entendre ses idées et ses choix et ne veut pas se laisser gouverner par la domination des hommes. C’est une femme aimante et aimée par son maris et ses amis et appréciée de tous. Mais dans ces temps-là, rares étaient les femmes qui pouvaient affirmer être aimées pour ce qu’elles étaient. On en a la preuve avec Priscillia, la femme de Thomas, qui est le fils de Jessica. Thomas a épousé Jessica par intérêt : il voulait qu’elle lui donne un enfant, un fils comme descendant, pour reprendre la main-mise sur le domaine de Somerset. En temps de guerre, il avait peur de perdre sa vie dans la mêlée et de faire sortir Somerset du nom des Toliver.

J’ai beaucoup aimé la saga familiale en elle-même. On suit une génération familiale dans son entièreté, des arrières grands-parents jusqu’aux arrières petits-enfants. De nombreux événements séparent ces deux générations : entre drames familiaux (la mort de nombreux enfants dûe à la « malédiction » lancée sur Somerset), guerres d’idéologies, mariages… toute l’histoire familiale des Toliver est retracée dans cet ouvrage. Bien que faisant plus de 600 pages (dans son format poche), j’aurais voulu en lire encore davantage. L’histoire est si prenante, si additive, les protagonistes si attachants, que j’aurais bien voulu une suite de ce livre.

Cette romance histoire est une vraie découverte. J’ai adoré me plonger dans ce récit, écrit avec réalisme, qui retrace avec brio un pan de l’histoire de l’Amérique. Les personnages m’ont touchés, tout comme leurs histoires, souvent dramatiques, elles n’en demeurent pas moins magnifiques. Je vous recommande chaudement ce livre, car pour moi, c’est un réel coup de coeur !

 

Ma note : 9,5/10
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3 réflexions sur “La plantation

  1. Pingback: M
  2. ALittleBitDramatic (@a_dramatic) dit :

    Oh, moi aussi j’ai beaucoup aimé ce roman et pourtant, je ne suis pas fan des Etats-Unis. C’est un pays dont je connais mal la culture et l’Histoire, mais La Plantation m’a permis d’en apprendre bien plus sur l’époque de la Guerre de Sécession. Le roman peut paraître un peu manichéen au premier abord mais il s’avère bien plus complexe qu’il n’y paraît. Et il est porté par une héroïne à laquelle on s’attache, intrépide et humaine juste ce qu’il faut !
    Comme toi, ce roman m’a captivée. 😉

    Aimé par 1 personne

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